
Société
Au cours d’une interview accordée au journal Le Monde et à TV5 Monde en date du 22 septembre, le Président de la République, Félix Tshisekedi avait indiqué ne pas vouloir « fouiner dans le passé ». Le Président de la République répondait ainsi à la question du journaliste sur l’impunité sur les éventuels crimes économiques commis pendant le régime de Joseph Kabila. « Je ne ferai pas ce travail d’aller fouiner dans le passé », avait-il dit.
Si cette déclaration avait rassuré ses alliés de la coalition, le FCC, elle avait eu du mal à passer au sein de la Société Civile qui ne cessait de réclamer justice pour les éventuels crimes de sang et les crimes économiques de l’ère Kabila mais aussi avant lui avec des seigneurs de guerre.
Devant la diaspora congolaise réunie à Paris en France où il séjourne, le président de la République, Félix Tshisekedi a évoqué la possibilité de créer un jour un tribunal pour juger les crimes commis en RD Congo.
« Je pense que nous instaurerons un jour un tribunal pour les crimes commis au Congo. Et ce tribunal sera institué au Congo. Et, pour cela, nous avons besoin de renforcer les capacités de notre justice », a-t-il dit.
Renforcer la justice et l’Etat de droit en RDC

De nouveau interrogé ce volte-face par France 24 le mercredi 13 novembre avant son départ pour l’Allemagne - où il séjourne actuellement - le Chef de l’Etat, le président a toutefois clarifié son ambition sur ce sujet en déclarant vouloir « laisser les spécialistes la mettre en place. »
Pour lui, l’idée derrière la mise en place de ce tribunal spécial sera de renforcer la justice et l’Etat de droit en République Démocratique du Congo « de sorte que nos concitoyens sachent qu’il n’y aura plus de citoyens au-dessus de la loi et que tous ces crimes seront sanctionner au Congo - et pas ailleurs - et par les Congolais. »
Concernant les criminels de guerre encore en poste aujourd’hui, le président se déclare incompétent en raison de la séparation des pouvoir affirmant que « Ce n’est pas à moi président de la République de commencer à les rechercher ou de faire la loi à la place de la justice ? Nous laisserons à l’institution justice le soin de le faire » a-t-il confié au journaliste français.
Néanmoins, fort est de constater que la deuxième déclaration du chef de l’Etat congolais s’éloigne de celle du 22 septembre, ce qui fait penser à une certaine évolution de discours.
Il faut noter que plusieurs organisations nationales et internationales mènent des plaidoyers pour un tribunal ou des juridictions spécialisées pour les crimes commis en RDC depuis des décennies.
Le prix Nobel de la paix 2018, le docteur Denis Mukwege et plusieurs autres organisations se battent depuis des années pour que justice soit rendue aux milliers des congolais victimes des atrocités des multiples guerres qu’a connu le pays. Son plaidoyer est basé sur le rapport Mapping de l’ONU qui cite les différents crimes et leurs auteurs.
Le 25 septembre, les deux personnalités se sont rencontrées à New-York, où le président Tshisekedi était pour le sommet de l’ONU et le docteur pour la sensibilisation sur la question de réparation des victimes des viols et violences sexuelles.
Ce nouveau discours de Félix Tshisekedi vient alors donner espoir aux victimes congolaises. Elles espèrent que justice leur soit rendue un jour.
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