Recherche
  Home Actualités Petites annonces Offres d’emploi Appels d’offres Publireportages C'est vous qui le dites Medias & tendances Immobilier Recherche Contact



Infos congo - Actualités Congo - Ecobank_30012026
mediacongo
Retour

Provinces

Kolwezi : les rejets de COMMUS, source de conflits entre creuseurs

2025-10-21
21.10.2025
Economie
2025-10-21
Ajouter aux favoris
http://www.mediacongo.net/dpics/filesmanager/actualite/2025_actu/10-octobre/20-26/kolwezi_les_rejets_de_commus_source_de_conflits_entre_creuseurs_pht_ks_21_oct_2025.jpg -

À Kolwezi, l’exploitation des rejets de l’entreprise minière COMMUS est à l’origine d’une vive tension dans le quartier Cinq Ans. Ce mardi, un groupe de jeunes de ce secteur a manifesté dans la rue pour revendiquer le contrôle exclusif de ces remblais. La police s’est interposée pour rétablir l’ordre. Cependant, cette tension, qui dure depuis mercredi dernier, a fait 4 morts et les dégâts matériels sont importants, selon les ONG locales.

Ce mardi matin, les habitants du quartier Cinq Ans ont été réveillés par la révolte des jeunes du même quartier. Ils ont barricadé le boulevard Joseph Kabila, empêchant ainsi l’accès au centre-ville de Kolwezi. De plus, ces jeunes ont vandalisé des boutiques et caillassé quelques véhicules de particuliers. « Jusque vers 12 heures locales, les activités commerciales ainsi que le transport sont restés paralysés », témoigne Me Lambert Memba, président de la Nouvelle société civile à Kolwezi.

La police, qui est intervenue pour rétablir l’ordre, a tiré à balle réelle, dénonce la société civile. « On déplore un mort, c’est un jeune d’une vingtaine d’années. Les autres manifestants ont récupéré le corps et veulent le présenter aux autorités locales », indique encore Me Lambert.

Les rejets de la discorde

Cette tension dure depuis plus de six jours. En effet, deux camps de creuseurs artisanaux se sont affrontés à Kolwezi : d’une part les creuseurs de Tshipuki et d’autre part ceux du quartier Cinq Ans. Les deux groupes se disputent l’exploitation des rejets miniers que l’entreprise COMMUS déverse au quartier Tshabula.

Ces rejets contiennent du cuivre que les creuseurs artisanaux récupèrent, puis vendent dans les comptoirs d’achat installés dans leurs quartiers. Cette activité constitue pour eux une source de revenu, car les creuseurs n’ont pas de zone d’exploitation viable. Puisque les remblais des rejets sont situés dans le quartier Tshabula, à proximité des quartiers Musonoie et Tshipuki, trois groupes de mineurs se sont emparés de leur exploitation. Ils estiment que ceux qui résident au quartier Cinq Ans, loin du centre commercial de Kolwezi, n’ont pas le droit d’y accéder.

L’arbre qui cache la forêt

Le duel de cette semaine entre ces creuseurs n’est pas le premier. C’est une situation récurrente, indiquent les creuseurs artisanaux. « Souvent, il y a des disputes entre les deux camps pendant que nous trions les rejets. Mais ceux qui entretiennent les conflits entre nous, ce sont les négociants, et c’est pour leurs intérêts », s’indigne Patient, un mineur. « Deux négociants qui achètent les minerais auprès de ces groupes de creuseurs sont en concurrence. Ainsi, chacun cherche toujours à opposer son camp à l’autre », a-t-il ajouté.

Déjà le week-end dernier, un jeune creuseur du quartier Cinq Ans a été abattu par le camp des quartiers Tshipuki et Kanina. Le négociant de ce groupe avait acheté et distribué les machettes pour se venger du camp adverse.

Ainsi, le vendredi matin, les creuseurs du quartier Cinq Ans ont attaqué ceux du quartier Tshipuki. L’affrontement a eu lieu au niveau du pont Golf, près du tunnel de la société COMMUS.

Quatre morts et dégâts matériels

Ce conflit a causé des dommages tant sur le plan humain que matériel. Selon des creuseurs, des blessés graves ont été enregistrés, dont l’un d’eux a eu son bras amputé par une machette. Cependant, l’ONG Initiative pour la bonne gouvernance et les droits de l'homme (IBGDH), évoque un bilan de 4 morts parmi les creuseurs. « Un nouveau creuseur a trouvé la mort ce 21 octobre, portant ainsi à quatre le nombre de vies perdues depuis le début des hostilités ».

Plusieurs véhicules ont été caillassés, des pneus brûlés sur la route. Des alimentations et des terrasses ont été pillées, tout comme certaines maisons situées près de la route. En outre, l’avenue Joseph Kabila, la seule route asphaltée de cette partie de la ville de Kolwezi, est coupée. Les élèves n’ont pas pu étudier, et les activités commerciales n’ont pas non plus fonctionné. « C’est la loi de la jungle ici. Les autorités doivent être regardantes, ça ne va pas ici. Nous avons passé trois jours sans sortir de nos maisons », se plaint monsieur Nyange, un habitant du quartier sorti pour constater les dégâts.

Par ailleurs, un véhicule d’intervention de la police a été confisqué et utilisé par les creuseurs. La police était donc incapable de mettre fin à l’affrontement de ce week-end. Ainsi, la Garde républicaine (GR) a été appelée en renfort, et la tension est retombée après des tirs de sommation.

Pour le sixième jour consécutif, les activités restent paralysées dans les quartiers Cinq Ans, Kanina et Tshipuki à Kolwezi. La Nouvelle société civile appelle les élus locaux à dialoguer avec ces jeunes afin de trouver un consensus. Pour sa part, l’ONG IBGDH déplore une implication insuffisante des autorités locales de Kolwezi.


La Guardia Magazine / MCP , via mediacongo.net
C’est vous qui le dites : 1 commentaire
681 suivent la conversation

Faites connaissance avec votre « Code MediaCongo »

Le code à 7 caractères (précédé de « @ ») à côté du Nom est le Code MediaCongo de l’utilisateur. Par exemple « Jeanne243 @AB25CDF ». Ce code est unique à chaque utilisateur. Il permet de différencier les utilisateurs.

Poster un commentaire, réagir ?

Les commentaires et réactions sont postés librement, tout en respectant les conditions d’utilisation de la plateforme mediacongo.net. Vous pouvez cliquer sur 2 émojis au maximum.

Merci et excellente expérience sur mediacongo.net, première plateforme congolaise

MediaCongo – Support Utilisateurs


Il y a 129 jours
Ce qui se passe à Kolwezi, autour des rejets miniers de COMMUS, n’est pas un simple affrontement entre jeunes ou une querelle de quartiers — c’est le reflet d’un malaise profond dans la gouvernance de nos ressources naturelles et dans la répartition de leurs retombées économiques En tant qu’économiste congolais et patriote engagé pour un développement minier durable, je ne peux rester indifférent devant la mort de jeunes Congolais, victimes d’un système qui laisse trop souvent les populations locales en marge des bénéfices miniers générés sur leur propre sol Il est temps d’adresser les vraies causes structurelles : L’absence de zones d’exploitation artisanale organisées, laissant place à une économie de survie, souvent manipulée par des négociants et intermédiaires opportunistes ; Le manque de coordination entre les autorités locales, provinciales et nationales, alors que le secteur minier artisanal devrait être encadré, sécurisé et professionnalisé ; L’injustice territoriale : les communautés riveraines ne bénéficient ni d’emplois, ni d’infrastructures sociales issues des richesses extraites tout près de...

Réagir

Répondre
right
Article suivant Finances provinciales : Kinshasa intensifie la pression fiscale sur l'impôt foncier 2026 et l'impôt sur les revenus locatifs 2025
left
Article précédent L’AFC/M23 accepte de discuter pour la réouverture de l’aéroport de Goma

Les plus commentés

Politique Seth Kikuni pose six conditions non négociables avant tout dialogue politique

26.02.2026, 14 commentaires

Politique Les crimes commis par le M23-AFC ne sont pas imputables aux Banyamulenge (Ministre Muyaya)

26.02.2026, 9 commentaires

Politique « La RDC est un État sorcier », Émile Bongeli enflamme la toile

27.02.2026, 6 commentaires

Politique Willy Mishiki formel : Pas d’élections avant 2030

27.02.2026, 5 commentaires

Ont commenté cet article



Ils nous font confiance

Infos congo - Actualités Congo - confiance