
Afrique
Le président sud-africain Jacob Zuma a du quitter précipitamment lundi un rassemblement du 1er mai après avoir été hué par la foule, alors qu'il devait prendre la parole.
Le président se préparait à prononcer un discours à Bloemfontein, dans le centre du pays, organisé par la puissante centrale syndicale Cosatu, lorsque des manifestants ont entonné des chants anti-Zuma et demandé sa démission.
Les organisateurs ont immédiatement mis fin au rassemblement dans un parc de la ville et aucun autre orateur n'a été autorisé à prendre la parole devant les milliers de participants.

Le président Jacob Zuma, à gauche, lors d'un rallye à Bloemfontein, en Afrique du Sud, le 1er mai 2017.
Des images de télévision ont montré le président Zuma, quittant précipitamment les lieux dans un convoi de véhicules fortement sécurisé.
Des heurts se sont produits entre des participants qui réclamaient la démission de M. Zuma et des sympathisants du président sud-africain, selon des médias locaux.
Le président participait au rassemblement aux côtés du président de la Cosatu, Sidumo Dlamini et du secrétaire général du parti communiste sud-africain Blade Nzimande.
Les appels au calme des organisateurs ont été ignorés.
"Il est triste qu'après un défilé réussi qui a compté avec la participation de nombreux travailleurs, des désordres empêchent le déroulement du programme", a déclaré Dlamini sur le site News 24.

Un ouvrier participe au 1er mai devant le bâtiment du Stock Exchange de Johannesburg, le 1er mai 2017.
La Cosatu, un partenaire de coalition clé de l'ANC - Congrès national africain a appelé le mois dernier à la démission de Zuma après un remaniement ministériel très impopulaire.
Le remaniement de cabinet a mis à jour de profondes divisions au sein de l'ANC et des responsables du principal parti d'opposition de l'Alliance Démocratique (DA) espèrent recruter suffisamment de soutien de députés du parti au pouvoir pour déstabiliser le président.
Accusé de piller les deniers publics, le chef de l'Etat est confronté depuis des mois à la grogne croissante de la population.
Le président Jacob Juma est de plus en plus "isolé" au sein de son parti, estime le professeur André Thomashausen de l’Institut du droit international et comparatif de l'Université d’Afrique du Sud, à Pretoria. "Il y a encore des clans, des cercles qui l'appuient parce qu'ils s'intègrent avec lui dans des intérêts économiques, des intérêts d'affaires", a expliqué le professeur Thomashausen.
Pour ce qui est du duel, à l'intérieur de l'ANC, entre le vice-président Cyril Ramaphosa et Mme Nkosazana Dlamini Zuma pour succéder au président Zuma, le professeur Thomashausen est catégorique : "Il n'y aura pas de majorité, ni pour l'un, ni pour l'autre".
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Des ouvriers marchent pour le 1er mai devant le bâtiment du Stock Exchange de Johannesburg, le 1er mai 2017.