
Société
Les mêmes scènes se répètent, les mêmes chiffres s’accumulent, les mêmes villages s’éteignent dans la stupeur : Lubero saigne, encore. Dans la chefferie des Baswagha, au-moins trente civils ont été tués entre le 18 et le 19 novembre, puis une nouvelle tuerie a été signalée le 20 novembre, à Matoto. Derrière ces dates, derrière ces lieux, ce sont des vies brisées, des familles dispersées, des villages vidés. Et pourtant, rien ne change.
Depuis des années, les habitants de Muhola, Bulengya, Vusanza ou Chakachaka vivent dans l’ombre des terroristes ADF, qui poursuivent leurs attaques avec une régularité glaçante. La société civile locale parle de plusieurs dizaines de morts en quelques jours, un bilan provisoire, comme toujours. Comme si même les chiffres ne parvenaient plus à suivre la réalité.
Dans le Nord-ouest de Lubero, plus de cent personnes ont déjà péri en dix jours. Cent vies fauchées dans un territoire qui n’a pourtant jamais cessé d’alerter, de crier, de prévenir. Et pendant que les villageois fuient vers Butembo, laissant derrière eux Mabambi, Vuyinga ou Muhangi transformés en espaces fantômes, une question doit être posée : comment, en 2025, une telle hécatombe peut-elle encore se dérouler dans un silence presque résigné ?
Ces massacres ne sont pas seulement des crimes ; ils sont le symptôme d’un abandon. Celui d’une population qui vit au rythme de la peur, sans protection réelle, sans présence dissuasive de l’État, sans réponses adaptées aux dynamiques locales. Ce qui frappe dans les témoignages, ce n’est pas seulement l’horreur, mais la fatigue : la fatigue d’alerter encore, la fatigue d’attendre, la fatigue d’espérer.
Il est temps que Lubero cesse d’être un chapitre récurrent dans les statistiques macabres du conflit en RDC. Il est temps que les autorités nationales et régionales considèrent ces attaques non comme un "en plus" de la crise sécuritaire, mais comme une urgence absolue. Car tant que les massacres se répéteront dans une indifférence de plus en plus dérangeante, la question ne sera plus de savoir pourquoi la région va mal, mais pourquoi elle devait aller autrement.
Lubero n’a pas besoin d’un communiqué de plus. Lubero a besoin d’être entendu ; réellement, durablement, efficacement.
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