
Société
D’après le calendrier publié par la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) l’année dernière, le mois de février 2026 est consacré au début de l’opération d’identification et d’enrôlement des électeurs pour les élections générales de 2028. Mais, à deux ans de la tenue de ce scrutin, la Ceni n’a, à présent, franchi qu’un seul pas en termes de préparation. Il s’agit de l’élaboration et de la publication de la feuille de route. Cependant, cette dernière souffre de sa mise en exécution.
Le 4 avril 2025, la Commission électorale nationale indépendante a publié une feuille de route pour ses activités. Celle-ci comprend un calendrier reprenant les activités préparatoires du processus électoral allant de 2025 à 2029. Ledit calendrier est réparti en trois séquences. La première, qui va d’avril 2025 à avril 2027, concerne la révision du fichier électoral. La deuxième séquence a une durée d’une année, soit de juillet 2028 à juillet 2029. Elle porte sur les élections directes. Enfin, la troisième étape n’a que trois mois. Elle part d’avril 2029 à juin 2029 et concerne les élections indirectes, celles des gouverneurs, des sénateurs, des maires et des bourgmestres.
La première séquence du calendrier contenue dans la feuille de route prévoit plusieurs activités. C’est notamment l’acquisition des matériels pour l’identification et l’enrôlement des électeurs. Cette activité couvre la période allant d’octobre 2025 à février 2026. Et de février 2026 à septembre 2026, le programme prévoit l’opération d’identification et d’enrôlement des électeurs.
Cependant, il a été constaté que cette feuille de route dans son ensemble n’est pas exécutée. Alors qu’on est déjà mi-février 2026, l’identification et l’enrôlement des électeurs n’ont pas débuté. En outre, aucune activité liée à cette étape du processus n’est mise en œuvre.
Problème de financement ?
D’après une source au sein de la Ceni qui a requis l’anonymat, jusque-là, il n’y a pas de financement alloué pour l’exécution de la feuille de route. « La feuille de route est dépassée. Il n’y a pas d’argent pour son exécution », déclare cette source.
Déjà, lors de la publication de la feuille de route, le président de la Ceni, Denis Kadima Kazadi, l’avait aussi souligné. « Cette feuille de route, bien qu’ambitieuse et porteuse d’espoir, fait face à plusieurs défis clairement identifiés. Il s’agit notamment des défis sécuritaires, en particulier dans les régions de l’Est du pays où la paix reste précaire. À cela s’ajoutent les défis logistiques majeurs et les défis d’ordre financier. Ces derniers, dit Denis Kadima, nécessitent une mobilisation constante des ressources. »
Cependant, la Ceni n’a pas jusqu’à présent publié le budget alloué à cette feuille de route. Les sources contactées au sein de cette institution indiquent que, même à l’interne, le budget n’est pas disponible. L’Institut de recherche sur le Congo « EBUTELI », pour sa part, déplore une opacité de la Ceni. EBUTELI affirme que la publication de la feuille de route devait être précédée de celle du rapport des élections de 2023. « La Ceni n’avait pas, à ce moment-là, présenté, contrairement à ce qu’exige la loi, le rapport général du cycle électoral précédent, clos unilatéralement et sans explication. »
Quant à l’absence de financement de la feuille de route 2025-2029, EBUTELI fait une recommandation au gouvernement. « Définir, en concertation avec la Ceni, un plan de décaissement pluriannuel pour sécuriser le financement du cycle 2025-2029. »
L’espoir est-il permis ?
PREMI Congo, une structure qui avait participé à la sensibilisation de la population sur les questions électorales, n’est pas optimiste quant à l’exécution de la feuille de route dans le temps imparti par le calendrier. Néanmoins, Christian Buendwa, membre de PREMI Congo, pense qu’il y a moyen de rattraper le retard. La Ceni a encore deux ans avant les prochaines élections présidentielles prévues en décembre 2028. Cependant, cet acteur de la société civile attire l’attention du gouvernement congolais. « S’il ne fait pas attention, il y a risque d’organiser les prochaines élections dans la précipitation. De plus, le pays peut tomber dans un scrutin chaotique comme en 2023 », dit-il.
De son côté, Scholastique Mutoke, responsable de la thématique élections au cadre de concertation de la société civile, ne croit pas à l’organisation des élections générales en 2028. Car, dit-elle, le processus devait commencer par le changement des animateurs de la Ceni par l’Assemblée nationale. Ensuite, devait suivre l’élaboration du calendrier par les nouveaux animateurs. « Nous constatons que c’est toujours Denis Kadima qui est là comme président de la Ceni. Et nous n’aurons pas les élections crédibles ».
Il faut dire que près de deux ans avant les prochaines échéances électorales, le débat sur le scrutin de 2028 est presque absent en RDC.
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