
Société
La situation des Lignes Maritimes Congolaises -LMC- est alarmante. En seulement cinq ans, la masse salariale a explosé, passant de 1,2 million de dollars à 18 millions. Pendant ce temps, la production a chuté de 3 millions de dollars à quasi zéro, entraînant des pertes significatives. Ce tableau sombre vient noircir davantage le parcours de cette compagnie qui avait fait la fierté du pays entre 1971 et 1975 avec près de dix navires dans sa flotte et était comptée parmi les plus grands armements du continent noir! L’ex-géant des mers est dans la tourmente malgré tous les efforts du gouvernement pour le maintenir en vie.
La gestion de LMC Sa est aujourd’hui catastrophique. La faillite pourrait bientôt frapper à la porte si un plan de redressement n’est pas mis en place d’urgence. Les informations recueillies sont inquiétantes. « Actuellement, la masse salariale a crû à 18 millions de dollars en cinq ans, tandis que la production a presque disparu. Les droits de trafic maritime, qui auraient dû être une source de revenus importante, rapportaient plus avant 2020 que les 6 millions de dollars précédemment», rapporte une source qui préfère garder l’anonymat.
En dépit de 50 millions de dollars encaissés chaque année, dont 18 millions présumés détournés pour les salaires, les 32 millions restants demeurent introuvables. L’agent de LMC, dont la productivité a chuté de 12 millions FC par an en 2022 à seulement 750 000 FC en 2023, accuse une baisse dramatique de 94 %. La même source constate que ces grands chiffres, approuvés par le Portefeuille, illustrent une déchéance alarmante, révélatrice d’une gestion chaotique et calamiteuse.
«Au lieu d’une croissance, nous assistons à une faillite. Les activités commerciales ont été remplacées par la perception des droits de trafic maritime, tout en mettant en place des cadres de direction nouvellement recrutés. Ces responsables ne s’occupent que de signer les présences, avec un directeur général qui contrôle personnellement leurs allées et venues chaque jeudi, alors que la société sombre dans la déliquescence», dénonce notre informateur, accusant le DG, Jean Claude Mukendi, d’avoir favorisé sa famille, y compris ses enfants, avec des rémunérations exorbitantes.
Suspension du Directeur Général Jean Claude Mukendi Mbiyamuenza, le directeur général, a été suspendu de ses fonctions depuis le 7 novembre 2025 par un arrêté du ministre d’État au Portefeuille, raison invoquée : des malversations financières. Une enquête judiciaire devrait prochainement suivre. Cependant, l’homme reste imperturbable. Il affirme, au nom du Chef de l’État, qu’il entend récupérer son poste, malgré les multiples accusations de mauvaise gestion, de népotisme et de clientélisme, dont il aurait même fait sa femme membre de la direction avec un salaire conséquent et des avantages.
Bien que suspendu, « ce mandataire laisse LMC entre la liquidation et un redressement hypothétique », met en lumière notre source. Sauver LMC du naufrage D’après un rapport de la Banque mondiale, les LMC étaient déjà considérées comme une société en faillite en 2021. Sa transformation a été un échec retentissant.
Quatre ans plus tard, les dettes se sont accumulées, et les maigres ressources ont alimenté un conflit permanent entre la Direction générale et l’agent maritime MARINVESTS, qui n’a pas réussi à accorder ses violons avec la direction. Cette situation a conduit au remplacement des mandataires, mais les nouvelles recrues, manquant à la fois de connaissances maritimes et de compétences en gestion, ont exacerbé la confusion au sein de l’entreprise.
Un diagnostic urgent s’impose
La situation actuelle des LMC interpelle le Portefeuille, qui est appelé à établir un diagnostic approfondi sur les problèmes structurels de cette entreprise en difficulté. Ce diagnostic devra se concentrer sur plusieurs points essentiels, notamment la description des enjeux, l’identification des causes internes et externes des difficultés financières, et l’évaluation des réalités financières, commerciales, organisationnelles et juridiques de la société.Les conclusions de cette analyse pourraient déboucher sur des recommandations stratégiques pour un redressement, une restructuration, ou, si nécessaire, une liquidation maîtrisée.
Avec un capital estimé à 6 millions de dollars et des dettes à court terme dépassant 15 millions, les LMC sont confrontées à une situation désespérée. Un expert en finance a confirmé que la société, ayant épuisé son capital par le biais de dettes, devrait être liquidée en raison de la mauvaise gestion, conformément à l’article 200 de l’acte uniforme de l’OHADA. Le souhait est exprimé que les responsables ayant conduit à cette situation fassent face à des poursuites pour leur gestion calamiteuse.
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