
Société
Le procès tant attendu sur le rôle présumé d’Honorine Porsche dans le braquage spectaculaire de l’agence Rawbank de la Place Victoire, en plein cœur de Kinshasa, s’ouvre ce vendredi 24 octobre 2025 devant le tribunal militaire de garnison de Kinshasa/Gombe.
Ce rendez-vous judiciaire, annoncé par son avocat Me Francis Kasonga, marque le début des débats de fond dans une affaire qui, depuis une semaine, enflamme les réseaux sociaux, tant par la gravité des faits que par les zones d’ombre ayant entouré l’arrestation de cette femme devenue, malgré elle, un symbole de controverse.
Le procès du fond : un moment de vérité attendu
Le procès proprement dit débute ce vendredi devant le tribunal militaire de garnison de Kinshasa-Gombe. Pour l’instant, nous ne pouvons pas dévoiler nos arguments, mais je vous assure que de nombreuses révélations seront faites pour disculper notre cliente, a confié Me Francis Kasonga à la presse.
L’avocat, visiblement serein, promet un procès riche en révélations et en preuves de nature à renverser la perception publique. Selon lui, la défense est prête à « dévoiler des éléments encore inconnus du grand public » sur les circonstances exactes du braquage qui a secoué la capitale.
Dans une posture mesurée, Me Kasonga insiste que « ce procès permettra non seulement au ministère public de soutenir son accusation, mais aussi à la défense de démontrer l’innocence de sa cliente, victime d’un engrenage judiciaire et médiatique sans précédent ». Derrière cette assurance se dessine la stratégie de la défense de faire éclater la vérité sur une affaire où l’opinion publique semble déjà avoir rendu son verdict.
Deux procès, deux réalités : accusée ici, victime là-bas
L’un des points les plus complexes de cette affaire réside dans l’existence de deux procédures judiciaires distinctes impliquant la même personne. « Il s’agit de deux dossiers différents. Devant le tribunal militaire de garnison de Kinshasa-Gombe, Honorine Porsche est poursuivie comme prévenue. Par contre, devant la Cour militaire, plusieurs militaires sont jugés pour des faits commis sur sa personne. Ici, elle est plutôt victime que prévenue », précise Me Kasonga.
Cette distinction, capitale mais souvent mal comprise par le grand public, révèle toute la dimension paradoxale de cette affaire : Honorine Porsche est à la fois accusée et victime. D’un côté, elle devra se défendre des soupçons de complicité dans un braquage armé ; de l’autre, elle attend justice pour les violences, humiliations et atteintes à sa dignité subies lors de son arrestation.
Les militaires à la barre : entre abus et dérives
Depuis le 20 octobre, un autre procès se tient devant la Cour militaire de Kinshasa/Gombe, cette fois contre neuf militaires des FARDC, parmi lesquels le colonel Désiré Mumesa, accusé d’avoir diffusé depuis le camp Kokolo la vidéo humiliante d’Honorine Porsche.
Ces images, devenues virales sur les réseaux sociaux, avaient provoqué une vague d’indignation à Kinshasa et au-delà, remettant en cause le respect des droits humains et de la procédure militaire. Les prévenus sont poursuivis pour viol, atteinte à la pudeur, violation de consignes, abstention coupable et outrage aux bonnes mœurs.
Le 22 octobre, la Cour a décidé de décréter le huis clos pour l’audition d’Honorine Porsche, afin de préserver la dignité de la victime. L’audience a été renvoyée au 3 novembre pour permettre la comparution de l’État congolais, déclaré civilement responsable des actes commis par ses agents.
Entre-temps, c’est au camp Lufungula que l’autre front judiciaire s’ouvre : celui où Honorine devra faire face à ses propres accusations. Porsche, citoyenne allemande d’origine congolaise, a été interpellée dans la confusion du braquage du 16 octobre 2025 à la Rawbank de la Place Victoire, dans la commune de Kalamu. Ce jour-là, un groupe armé non identifié avait pris d’assaut l’agence, provoquant un important déploiement des forces de sécurité. C’est dans cette atmosphère de panique que la jeune femme a été brutalement arrêtée, avant que des militaires ne diffusent des vidéos de son humiliation, déclenchant une onde de choc à travers le pays.
Ce double statut d’accusée et de victime fait d’Honorine Porsche une figure controversée. D’un côté, il y a l’exigence de vérité et de transparence : le public veut savoir quel rôle exact cette femme a joué dans ce braquage spectaculaire. De l’autre, il y a la question des droits humains : comment une citoyenne, même suspecte, a-t-elle pu être traitée avec une telle brutalité inouïe par ceux censés faire respecter la loi ?
La défense, s’appuyant sur l’article 260 du Code civil des obligations, a déjà annoncé son intention de faire intervenir la République en tant que partie civilement responsable, une démarche rare, mais révélatrice de la volonté d’obtenir réparation pour les abus commis par les forces de sécurité.
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Honorine Porsche, présumée braqueure de l’agence Rawbank Place Victoire @Photo Droits tiers.