
Société
En RDC, les réactions d'indignation se multiplient après la diffusion par les autorités de Kinshasa d'une vidéo montrant l'exécution de deux experts de l'ONU par des miliciens présumés au Kasaï. Après les Nations unies, la France déplore la publicité faite par les autorités congolaises à une vidéo montrant leur assassinat, alors même que des enquêtes sont toujours en cours.
A Kinshasa aussi, la diffusion de cette vidéo fait polémique et des doutes sur la véracité de la version présentée par le gouvernement émergent.
Dès lundi, les Nations unies s'étaient dit choquées de la décision des autorités congolaises de montrer la vidéo de l'assassinat des deux experts onusiens à la presse. Rendre public un élément de preuve pourrait gêner l'enquête, avait alors estimé le porte-parole de l'ONU, Stéphane Dujarric.
Même son de cloche mercredi 26 avril à Kinshasa du côté de la Mission de l'ONU en RDC, la Monusco. « Nous ne pensons pas que cette vidéo devrait être diffusée publiquement, affirme Charles Bambara, le directeur de l’information publique de la Monusco. Il constitue effectivement une évidence dans les séances d’enquête criminelle. Et cela aussi pourrait, dans une certaine mesure, traumatiser les familles ».
Des doutes sur l'identité des meurtriers
Traumatisante, en violation du secret de l'instruction, l'Association africaine de défense des droits de l'homme (Asadho) à Kinshasa pointe aussi le risque de se baser sur cette vidéo pour accuser les miliciens Kamuena Nsapu d'avoir assassiné les deux experts comme l'on fait les autorités.
« On se base sur le fait que les gens qu’on a vus tout autour des experts portaient un ruban rouge autour de la tête. Ce ruban, on peut le faire porter à n’importe qui, explique Jean-Claude Katende, le président de l'Asadho. La justice indépendante ne pourrait pas tenir compte de ce simple élément distinctif pour arriver à la conclusion selon laquelle ce sont les miliciens de Kamuena Nsapu qui ont assassiné les deux experts ».
D'autres milices portent en effet des bandeaux rouges. L'Asadho demande donc l'ouverture d'une enquête véritablement indépendante. Elle n'est pas la seule, d’autres interrogations émergent : pourquoi le lingala et le français sont-ils utilisés dans cette vidéo alors que la langue des miliciens Kamuena Nsapu est le tshiluba ? Enfin pourquoi tuer deux personnes qui viennent justement enquêter sur les exactions dont les Kamuena Nsapu sont victimes ? Et pourquoi prendre le temps de filmer cet assassinat sans jamais le revendiquer ? Autant de questions auxquelles l’enquête en cours devra répondre.
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