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Yahoo! : même les géants du web tombent

Yahoo! : même les géants du web tombent 2016-07-25
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Grâce à une stratégie de rachats, Yahoo! a rapidement étendu son emprise sur le web, notamment avec un service de courrier électronique en 1997 et une messagerie instantanée en 1998. Mais le géant n'a pas été épargné par la « bulle Internet ». En 1999, aux heures les plus folles de cette bulle, Yahoo! s'est offert, pour près de 6 milliards de dollars, un site baptisé Broadcast.com, qui diffusait sur le web du son et de l'image. La firme s'était distinguée cette année-là en retransmettant pour la première fois un défilé de la marque de lingerie Victoria's Secret, que pourtant bien peu d'internautes avaient pu voir, en raison de problèmes techniques causés par l'affluence.

La même année, Yahoo! avait racheté Geocities, un hébergeur de sites web très populaire à l'époque, pour plus de 3 milliards de dollars. Ces deux acquisitions coûteuses n'ont aujourd'hui plus aucune existence. La bulle spéculative, alimentée par un engouement démesuré pour toute entreprise dont le nom se terminait par un .com, finit par se dégonfler brutalement au cours de l'année 2000.

Yahoo! n'a pas encore rejoint les Altavista, Lycos ou Napster parmi la cohorte des noms presque oubliés qui ont participé au formidable élan du web à partir du milieu des années 1990. Mais, en vendant ses activités les plus connues, dont Yahoo! News et Yahoo! Mail, à l'opérateur américain Verizon, l'entreprise a néanmoins fait un pas dans cette direction. Verizon possède d'ailleurs AOL, autrefois fournisseur d'accès puissant, qui a cédé du terrain avant de se recentrer sur les médias.

Le rachat des activités essentielles de Yahoo! coûtera à Verizon 4,8 milliards de dollars. Les participations que possède l'entreprise dans le géant chinois du commerce en ligne Alibaba, dans Yahoo! Japan ou encore son portefeuille de brevets ne seront pas vendus, mais regroupés dans une nouvelle société d'investissement. C'est là que se concentre l'essentiel de la valeur boursière de Yahoo!, environ 37 milliards de dollars.

 

Yahoo! tourne une page de l'Histoire du web.

Premier logo de Yahoo! à sa création en 1995.

A l'origine, Yahoo! est le bébé de deux étudiants de Stanford Jerry Yang et David Filo, qui ont créé en janvier 1994 un « guide » du « world wide web ». Un an plus tard, le « New York Times » mentionne pour la première fois l'existence du site dans un abécédaire destiné à ceux qui veulent découvrir Internet. A l'époque, d'ailleurs, l'adresse de Yahoo! est encore rattachée à l'université d'origine de ses fondateurs: akebono.stanford.edu/yahoo/. Le réseau de l’université de Stanford est tellement saturé par la fréquentation du site d’indexation que David Filo et Jerry Yang sont priés d’aller développer leur projet ailleurs.

Le site est hébergé par Marc Andreessen, le créateur du premier navigateur web, Mosaic (1993), et de Netscape, une entreprise pionnière d’Internet. Leur annuaire a tous les ingrédients du succès sur un web en pleine expansion: il réunit des liens hypertexte vers d'autres pages et notamment des actualités, fournissant une porte d'entrée particulièrement pratique à cet univers anarchique. Le nom de domaine Yahoo.com est acheté à la mi-janvier 1996. En quelques années, Yahoo! s'impose comme un des principaux portails d'accès à Internet. Des millions d'internautes débutent alors leur navigation par cette page.

David Filo et Jerry Yang, fondateurs de Yahoo!, dans les bureaux de l'entreprise à Santa Clara, en Californie, en 1997. (© Paul Sakuma/AP/SIPA)

Grâce à une stratégie de rachats, Yahoo! a rapidement étendu son emprise sur le web, notamment avec un service de courrier électronique en 1997 et une messagerie instantanée en 1998. Mais le géant n'a pas été épargné par la « bulle Internet ». En 1999, aux heures les plus folles de cette bulle, Yahoo! s'est offert, pour près de 6 milliards de dollars, un site baptisé Broadcast.com, qui diffusait sur le web du son et de l'image. La firme s'était distinguée cette année-là en retransmettant pour la première fois un défilé de la marque de lingerie Victoria's Secret, que pourtant bien peu d'internautes avaient pu voir, en raison de problèmes techniques causés par l'affluence.

La même année, Yahoo! avait racheté Geocities, un hébergeur de sites web très populaire à l'époque, pour plus de 3 milliards de dollars. Ces deux acquisitions coûteuses n'ont aujourd'hui plus aucune existence. La bulle spéculative, alimentée par un engouement démesuré pour toute entreprise dont le nom se terminait par un .com, finit par se dégonfler brutalement au cours de l'année 2000.

La page d'accueil de Yahoo.com en février 2000. (© Jack Guez/ AFP)

 

Quand Yahoo! donnait un coup de pouce à... Google

En 2007, le directeur général du groupe, Terry Semel, change enfin de stratégie face à son concurrent. Yahoo propose de racheter Google pour un milliard, puis 3 milliards de dollars après un début de négociations. Or Google décline finalement l’offre. Après cet échec, Terry Semel est rétrogradé et finit par être débarqué quelques mois plus tard.

A cette époque, Yahoo! est en tête des services de recherche sur Internet. L'annuaire, alimenté par des humains, est pourtant en passe de se faire doubler par Google, une société qui n'a que deux ans, mais dont le moteur de recherche à l'interface minimaliste commence à séduire massivement les internautes.

A un moment, la technologie de Google servira même à Yahoo!, durant un court partenariat. En mettant en avant la technologie et la marque Google à cette période, Yahoo! lui a probablement donné un sérieux coup de pouce. Aujourd'hui, Yahoo! Search est très, très loin de Google: selon les données de Net Applications, la firme de Mountain View écrase le secteur de la recherche sur le web avec 70,16% de part de marché, devant Bing de Microsoft (11,31%) et Baidu (8,8%). Yahoo! n'est que quatrième, avec 7,68% de part de marché.

 

 

Les loupés historiques

Affaiblie par la crise des années 2000, Yahoo! n'est néanmoins pas abattue. L'entreprise tente de suivre Google, qui lance à tour de bras de nouveaux services gratuits. Yahoo! acquiert notamment le service de partage de photos Flickr en 2005. Mais c'est Google qui met la main sur YouTube, le site de partage vidéo, en 2006.

A l'époque, un autre futur géant est en train de se faire une place dans le coeur des internautes. De sa fondation en 2004 à 2006, Facebook est encore un club assez fermé, mais sa croissance est phénoménale. « En 2006, le portail violet a déjà fait plusieurs acquisitions, à commencer par le site de partage photo Flickr et le service de partage de favoris Del.icio.us. Pour compléter sa panoplie, ses dirigeants proposent 1 milliard de dollars à Facebook en juin 2006 », explique le Journal du Net. Cette fois, bonne nouvelle. Le site de Mark Zuckerberg est d'accord. Problème: à la publication des résultats de Yahoo (catastrophiques), le réseau social se retire.

Quelques mois plus tard, Yahoo! retente et pose sur la table un offre similaire. Hélas, entre-temps, Facebook a compris son potentiel, élargissant sa cible aux seuls étudiants américains. C'est trop tard pour Yahoo!, qui aurait pu faire le coup du siècle. Dix ans plus tard, le réseau social créé par Mark Zuckerberg écrase Yahoo! Sa cible de l'époque est aujourd'hui valorisée 347 milliards de dollars en bourse. 

Un rapprochement avec Microsoft, un autre mastodonte menacé par les nouveaux arrivants, échoue en 2008. Jerry Yang, le cofondateur et à l'époque PDG de Yahoo!, a été trop gourmand et Microsoft a retiré son offre. Il quitte son poste après l'échec de la négociation et s'en va fonder une autre entreprise en 2012. Sa fortune est estimée à 1,9 milliard de dollars à ce jour selon « Forbes ». David Filo, lui, demeure « chief Yahoo » de l'entreprise et pèse 2,9 milliards de dollars.

 

L’échec de Marissa Mayer

A partir de 2012 et après une valse de PDG quelque peu déstabilisante, les destinées de Yahoo! sont confiées à Marissa Mayer. Débauchée chez Google, la jeune femme de 37 ans doit sauver l'entreprise, qui recule toujours face à Google et Facebook. Son premier gros coup: le rachat de Tumblr en 2013, un réseau social dédié à l'image qui connaît alors une forte popularité. Prix: 1,1 milliard de dollars. Mais l'affaire n'est pas bonne. Trois ans plus tard, Yahoo! a dû reconnaître que Tumblr avait perdu les deux tiers de sa valeur. Contrairement à Facebook, qui a fortement développé la publicité, Yahoo! n'a jamais réussi à doper les recettes publicitaires de Tumblr, un service plébiscité à ses débuts précisément pour son absence de toute intrusion commerciale. En 2015, Yahoo! a enregistré de lourdes pertes de 4,36 milliards de dollars.

Avant la vente de Yahoo!, Marissa Mayer a choisi de licencier massivement: alors que l'entreprise comptait 12 500 salariés il y a un an, ils n'étaient plus que 9400 en mars dernier. La patronne, quant à elle, peut envisager l'avenir avec sérénité. En avril dernier, la presse américaine a révélé qu'un parachute doré de 55 millions de dollars était prévu pour le cas où Marissa Mayer serait évincée de Yahoo! après la vente de ses activités. 

Incapable de redresser Yahoo!, Marissa Mayer porte également la responsabilité de la vente du cœur de métier à Verizon. À l’annonce de la vente, elle a indiqué vouloir continuer sa mission : « J’ai l’intention de rester. J’aime Yahoo et je crois en vous tous. C’est important pour moi de voir Yahoo entrer dans ce nouveau chapitre ». Selon des médias américains, elle pourrait toutefois être poussée vers la sortie.

Dès que le deal avec Verizon sera bouclé, d'ici la fin de l'année, ce qu'il reste de Yahoo! devrait changer de nom selon Quartz. L'ancienne gloire du web devra se réinventer un avenir avec ce qui lui reste: sa trésorerie, une participation dans Alibaba, l'eBay chinois, et Yahoo! Japon.

Adrien Gaboulaud
Paris Match / Libération / Huffington Post / MCN, via Mediacongo.net
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