
Politique
En RDC, le Haut-Commissaire aux droits de l'homme des Nations unies dénonce la violence avec laquelle les forces de l'ordre ont réprimé les manifestations les 19 et 20 septembre derniers. Dans un discours donné à Genève mardi 27 septembre, il s'inquiète de la violence de la répression mais aussi de la possibilité que les forces de l'ordre aient prémédité cette répression qui a fait au moins 53 morts selon l’ONU.
Au moins 368 personnes arrêtées dans tout le pays, des jeunes payés pour perturber les manifestations mais aussi des membres des forces de sécurité qui se seraient rendus coupable de pillages : le document les Nations unies pointe la responsabilité des autorités de Kinshasa dans les dérapages de la semaine dernière.
Plus grave encore, contrairement au gouvernement congolais qui estime avoir été obligé d’intervenir face à des manifestants belliqueux, le Haut-Commissaire aux droits de l’homme affirme que « les forces de sécurité ont eu un recours excessif à la violence et aux armes ». Pour preuve, selon l’ONU, le nombre de victimes trouvées avec des blessures par balles non pas au niveau des jambes ou des bras, mais dans la poitrine ou la tête ; un mode opératoire qui pourrait indiquer que l’ordre de « tirer pour tuer » ait été donné.
Enfin, l’arrestation musclée de journalistes et de photographes avant ces incidents et leur mise à l’écart pendant plusieurs heures pourrait là encore, selon l’ONU, prouver que la répression violente de la manifestation était prévue.
Comme l’ensemble de la communauté internationale, le Haut-Commissaire aux droits de l’homme de l’ONU demande donc qu’une enquête indépendante, transparente et crédible soit ouverte sur ces heurts.
Selon l'ONU, au moins 53 personnes dont 4 policiers et 49 civils ont été tués au cours des affrontements à Kinshasa en début de semaine dernière, et 127 civils blessés par la garde républicaine, l'armée ou la police. Pour la police, les heurts ont fait au total 32 morts. Du côté de l'opposition, on parle de 50 à plus de 100 vies perdues.
Selon Kate Gilmore, la haute commissaire adjointe aux droits de l’Homme, le bilan est de 49 civils tués et 127 blessés "semble-t-il par la Garde républicaine, l’armée et la police". Quatre policiers ont aussi été tués, selon l’ONU.

Kate Gilmore, la haute commissaire adjointe aux droits de l’Homme
"La journée du 19 n'a pas été une marche pacifique...Réaction d'Alexis Thambwe, ministre de la Justice de RDC
Je peux vous confirmer qu’il n’est pas question de violer la Constitution", s’est défendu mardi Alexis Thambwe Mwamba, le ministre congolais de la Justice et des droits humains, devant le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU à Genève.
"L’élection sera organisée", a-t-il poursuivi, et la date sera arrêtée en coopération avec "les organismes internationaux, dont les Nations unies".

Alexis Thambwe Mwamba, le ministre congolais de la Justice et des droits humains
"Une crise à grande échelle couve", a prévenu Kate Gilmore appelant tous les protagonistes de la crise à réagir en faisant "preuve de volonté politique" pour éviter une aggravation de la situation.
Face à la gravité des faits qui se sont produits cette semaine le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders appelle au lancement sans délai d'une enquête indépendante. La Belgique demande à ce que la responsabilité individuelle des personnes impliquées dans les faits de cette semaine soit examinée., Didier Reynders appelé au lancement « sans délai » d’une enquête indépendante.
« La Belgique demande à ce que la responsabilité individuelle des personnes impliquées dans les faits de cette semaine soit examinée» , a-t-il indiqué vendredi via un communiqué.
Pour le ministre belge des Affaires étrangères, une solution à la crise ne peut être trouvée que « de manière pacifique, par un dialogue réellement inclusif et dans le respect de la Constitution».

Le Vice-Premier Ministre et Ministre des Affaires étrangères Didier Reynders
Le Vice-Premier Ministre et Ministre des Affaires étrangères Didier Reynders réitère sa profonde préoccupation à l'égard du climat de violence en République Démocratique du Congo. Le Ministre Reynders exhorte tous les acteurs à ne pas faire usage de violence et rappelle la responsabilité première des forces de securité pour maintenir l'ordre public de manière proportionnée.
Didier Reynders souligne qu'une solution à la crise ne peut être trouvée que de manière pacifique, par un dialogue réellement inclusif et dans le respect de la constitution.
En images les violences






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