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Sous la pression croissante de la diplomatie internationale, notamment des États-Unis, le mouvement rebelle AFC/M23 se retrouve contraint de quitter plusieurs positions qu’il occupait dans l’est de la République démocratique du Congo. Dans les Nord et Sud-Kivu, des localités comme Pitakongo, Bunyatenge et Minova sont progressivement évacuées, marquant un recul significatif sur le terrain.
Un retrait qui se confirme sur plusieurs axes
C’est donc un revers pour les insurgés qui ont pris les armes contre la République. Un mouvement de retrait des troupes de l’AFC-M23 a été observé ce samedi 28 mars 2026 dans plusieurs localités stratégiques de l’est du pays. Dans la province du Nord-Kivu, les villages de Pitakongo et Bunyatenge, situés à l’ouest de Kirumba dans le territoire de Lubero, ont été abandonnés par les combattants.
Dans la province voisine du Sud-Kivu, la localité de Minova, dans le territoire de Kalehe, a également été évacuée. Dans le territoire de Walikale, les groupes Wazalendo ont pris position à Mpeti. Ils sont également entrés dans plusieurs villages du groupement Ikobo, notamment Kanune, Kateku, Bukumbirwa et Rusamambu, consolidant leur présence après le retrait des éléments du M23.
D’autres déploiements ont été signalés à Buleusa et Miriki dans le territoire de Lubero, confirmant une recomposition rapide des lignes de contrôle. Ces retraits interviennent après ceux déjà enregistrés la veille dans une dizaine de villages des territoires de Lubero et Walikale, après environ une année d’occupation par la rébellion.
Les combattants de l’AFC-M23 quittent ces zones avec leur arsenal militaire, incluant des armes lourdes et des équipements d’appui. Les structures administratives parallèles installées dans ces localités ont également été abandonnées.
Dans le vide sécuritaire laissé par ce retrait, les groupes Wazalendo ont immédiatement réinvesti plusieurs villages, parmi lesquels Vukununu, Ilambula, Ivatama, Luseke, Lunyasenge et Kipese, accélérant une transition rapide du contrôle territorial. Selon des sources locales, ces mouvements visent à créer un climat propice à une désescalade dans la région.
Washington, épicentre d’un basculement diplomatique
À l’approche du 1er avril 2026, une date désormais perçue comme critique, la pression diplomatique américaine s’intensifie autour du dossier sécuritaire dans l’est de la RDC. Les sanctions annoncées contre les Forces rwandaises de défense (RDF), après une période de grâce débutée le 2 mars, doivent entrer pleinement en application.
Dans ce contexte, une réunion tenue à Washington les 17 et 18 mars 2026, sous médiation américaine, a permis l’élaboration d’un chronogramme de désengagement impliquant Kinshasa et Kigali. Celui-ci prévoit un retrait progressif des forces et la levée de certaines mesures dites défensives dans des zones identifiées. Ce processus, qualifié de technique et sécuritaire, a rassemblé des responsables militaires de différentes parties autour de discussions directes.
Au cours de ces échanges, une intervention du général Patrick Sasa Nzita, responsable du renseignement militaire congolais, a marqué une étape importante dans les discussions. Face aux accusations récurrentes concernant une prétendue intégration des FDLR au sein des FARDC, la partie congolaise a exigé des éléments précis : unités, structures et identifications vérifiables. Aucune preuve opérationnelle détaillée n’ayant été présentée, ces allégations ont perdu en consistance dans le cadre des discussions.
Cette étape a contribué à figer un cadre de désengagement progressif, désormais suivi par des mouvements observables sur le terrain. Si Kigali entame le retrait de ses forces, dans le même temps, une dynamique parallèle s’observe du côté des forces ougandaises. Le 25 mars, le général Muhoozi Kainerugaba, chef de l’armée ougandaise, a annoncé la disposition de l’UPDF à se retirer de plusieurs positions allant de Lubero à Mahagi, en coordination avec les autorités congolaises.
Présente dans le cadre de l’opération Shujaa contre les ADF, l’armée ougandaise s’aligne ainsi dans une logique de repositionnement progressif, au moment où les équilibres régionaux évoluent sous pression diplomatique. C’est une victoire pour Kinshasa, estiment certains observateurs. Le M23 croyait pouvoir diviser le Congo. Félix Tshisekedi a visiblement joué un grand coup contre les rebelles .
Une source interne au sein de l’AFC, ayant requis l’anonymat, décrit une situation de plus en plus critique au sein du mouvement rebelle. Réunis autour de leurs principaux responsables, les cadres du M23/AFC auraient été informés d’un tournant majeur dans la posture de Rwanda. Selon cette source, un émissaire rwandais ayant pris part aux récentes discussions de Washington aurait officiellement signifié aux dirigeants rebelles la décision de Kigali de se retirer progressivement de toutes les zones occupées sur le territoire congolais.
Un signal déjà perceptible depuis le début de la semaine, avec le retrait amorcé des éléments des Forces de défense rwandaises (RDF). En conjuguant pression diplomatique, mobilisation internationale et affirmation de la souveraineté nationale, Tshisekedi semble avoir réussi là où tant d’initiatives s’étaient jusque-là heurtées à l’inertie. Bientôt, affirme un membre de l’Udps, le Congo retrouvera son intégrité territoriale.
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Les rebelles de l’AFC-M23 quittent de nombreux territoires @Photo Droits tiers.