
Afrique
Quelques heures après l'annonce de la réélection d'Ali Bongo à la tête du Gabon, le quartier général de son principal opposant, Jean Ping, a été pris d'assaut par les forces de sécurité, dans la nuit du mercredi 31 août au jeudi 1er septembre.
L'opposition a appelé à manifester ce jeudi en fin de journée alors qu'Internet ne fonctionne plus. Depuis hier soir, les affrontements ont fait trois morts, selon un bilan des autorités. Dans une brève allocution cet après-midi, le président Bongo a rejeté la responsabilité de la situation sur l'opposition.
Un millier d'interpellations en moins de 24h

Des partisans de Jean Ping sont embarqués dans des camions de polices, au quartier général du candidat de l'opposition à Libreville, 1 sept. 2016. (© Marco Longari/AFP)
« Sur Libreville, il y a eu entre 600 et 800 interpellations, et 200 à 300 sur le reste du pays », a déclaré le ministre gabonais de l'Intérieur, Pacôme Moubelet-Boubeya, lors d'une brève conférence de presse tenue jeudi à l'issue de l'allocution du président Ali Bongo au palais présidentiel.
« Nous déplorons la mort de trois personnes, dont les identités seront données rapidement quand elles seront établies », a ajouté le ministre.
De son côté, Jean Ping a rendu publique la liste de noms des personnes arrêtées la nuit dernière à son QG. Y figurent un certain nombre de hauts responsable de la campagne et de l'entourage du candidat.
Enfin, les informations concernant le blocage des connections internet restent parcellaires. Il est cependant certains que des milliers de Gabonais n'ont plus accès aux réseaux sociaux ce 1er septembre. Dans ce genre de situation, la coupure brutale de l'accès au web par des pouvoirs contestés n'est pas une première.
Le président Ali Bongo s'exprime et appelle à la réconciliation
Se présentant en rassembleur, il dit être le président de l’ensemble des populations de son pays. « Aujourd’hui, l‘élection est terminée. Le temps est venu pour nous rassembler, construire ensemble. Le temps est venu de panser nos plaies, le temps est venu de laisser derrière nous, toutes les invectives dues à la campagne, le temps de l’apaisement est venu, le temps de la réconciliation est venu. Vous pouvez compter sur moi pour être le président de tous les gabonais. », a déclaré le président réélu.
« La démocratie s'accorde mal des succès autoproclamés, des groupuscules formés à la destruction. La démocratie s'accommode mal de la prise d'assaut d'un parlement et de la télévision nationale », a déclaré le président du Gabon Ali Bongo, lors d'une courte déclaration à la presse au palais présidentiel.
Le président toujours en poste a tendu par ailleurs la main à l’ensemble de la classe politique gabonaise: « Je serai à nouveau à l‘écoute de tous et j’inviterai tous chacun et chacune qui voudra bien accepter la main que je tends », a fait savoir Ali Bongo.
Un peu plus tard, Jean Ping a réitéré ses propos sur la télévision française BFMTV : « La seule solution c'est qu'il reconnaisse sa défaite parce qu'il sait qu'il a été battu. » A la question de savoir si le dépôt d'un recours devant la Cour constitutionnelle pouvait permettre d'éviter le chaos, il a répondu : « La Cour constitutionnelle, tout comme la Cénap (la commission électorale), sont des instruments aux mains du pouvoir, ça ne change rien (...) Ils disent ce que le pouvoir leur dit de dire. »
Jeudi en début de soirée, c'est donc le statu quo le plus total au Gabon.
De son côté, le président français, François Hollande, qui exprime « sa profonde inquiétude » appelle à « l'apaisement » et à « la transparence »
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Face-à-face Manifestants pro-Ping et la police anti-émeutes. (© Marco Longari/AFP)