
Société
Le porte-parole du gouvernement a mis en garde Nangaa et ses acolytes. « À Goma et Bukavu, personne n’a besoin de leurs documents pour le déplacement ». Muyaya a démontré l’illégitimité du pouvoir rebelle dans cette partie du pays. « Les Congolais sont sur leur sol », a-t-il martelé, mettant en garde « contre toute tentative d’adopter des mesures administratives ou sécuritaires contraires aux lois congolaises ».
« Goma et Bukavu font partie de la République démocratique du Congo. Il est hors de question pour ceux qui sont là de penser qu’ils peuvent poser des actes qui changent, notamment les règlements en matière de déplacements de population ou même des expatriés », a averti Patrick Muyaya, soulignant la fermeté du gouvernement face à toute forme d’usurpation d’autorité.

Le ministre de la Communication a notamment indexé la pratique imposée par les groupes armés, consistant à exiger des « laissés-passer » ou des documents similaires aux populations locales. « Nos populations qui sont dans les villes de Goma n’ont pas besoin de payer un laissé-passer ou un tenant-lieu établi par des occupants illégitimes pour effectuer des déplacements », a-t-il insisté.
Pour contrer ces pratiques, le gouvernement a instruit les compagnies aériennes à ne pas reconnaître ces documents illégaux. En parallèle, les ambassades congolaises installées dans les pays voisins ont reçu l’ordre de délivrer gratuitement un document appelé « soft conduit » aux citoyens venant de ces zones, afin de faciliter leurs déplacements vers Kinshasa ou d’autres régions du pays.
Muyaya a condamné les tentatives de « manipulation » visant à donner une forme de légitimité à ces structures d’occupation. Selon lui, « ces actes démontrent simplement que la fin est proche ». Il a invité les habitants de ces zones à ne pas céder aux intimidations et à « déconsidérer totalement de telles initiatives ».
À haute voix, le porte-parole de l’exécutif a critiqué l’intention des occupants de revenir sur certaines réformes sociales. « Comment ces gens-là peuvent, par exemple, penser revenir sur une réforme majeure comme la gratuité de l’enseignement ? », s’est-il interrogé, estimant que le seul agenda du M23 est « d’imposer la souffrance à la population ».
Kinshasa plaide pour des couloirs d’accès

Abordant la situation humanitaire dans l’est du pays, le membre de l’exécutif a rappelé que l’insécurité persistante entrave l’accès aux soins de santé et complique le travail des personnels médicaux. « Le personnel de santé a été particulièrement ciblé parce qu’il renseignait sur le nombre de morts », a-t-il déploré, ajoutant que « le ministère de la Santé reçoit quotidiennement des rapports des zones de santé, un peu à l’image des services d’intelligence ».
Malgré ces défi, l’exécutif dit poursuivre sa collaboration avec les agences humanitaires afin d’assurer un minimum d’assistance aux populations locales. « Il est impératif, au-delà de tout ce qu’il y a comme problème de sécurité sur le terrain, de laisser les couloirs aux humanitaires », a-t-il indiqué.
Lhomme du nouveau narratif a également rappelé les efforts entrepris depuis février dernier par l’exécutif, notamment l’acheminement de dons de sang depuis Kinshasa vers l’est, grâce aux partenaires humanitaires. Une action qui traduit, selon lui, la détermination du gouvernement à ne pas abandonner les populations en détresse.
Sur le plan politique, le ministre a évoqué le processus d’intégration conditionnelle des groupes armés dans les rangs réguliers, tout en insistant sur la rigueur et la responsabilité que cela implique. « Le président de la République ne tolère aucune forme d’impunité. Nous avons déjà un point qui permet de faire ces vettings-là et je souhaite que cela soit bien compris », a-t-il précisé.
D’après lui, ce processus ne doit pas signifier l’oubli des crimes commis. « Les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité, les crimes de génocide, il y a des critères comme ceux-là qui ne seront pas oubliés », a-t-il martelé, rappelant que des concessions pourront être nécessaires, mais pas au prix de la justice.
Muyaya a soutenu que la volonté des autorités congolaises n’est pas seulement d’obtenir la paix, mais surtout de créer les conditions d’une stabilité durable. « Nous voulons en finir une bonne fois pour toutes avec ce qui se recycle depuis 30 ans, afin de parler développement et d’aller de l’avant », a-t-il conclu.
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Le porte-parole du gouvernement Patrick Muyaya s’exprimant lors du briefing mercredi 8 octobre @ Photo Droits tiers.