
Politique
Au PPRD, où le syndrome de l’éternelle attente du « Raïs » s’impose , la fidélité se transforme en immobilisme. Depuis qu’il est parti du pouvoir en janvier 2019, et surtout la fin de la majorité parlementaire en décembre 2020, le camp de Joseph Kabila peine à renaître de ses cendres. Pendant près de deux décennies, l’ancien président incarnait l’autorité incontournable pour ses partisans. Pour eux, l’ex-chef d’État était un homme providentiel. Mais aujourd’hui, la situation est devenue toute autre. Sept ans après son départ, beaucoup de ses fidèles continuent pourtant de croire qu’il peut redevenir l’homme miracle capable de renverser le cours des événements face au régime de Félix Tshisekedi. Une forte et surtout longue attente qui contraste, pourtant, avec une réalité politique où son influence semble nettement affaiblie.
Au sein du Front commun pour le Congo, cette dépendance à Kabila reste toujours très forte. Plusieurs cadres continuent de miser presque exclusivement sur un retour- surprise de Kabila sur le trône, comme si aucune autre alternative n’existait. Pourtant, sur le terrain, les signes d’un leadership affaibli sont visibles. L’ancien chef de l’État reste silencieux, discret, et semble ne plus donner d’orientations claires à ses troupes. Cette absence de communication laisse place à des doutes et à une certaine désorganisation au sein de sa famille politique.
Sur qui faut-il compter ?
La situation est encore plus marquante au niveau du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie. Des figures importantes comme Emmanuel Ramazani Shadary ou Aubin Minaku sont, depuis plusieurs semaines, détenues depuis sans que cela ne provoque aucune mobilisation réelle de la part des Kabilistes. Comme si tous attendaient que Kabila fasse irruption pour sauver la situation. Aucune grande manifestation, aucune pression visible dans la rue, sauf quelques communiqués laconiques qui ne sont jamais allés plus loin que ça. Ce silence est, en quelque sorte, une forme d’attentisme : beaucoup semblent attendre un signal de Kabila avant d’agir, comme si toute initiative dépendait encore de lui, alors que depuis l’exil, le prédécesseur de Tshisekedi n’a jamais émis de signaux d’un retour imminent.
Ce manque de réaction montre aussi une perte de capacité d’organisation. Même pour des questions internes, plusieurs cadres du FCC donnent l’impression d’attendre que l’ancien président prenne la parole ou dicte une direction à suivre. Mais en face, celui-ci reste silencieux. Cette situation crée un blocage : le leadership ne s’exprime plus clairement, et la base politique ne bouge pas sans consignes. Résultat, le parti paraît figé, incapable de s’adapter à la nouvelle réalité politique du pays.
Dans l’opinion publique et dans les médias, les Kabilistes sont également moins visibles qu’auparavant. À part quelques figures bien connues, peu de voix défendent activement leur position. Certains proches de l’ancien régime reconnaissent même, en privé, ne plus avoir de contact direct avec Joseph Kabila depuis longtemps. Là où il y avait autrefois une communication régulière, il y a aujourd’hui un flou total. Cela renforce le sentiment d’abandon au sein de certains cadres.
Par ailleurs, certaines prises de position attribuées à Kabila, notamment sur la situation sécuritaire à l’Est, semblent mettre ses propres fidèles dans l’embarras. Beaucoup ne savent plus quel discours tenir ni quelle ligne défendre au risque de se faire prendre « comme des rats mais sans défense ». Cette confusion affaiblit davantage leur crédibilité politique et les empêche de mener une opposition cohérente face au pouvoir en place qui ne fait face à aucune adversité réelle, les principaux leaders de l’opposition ayant déjà choisi l’exil pour se mettre à l’abri.
Face à cette réalité, apprend-on des sources au sein de l’ex-coalition au pouvoir, une nouvelle dynamique commence à se créer. Certains cadres du FCC tentent progressivement de se construire un leadership propre, sans attendre un retour hypothétique de Kabila. D’autres, en revanche, ont déjà fait le choix de rejoindre la majorité au pouvoir, estimant que le silence prolongé de leur ancien leader ne leur laissait plus beaucoup d’options. Comme le disent certains observateurs, la politique n’aime pas le vide, et ce vide a fini par pousser plusieurs acteurs à chercher d’autres repères.
Au final, une question centrale se pose : qui compte encore sur qui ? Si autrefois le FCC dépendait de Kabila, aujourd’hui il semble que ce soit surtout ses membres qui attendent encore quelque chose de lui. De son côté, l’ancien président paraît de plus en plus distant, comme s’il avait lui-même pris du recul. Cette relation déséquilibrée fragilise davantage une famille politique déjà affaiblie.
Ainsi, le FCC donne l’image d’un camp suspendu à un passé qui ne correspond plus au présent. En continuant de croire à un retour-suprise et décisif de Kabila, ses cadres risquent de retarder leur adaptation à la nouvelle donne politique. Pendant ce temps, le paysage politique congolais évolue, et ceux qui ne s’ajustent pas risquent tout simplement d’être laissés derrière et d’effacer totalement de la scène politique, surtout si Félix Tshisekedi réussit à changer la constitution et à s’accrocher au pouvoir au delà des limites constitutionnnelles.
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