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Afrique

Tanzanie: la présidente Samia Suluhu Hassan à l'épreuve des urnes

2025-10-29
29.10.2025
2025-10-29
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La Tanzanie vote ce mercredi 29 octobre. La présidente sortante, Samia Suluhu Hassan, arrivée au pouvoir en 2021 après la mort de John Magufuli, se présente pour la première fois au suffrage national direct. Le scrutin intervient dans un contexte marqué par une forte présence sécuritaire, des candidatures contestées et des tensions politiques, notamment à Zanzibar.

En Tanzanie, « L’atmosphère autour de cette élection est très retenue. Il y a eu beaucoup de répression contre l’opposition ». L’évaluation est d’Alex Vines, analyste de la région. La présidente sortante, Samia Suluhu Hassan, brigue cette fois un mandat plein. Elle a pris la tête de l’État en 2021, à la mort de John Magufuli, dont elle était la vice-présidente, conformément à la Constitution. Jusqu’ici, elle n’a jamais été élue à l’échelle nationale au suffrage universel direct. Le scrutin du 29 octobre est donc son premier véritable test devant les électeurs. Quel pays amène-t-elle aux urnes ? L’analyse d’Alex Vines, Directeur Afrique au Conseil européen pour les relations internationales.

Le discours de campagne de Samia Suluhu Hassan repose sur trois axes : stabilité, continuité, unité. Elle promet de préserver l’ordre, de poursuivre les chantiers engagés — infrastructures, services publics, emploi — et de maintenir la cohésion entre la Tanzanie continentale et l’archipel de Zanzibar. Pour la cheffe de l’État, l’enjeu est de transformer une succession constitutionnelle en 2021 en mandat personnel validé par les urnes.

Officiellement, dix-sept candidats ont été validés par la commission électorale. Sur le papier, le scrutin est donc multipartite. Dans les faits, aucun des autres candidats n’apparaît en position de menacer sérieusement le parti de la Révolution, Chama cha Mapinduzi en swahili (CCM), le parti au pouvoir depuis l’indépendance et qui n’a jamais perdu la présidence. Des acteurs de l’opposition estiment que le bulletin ne propose pas d’alternative crédible.

Opposants sortis du jeu

Plusieurs figures de l’opposition ne sont pas en lice ce mercredi. Le principal visage critique du pouvoir, Tundu Lissu, du parti Chadema, est inculpé pour « haute trahison ». Il reste en détention pendant le scrutin. Son procès a été renvoyé au 3 novembre, après le vote. De fait, il n’a pas pu faire campagne.

Autre cas cité par l’opposition : celui de Luhaga Mpina. Présenté comme candidat par l'Alliance pour le changement et la transparence, ACT-Wazalendo, formation d’opposition implantée notamment à Zanzibar, il a été disqualifié. Les autorités électorales invoquent des irrégularités internes dans sa désignation par le parti, en estimant que la procédure n’aurait pas respecté les règles de nomination. ACT-Wazalendo affirme au contraire qu’il s’agit d’une élimination politique maquillée en question administrative.

Selon l’opposition, ces exclusions traduisent un paysage dans lequel les personnalités jugées les plus menaçantes pour le parti au pouvoir ne se retrouvent pas devant les électeurs.

Un climat pesant

Le déroulement du scrutin intervient dans un contexte décrit comme tendu par plusieurs organisations de défense des droits humains. Amnesty International évoque un environnement marqué par la peur, citant des arrestations d’opposants, des pressions sur des médias, des intimidations de militants et des disparitions signalées ces dernières semaines. L’ONG estime que l’espace politique s’est refermé à l’approche du vote.

Le discours sécuritaire est assumé par les autorités. À la veille du scrutin, le porte-parole de la police a exhorté les électeurs à se rendre aux urnes, en promettant une « sécurité maximale ». Dans le même temps, il a averti que toute personne qui tenterait de perturber l’ordre public « devra en assumer les conséquences ». Ces déclarations interviennent alors que circulent en ligne des appels à « sortir en nombre », selon les termes employés par certains militants, pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme des enlèvements politiques et des atteintes aux droits civiques.

Zanzibar, foyer de tension électorale

La tension est particulièrement sensible à Zanzibar, archipel semi-autonome membre de l’Union tanzanienne, historiquement disputé entre le CCM et l’opposition. Zanzibar élit ses propres responsables locaux, envoie des députés à l’Assemblée nationale et pèse dans l’équilibre politique du pays.

Le vote anticipé y a débuté avant le reste de la Tanzanie pour certaines catégories spécifiques : notamment les forces de sécurité et le personnel électoral mobilisés le jour du scrutin national. ACT-Wazalendo, l’une des principales forces d’opposition de l’archipel, affirme que ce mécanisme a été détourné. Selon le parti, environ 50 000 personnes auraient été ajoutées aux listes pour voter par anticipation, alors que, selon son estimation, ce vote spécial ne devrait concerner qu’environ 7 000 personnes — essentiellement des policiers et des agents électoraux mobilisés le lendemain.

Pour ACT-Wazalendo, cet écart — 7 000 attendus contre 50 000 inscrits — correspond à une tentative de « remplir les urnes avant même que le reste du pays ne vote ». Le parti signale également une présence sécuritaire renforcée ces dernières semaines, y compris sur l’île de Pemba : arrivée de forces de l’ordre, déploiements militaires, pression visible autour de certains centres de vote. Des militants locaux appellent déjà à se mobiliser publiquement si le vote à Zanzibar est perçu comme irrégulier.

Dans cette lecture, si Zanzibar est « verrouillée » en amont du vote national, l’ensemble du processus électoral est considéré comme biaisé dès le départ, estime l'opposition.

Institutions et contrôle politique

Le scrutin du 29 octobre porte aussi sur la composition de l’Assemblée nationale. Les électeurs désignent 264 députés : 214 pour la Tanzanie continentale, 50 pour Zanzibar. Le système parlementaire prévoit également 113 sièges réservés aux femmes. Les autorités mettent en avant ce dispositif comme un élément de représentation de genre important dans la vie politique.

Pour les analystes, cela ne signifie pas pour autant une ouverture politique. « Il y a une diversité de genre intégrée dans les institutions, mais cela ne veut pas dire qu’il y a un vrai pluralisme politique », estime Alex Vines, qui juge que dans les faits, « le gouvernement de Samia Suluhu Hassan a été plus répressif que celui de John Magufuli ».


rfi / MCP , via mediacongo.net
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