
Société
C’est ce jeudi 8 juin 2017 qu’expire, normalement, les 48 heures accordées aux autorités de la RDC afin qu’ils fournissent des éclaircissements sur les violences au Grand Kasaï. Ces dernières, faut-il le signaler, requièrent, désormais, toute l’attention de l’ONU où de plus en plus des voix s’élèvent pour exiger carrément une enquête spéciale et internationale pour établir les responsabilités. Et, de son coté, la CPI continue de suivre la situation en silence.
Toutefois, le Gouvernement congolais, à l’annonce de l’ultimatum mardi 6 juin par Zeid Ra’ad Al Hussein, le Haut-commissaire aux droits de l’homme des Nations-Unies, n’a pas tardé de réagir. L’Exécutif central du Congo-Kinshasa, par Marie-Ange Mushobekwa, ministre des Droits humains, a dit toute sa disponibilité à accueillir des experts de l’ONU pour parfaire les enquêtes. Mais, seulement, le Gouvernement compte garder le commandement, précisait-elle le même mardi. Un autre signe, ce qu’au-delà de cette manifestation de bonne volonté, le ministre de la Justice, Alexis Thambwe Mwamba est descendu depuis hier à Kananga pour suivre le procès ouvert sur l’assassinat de Zaïdan Catalan et Michael Sharp. Ces actes du pouvoir sont-ils suffisants pour convaincre l’ONU ?
« La situation déjà dramatique dans les provinces du Kasaï, en République démocratique du Congo, continue de se détériorer. Elle s’étend aujourd’hui à d’autres provinces et par-delà la frontière avec l’Angola. Compte tenu des difficultés d’accès aux zones où sont commis les différents abus et violations des droits de l’homme, je vais envoyer une équipe dans la région dès la semaine prochaine pour rencontrer les personnes qui fuient ces attaques. A moins que je ne reçoive une réponse adéquate du gouvernement à propos d’une enquête commune d’ici le 8 juin, je vais requérir la création d’un mécanisme international d’enquête pour les Kasaï », prévenait le haut-commissaire aux droits de l’homme des Nations-Unies à Genève, en Suisse, lors de l’ouverture de la 35ème session du Conseil des droits de l’homme.
« Si l’ONU voudrait nous envoyer des experts en appui aux enquêteurs congolais pour faire la lumière au sujet de l’assassinat de Sharp et Catalan ainsi que d’autres Congolais lâchement assassinés par les miliciens de Kamwena Nsapu, ces équipes seraient les bienvenues mais le gouvernement de la RDC va garder la direction de l’enquête », disait Marie-Ange Mushobekwa dans une réaction à chaud.
Durant sa conférence hebdomadaire, la mission des Nations-Unies au Congo-Kinshasa a salué cette disposition d’esprit de la part des autorités congolaises. D’où, certains observateurs peuvent y lire un apaisement par rapport à la menace brandit d’enclencher une enquête spéciale et internationale sur les crimes commis au Grand Kasaï. Où, malgré le passage du président Kabila la semaine dernière, les heurts n’ont pas du tout cessé. Déjà près d’une quarantaine de personnes -dont un chef coutumier décapité- seraient encore tombés.
Verdict
Il faut dire qu’après la démonstration de sa bonne foi, le Gouvernement congolais reste dans l’attente du verdict de l’ONU sur cette affaire. Ainsi, dans un contexte assez corsé sur le plan des relations diplomatiques avec bien de pays occidentaux, une fois de plus, une épée de Damoclès plane sur le pouvoir de Kinshasa. Surtout que plusieurs capitales occidentales déjà chauffé au fer rouge par la persistance de la crise politique au Congo estiment que ce qui se passe au Kasaï est de trop avec notamment le tocsin lancé par le meurtre des experts de l’ONU. Ainsi, révèle RFI, la France et la Suède et les USA de Donald Trump seraient partant d’office pour une enquête spéciale. Et, le secrétaire général Antonio Guterres est déjà saisi quant à ce. Tout compte fait, le dernier mot de l’ONU sur ce dossier sera connu sous peu.
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