
Société
Les passerelles métalliques érigées sur le boulevard Lumumba, artère principale qui traverse la commune de Limete, constituent des passages obligés pour bon nombre de piétons depuis leur érection par l’entreprise turque Zenit Groupe. Objets de curiosité, elles sont devenues, au fil du temps, des lieux touristiques pour les passants qui viennent régulièrement s’y faire photographier avec leurs proches. Aujourd’hui cependant, ces ponts modernes ne constituent plus un gage de sécurité pour ses usagers, suite aux nombreuses dégradations.
Il est midi ce mardi à Kinshasa. Un soleil de plomb surchauffe l’atmosphère dans la capitale de la République démocratique du Congo, plongée en pleine saison sèche. A cette heure de pointe où des centaines de véhicules roulent à tombeau ouvert sur le boulevard Lumumba, les piétons préfèrent emprunter la passerelle, jugée plus sûre et sécurisante, pour traverser cette vaste voie bitumée, large de 28,60 m.
Gravir cet imposant ouvrage public qui enjambe le boulevard Lumumba au niveau de trois grandes avenues de Limete (1ère rue, 7ème rue et 13ème rue) n’est toutefois pas une tâche aisée pour tout piéton. Ceux qui ne sont pas habitués à escalader ces hauteurs, aussi bien par les escaliers que par les pentes planes tapissées de velours, s’essoufflent en montant tout comme en descendant.
Si les personnes âgées ont du mal à parcourir ce ’’long’’ trajet, les plus jeunes s’y amusent et vont même jusqu’à transformer les différentes marches ou pentes en terrains de gymnastique où ils s’adonnent à d’incessants marathons.
QUAND DES VITRES DE PROTECTION CEDENT…
Sous le poids d’usagers, ce passage se détériore peu à peu. Les parquets veloutés se dénudent progressivement, tandis que les carreaux qui soutiennent les marches commencent à céder. Pire, les vitres de protection, qui bardent les balustrades aériennes au-dessus du boulevard Lumumba, ont disparu depuis quelques mois au niveau de la 7ème rue et de la 13ème rue.
"Ces vitres s’étaient brusquement détachées d’elles-mêmes de ces garde-fous aériens lors des festivités de la Noël 2016 pendant que nous procédions à nos séances habituelles de photographies avec nos clients, qui posaient à cœur joie avec leurs familles", nous explique Dany, un photographe d’une trentaine d’années, surpris en plein travail sur la passerelle de la 13ème rue.
Le même refrain est fredonné par un autre photographe au niveau de la 7ème rue qui soutient aussi qu’une vitre s’était aussi détachée d’elle-même des murettes métalliques situées au-dessus du boulevard Lumumba, au point où elle s’est lancée sur le macadam. "Heureusement que la chute de cette vitre n’a fait aucune victime", commente-t-il.
PRUDENCE RECOMMANDEE
Dès lors, les piétons sont tenus d’être prudents quand ils marchent du haut de la passerelle. Un moindre faux pas le précipiterait à travers le vide béant qui s’est créé dans ce parapet aérien. Surtout que la passerelle accueille beaucoup d’enfants qui aiment jouer en s’agrippant sur les barres métalliques pour contempler le paysage et voir passer des véhicules en dessous de leurs jambes.
Interpellés par ce danger public qui menace leurs clients potentiels, les photographes opérant sur les différentes passerelles affirment avoir fait appel aux services de Zenit Group pour qu’ils viennent vite réparer ces failles, mais leur démarche se serait avérée vaine."C’est dans ce cadre que nous nous sommes maintenant adressés au Gouvernement pour obtenir réparation, mais en vain", se plaint un photographe abordé.
DES SCOTCHS POUR COUVRIR LE VIDE
Pour réduire les dégâts qui seraient occasionnés par ces espaces béants dans les passerelles de la 7ème et de la 13ème rue, quelques personnes sont venues scotcher ces vides par des sachets légers et multicolores, ou par quelques cordes fines. Mais, cela n’éloigne pas les dangers.
Malgré cela, des familles et des couples d’amoureux continuent à venir s’y faire photographier du haut de la passerelle, tâchant d’être les plus prudents possibles."Toutefois, reconnaissent les photographes, le taux d’affluence de nos clients a baissé sensiblement. Ils sont désormais très peu nombreux les passants qui sollicitent nos photos, baissant ainsi les revenus que nous tirions à cœur joie de ce marché juteux".
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