
Politique
La ville stratégique d’Uvira, au Sud-Kivu, se retrouve à nouveau au centre de l’attention internationale, suite à l’annonce pour la seconde fois, de retrait de l’Alliance Fleuve Congo / Mouvement du 23 mars (AFC-M23) de cette agglomération. Dans une correspondance officielle adressée le jeudi 15 janvier 2026 au secrétaire général des Nations unies, António Guterres, le M23 affirme placer Uvira « sous la responsabilité pleine et entière de la communauté internationale ». Le document, signé par Corneille Nangaa Yobeulo, précise que ce geste fait suite à une première décision de retrait prise le 15 décembre 2025.
Le texte de l’AFC-M23 souligne que cette décision s’inscrit dans une volonté affichée de lever toute ambiguïté sur sa « bonne foi », son attachement au cessez-le-feu en vigueur et son engagement pour une solution politique à la crise. L’organisation indique également qu’elle désengage désormais son unité d’observation et de monitoring et « décline ainsi toute responsabilité quant à la sécurisation » de la ville. La protection des populations civiles et le maintien de la paix, précise-t-elle, relèvent désormais de la communauté internationale.
L’AFC-M23 attire l’attention sur ce qu’elle présente comme des menaces pesant sur Uvira et pointe du doigt l’armée burundaise, les FDLR, les groupes Wazalendo et des mercenaires soutenant l’armée congolaise.
Selon la rébellion, ces acteurs ne font partie d’aucun processus de paix et constituent un danger direct pour les civils et pour la stabilité régionale. Le mouvement appelle ainsi au « déploiement rapide d’une force véritablement neutre » afin de prévenir un retour au « chaos, à la désolation et à la violence ».
Si la lettre, par sa forme et sa précision, pourrait être interprétée comme un geste de transparence et de responsabilité, l’histoire récente incite à une prudence absolue. Déjà en décembre 2025, l’AFC-M23 avait annoncé un retrait similaire de la ville d’Uvira. La réalité sur le terrain avait contredit cette déclaration, puisque les forces rebelles étaient restées présentes, maintenant un contrôle effectif dans la ville et de ses abords. Cette première annonce restée lettre morte doit servir de mise en garde quant à la fiabilité des communications de cette organisation, largement soutenue et encadrée par le Rwanda.
Dans ce contexte estime un analyste, le gouvernement congolais et la communauté internationale se trouvent confrontés à un défi majeur : la sécurisation d’Uvira et la protection des populations ne peuvent reposer sur des déclarations non vérifiées. La vigilance s’impose pour distinguer les intentions réelles de l’AFC-M23, dans un environnement où les manœuvres diplomatiques et militaires se superposent.
Pour certains observateurs, l’AFC-M23, par ce second retrait proclamé, tente de transférer la responsabilité sécuritaire à l’ONU tout en continuant de contrôler indirectement la région par l’influence de ses alliés extérieurs. Les autorités congolaises doivent rester en alerte face à toute tentative de manipulation et veiller à ce que la souveraineté nationale et la sécurité des populations soient pleinement respectées.
Uvira demeure une ville stratégique, pivot du Sud-Kivu, et sa sécurisation relève d’enjeux à la fois nationaux et régionaux. L’annonce de l’AFC-M23, aussi solennelle soit-elle sur le papier, ne saurait masquer la réalité du terrain et les risques permanents pesant sur les civils. La communauté internationale, et tout particulièrement la Monusco, se doivent de corroborer ces déclarations par des actions concrètes et mesurables, pour éviter que la ville ne replonge dans un cycle de violences et de chaos.
De son côté, la société civile congolaise soutient qu’Uvira est, et doit rester, sous le regard attentif et actif de l’État congolais et de ses partenaires internationaux, et non sous les promesses répétitives d’un mouvement rebelle dont la parole s’est déjà révélée peu fiable.
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Corneille Nangaa, coordonnateur de l’AFC-M23 et son adjoint Bertrand Bisimwa @Photo Droits tiers.