
Société
Depuis le début de la semaine, une information apparemment anodine relayée par les médias locaux, font état d’un endettement de la ville de Kinshasa auprès des banques commerciales de l’ordre de 50 millions de dollars américains.
Et depuis, le gouvernement provincial de Kinshasa est en alerte. Au cours d’une émission télévisée sur Kin 24, entreprise audiovisuelle appartenant au gouverneur de la ville, André Kimbuta, trois délégués des institutions provinciales de Kinshasa ont fourni quelques explications à l’opinion publique.
Henri Itoka (un député provincial de Kinshasa), Zola Sheke, directeur de cabinet adjoint du gouverneur et Guy Matondo, ministre provincial des Finances ont trouvé des mots pour tenter de persuader.
Pour le ministre provincial des Finances, c’est une histoire montée de toutes pièces. La ville de Kinshasa, a-t-il précisé, ne s’est pas endetté à hauteur de 50 millions USD auprès des banques commerciales.
« L’opinion doit retenir que ceux qui travaillent à l’hôtel de ville gèrent les fonds publics. Et lorsqu’on gère les fonds publics, l’on ne peut avoir de secret dans la gestion. Dire que l’exécutif a contracté une dette de 50 millions qu’il n’arrive pas à payer, c’est faux », a expliqué Guy Matondo.
L’argent qui sert au paiement de salaire au personnel politique de la ville, a-t-il ajouté, provient du gouvernement central. « C’est la fameuse rétrocession qui n’arrive toujours pas », a dénoncé le financier de la ville de Kinshasa.
Selon lui, il y a une campagne de diffamation qui est en marche contre la ville de Kinshasa.
Guy Matondo attribue les difficultés financières de la ville de Kinshasa à la rareté de dotation des fonds de rétrocession que le gouvernement central doit à la ville. A cela s’ajoute la baisse des recettes de la Direction générale des recettes de Kinshasa (DGRK), ont indiqué certains responsables au niveau du ministère provincial des finances.
Selon une enquête menée par Radio Okapi, la ville de Kinshasa doit environ 50 millions de dollars américains à plusieurs banques basées en RDC à et à ses fournisseurs. Entre temps, au gouvernement provincial, rapporte la source, des arriérés des salaires semblent s’accumuler. Neuf mois pour les ministères et trois mois pour l’Assemblée provinciale.
Conséquence : le poids de ces créances asphyxie le bon fonctionnement de la ville.
« Cet emprunt a notamment servi à l’achat des véhicules anti-incendie et des bus de l’ancienne société de transport urbain Retranskin, ont indiqué des sources concordantes », renseigne la source.
Pour cela, la ville aurait mis en gage, pour une longue période, des recettes provenant des secteurs brassicole, tabacicole et sucrier perçues par la DGRK.
Des sources proches de l’exécutif provincial précisent que les taxes dues à la ville de Kinshasa perçues par ses banques sont ainsi retenues au titre de remboursement de ces crédits.
La ville de Kinshasa produit mensuellement environ 5 millions des dollars américains selon des sources concordantes. Trois millions des dollars proviendraient de la Direction Générale des Recettes de Kinshasa (DGRK), un millions du FONER, le Fonds national d’entretien routier, et un autre million de la rétrocession due aux provinces, précisent les mêmes sources.
Sur base de ces recettes mensuelles, l’exécutif provincial de Kinshasa alloue, pour le fonctionnement mensuel des institutions dépendantes, environ 587 000 USD à l’Assemblée provinciale, 685.000 USD au gouvernement provincial, 261.000 USD comme rétrocession aux communes et un million de dollars américains à l’Office des Voiries et Drainage (OVD) pour l’assainissement de la ville.
D’après les mêmes sources, la somme restante (environ 2,5 millions dollars) est affectée dans le « Fonds secret de recherche » mis à la disposition du gouverneur.
Dans presque toutes les banques, renseignent des sources proches de l’exécutif provincial, la ville de Kinshasa dispose de 173 comptes reconnus. Elle dispose également d’au moins 80 autres comptes non reconnus, appelés « comptes spéciaux » qui ne sont pas accessibles aux comptables de la ville, ajoutent les mêmes sources.
Ce tableau expliquerait les difficultés financières auxquelles fait face la ville de Kinshasa pour financer des institutions comme l’assemblée provinciale dont les députés ne siègent plus depuis le 30 septembre dernier parce qu’ils sont impayés depuis trois mois.
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