
Politique
La République démocratique du Congo vit un tournant historique au sein de sa Chambre basse. Ce jeudi 25 septembre 2025 restera gravé dans les annales. Vital Kamerhe a laissé définitivement le perchoir à son premier vice-président, Jean-Claude Tshilumbayi, lors d’une cérémonie solennelle de remise-reprise, dense en symboles et en émotions contenues. Après des semaines de tensions, de pétitions et de luttes d’influence, l’ancien président de l’Assemblée nationale quitte son fauteuil, marquant la fin d’une ère et l’ouverture d’un nouveau chapitre pour la Chambre basse du Parlement.
Depuis plusieurs semaines, Vital Kamerhe faisait face à un front parlementaire hostile. Les députés, tant au sein de l’UDPS que des autres forces de l’Union sacrée, ne lui accordaient plus leur confiance. Accusé de mauvaise gestion et confronté à des pétitions ciblant certains membres du bureau, Kamerhe a compris qu’il était devenu indésirable. Les tentatives de mobilisation de ses cadres de l’UNC ont échoué : « le mot d’ordre de sa chute avait été donné et rien ne pouvait désormais enrayer le processus ».
À la veille de sa démission, Kamerhe avait même dépêché ses généraux pour négocier avec le secrétaire général de l’UDPS, Augustin Kabuya, mais le signal était déjà clair, l’ancien président de l’Assemblée nationale devait céder. Face à cette tempête politique, il choisit la dignité plutôt que l’humiliation.
La cérémonie de remise-reprise : un adieu digne et mesuré
La cérémonie de passation, qui s’est tenue jeudi, a été riche en symboles. Vital Kamerhe a ouvert son allocution en rappelant la primauté des institutions sur les individus. « Les affaires d’État continuent, les élus passent, les institutions restent ».
Refusant de montrer ses larmes, Kamerhe a incarné une force tranquille, digne et courageuse. Cependant, derrière ce masque de sérénité, l’analyste averti perçoit un homme trahi par ses alliés et blessé par le silence de Félix Tshisekedi. Dans ses mots, on a lu la résilience : « Bonne chance pour les plénières qui vont consacrer ma succession ici. Je suis parti avec beaucoup de souvenirs… Ce n’est pas la première fois que je pars ». Pour l’heure, Kamerhe promet de maintenir son amitié envers Félix Tshisekedi et affirme avoir pardonné, laissant entendre que la rancune ne guidera pas ses pas immédiats.
Jean-Claude Tshilumbayi, prenant le relais, a souligné la continuité et l’importance du travail collectif. « Nous allons travailler pour la République, dans le respect du règlement et pour le bien de nos citoyens », a-t-il déclaré, conscient que l’Assemblée reste marquée par les tensions récentes. La cérémonie a été suivie par plusieurs cadres, dont le secrétaire général. Jean Nguvulu Khoji et la questure Chimène Polipoli, témoignant d’un respect institutionnel malgré la turbulence du moment.
Une plénière décisive, mission cruciale
Avec Kamerhe désormais redevenu député simple, l’attention se tourne vers la plénière prévue ce vendredi 26 septembre 2025. Les députés examineront les pétitions visant plusieurs membres du bureau, notamment le rapporteur Jacques Djoli, la questure Chimène Polipoli Lunda et la questure adjointe Grâce Nsema Paniny. La séance pourrait aboutir à des votes décisifs et potentiellement à de nouvelles destitutions.
Cette plénière dépasse la simple formalité : elle doit réaffirmer la légitimité des institutions, trancher les conflits internes et stabiliser le bureau avant l’élection d’un président définitif. Chaque député sera scruté dans ses décisions, chaque argument pesé dans une atmosphère lourde de conséquences. Selon le député Célestin Engelemba, « tout dépendra des éléments justificatifs présentés à la commission ».
La bataille Tshilumbayi et Mboso
La démission de Kamerhe ne met pas fin aux batailles internes. Jean-Claude Tshilumbayi, désormais à l’intérim, se retrouve au cœur d’une lutte politique redoutable avec Christophe Mboso, le 2e vice-président de la Chambre basse, réputé pour sa docilité envers le président Tshisekedi. Mboso nourrit l’ambition de reconquérir le perchoir, et le duel s’annonce donc implacable et stratégique, chaque camp exploitant alliances et règlements pour asseoir son autorité.
L’avenir du bureau de l’Assemblée nationale semble suspendu à ce combat de haute intensité, où loyautés, ambitions et calculs politiques s’entrelacent. Si la tension paraît diminuer avec le départ de Kamerhe, la guerre pour le contrôle du perchoir demeure féroce et sans concession.
La fin d’une ère et le début d’une bataille
Le départ de Vital Kamerhe clôt une page au perchoir et ouvre un chapitre de recomposition politique. La cérémonie de remise-reprise a montré que, malgré les blessures et les trahisons, la République continue. Kamerhe, redevenu député simple, conserve une stature respectée, mais son rôle stratégique dans les décisions de l’Assemblée nationale est désormais limité.
L’œil de l’opinion publique est désormais tourné vers Tshilumbayi et Mboso, dont le duel pour le perchoir promet d’être l’un des épisodes les plus scrutés et décisifs de l’histoire récente de l’Assemblée nationale. La République observe, attentive, les prochains mouvements dans un théâtre parlementaire où chaque geste, chaque vote, peut redessiner l’équilibre du pouvoir.
Le code à 7 caractères (précédé de « @ ») à côté du Nom est le Code MediaCongo de l’utilisateur. Par exemple « Jeanne243 @AB25CDF ». Ce code est unique à chaque utilisateur. Il permet de différencier les utilisateurs.
Les plus commentés
Politique Félix Tshisekedi aux chefs coutumiers du Kwilu: "Les américains vont nous aider à construire une Armée pour protéger notre pays et viendront avec leur argent pour investir"
30.03.2026, 11 commentairesPolitique Les 117 « péchés » de la Constitution dévoilés par Dieudonné Nkishi
31.03.2026, 9 commentairesAfrique Qualification de la RDC au Mondial : les réactions du Rwanda divisent
01.04.2026, 9 commentairesOnt commenté cet article
Ils nous font confiance
Jean-Claude Tshilumbayi et Christophe Mboso lors de la cérémonie de remise et reprise, ce jeudi 25 septembre 2025 @Photo Droits tiers.