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Jeux dangereux : la "vie miroir", nouvelle menace à venir pour l’humanité ?

2025-03-18
18.03.2025
2025-03-18
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Près de 40 scientifiques de renom ont cosigné un article, jeudi, dans la revue Science pour mettre en garde contre la création d’une "bactérie miroir". Ils estiment que les "nouvelles formes de vie miroir" qui n’existent pas encore mais pourraient arriver d’ici une décennie, posent un risque important pour l’humanité. De quoi s’agit-il ?

Au rayon des dangers existentiels, l’humanité a déjà dû faire face aux guerres, aux pandémies, et se demande depuis peu s'il faut y ranger aussi l’intelligence artificielle. Et dans un avenir proche, il semblerait qu’elle doive également y ajouter la menace des "formes de vie miroir".

Du moins c'est ce qu'avance une quarantaine de chercheurs qui tirent la sonnette d’alarme dans un article publié par la revue scientifique de référence Science, jeudi 12 décembre.

Des scientifiques prestigieux

L’étude, intitulée "faire face aux risques de la ‘vie miroir’" veut faire prendre conscience du danger "sans précédent" que pourrait représenter l’émergence de "bactéries miroirs". Il s’agit d’une forme de vie qui n’existe pas à l’état naturel et que certains scientifiques espèrent recréer.


La mise en garde est à prendre au sérieux : parmi les auteurs se trouvent plusieurs noms prestigieux, tel que Gregory Winter, prix Nobel de chimie en 2018, ou encore Yasmine Belkaid, immunologiste, qui dirige l’Institut Pasteur depuis le 1er janvier 2024.

C’est donc un aréopage de célébrités scientifiques qui évoque un risque largement méconnu du grand public. La recherche dans le domaine des molécules et protéines "miroir" n’est pourtant pas nouvelle. Une recherche liée au fait "qu'à l’origine, les briques de base de toutes formes de vie se sont assemblées et interagissent entre elles en suivant une certaine symétrie, et personne ne sait vraiment pourquoi la vie a choisi d’évoluer comme cela", souligne Paul Freemont, spécialiste de biologie synthétique au département des maladies infectieuses de l’Imperial College de Londres.

À partir de cet état de fait naturel, il est possible de recréer "une forme miroir de ces molécules ou protéines en utilisant de la chimie. C’est un peu comme créer une main droite synthétique pour une main gauche qui existerait naturellement", précise Paul McGonigal, un chimiste qui travaille à recréer des "molécules miroirs" à l’université de York (Royaume-Uni).

Quelle est la différence entre les deux formes miroir d’une molécule ? Elles ne sont pas superposables, c’est-à-dire qu’elles ne peuvent pas s’unir naturellement entre elles. "C’est un peu comme si vous vouliez serrer la main gauche de quelqu’un avec votre main droite, ça ne fonctionne pas vraiment", note Paul McGonigal.

Une bactérie miroir inarrêtable ?

Mais ce n’est pas la création de forme miroir de molécules ou protéines qui inquiète les cosignataires de l’article dans Science. La plupart d’entre eux sont même enthousiastes à l’égard de ce procédé scientifique. "Les protéines miroirs ont des raisons d’être thérapeutiques. Elles peuvent permettre de fabriquer des médicaments plus résistants", assure Oleg Melnyk, directeur de recherche au CNRS à l’Institut Pasteur de Lille.

Elles peuvent aussi avoir des applications potentiellement rentables dans des domaines très éloignés de la médecine comme… la parfumerie. "Les molécules miroirs n’ont pas la même odeur, et peuvent être utilisées pour établir de nouvelles fragrances", note Paul McGonigal.

Ce qui donne des sueurs froides aux scientifiques signataires de l'article, c’est l’étape d’après. Ils redoutent l'arrivée d'une "forme de vie miroir". Plus précisément, ils mettent en garde contre la tentation de créer une bactérie ou un microbe miroir, qui soient formés de molécule. "Sauf si on nous apporte la preuve qu’une telle forme de vie miroir ne présente pas de dangers extraordinaires [pour toute forme de vie, NDLR] nous estimons qu’il ne faut pas créer de tels organismes", martèlent-ils dans Science.

D’où vient la menace ? "Le monde du vivant actuel ne dispose absolument pas des outils pour lutter contre ces ‘objets’ miroirs que ce soit pour les détruire ou les dégrader", affirme Oleg Melnyk. Notre système immunitaire ne pourrait pas arrêter ces assauts de bactéries miroirs. Autrement dit, une bactérie ou un microbe miroir lâché dans la nature risquerait d’avoir "des conséquences létales" pour les organismes contaminés, précise The Guardian qui s’est entretenu avec l’un des auteurs de l’article de Science.

"Initialement nous pensions que le risque était limité, mais en y regardant de plus près nous sommes dorénavant très inquiets", écrivent ces scientifiques. Une des raisons de leur optimisme initial tenait au fait qu’ils pensaient qu’une bactérie miroir ne survivrait pas longtemps dans un environnement où elle n’aurait rien à quoi s’accrocher pour aller d’un hôte à l’autre. Cependant ils ont acquis la certitude qu’un tel organisme "pourrait trouver une variété de nutriments chez des hôtes animaux et dans l'environnement, et ne serait donc pas intrinsèquement confinée biologiquement".

Pour autant, cette forme de vie n’est pas encore prête à passer de l’autre côté du miroir. "À ma connaissance c’est extrêmement compliqué à faire d’un point de vue scientifique et technologique car il ne s’agit plus d’imiter simplement une molécule ou une petite protéine, mais de combiner tous les blocs ensembles afin de créer quelque chose de vivant", explique Paul McGonigal.

Un défi technologique considérable

Les auteurs de l’article dans Science soutiennent que la première bactérie miroir pourrait apparaître d’ici dix ans. Pour eux "vu la rapidité de l’innovation technologique, des obstacles qui peuvent sembler insurmontables ne le seront peut-être bientôt plus", résume Paul Freemont qui, lui, juge le délai d’une décennie un peu court pour venir à bout de tous les défis.

Surtout pourquoi s’y atteler ? "Autant, l’intérêt des molécules miroirs a été établi, autant on comprend moins la raison de créer des bactéries miroirs. Pourtant, c’est un thème qui revient à chaque fois que j’assiste à une conférence sur le sujet", constate Oleg Melnyk.

D’un point de vue scientifique "il pourrait y avoir “un intérêt en matière de recherche fondamentale. Vu qu’on ne sait pas pourquoi la vie a opté pour une symétrie plutôt que sa forme miroir, réussir à la recréer permettrait peut-être de mieux comprendre", s’interroge Paul Freemont. "Certaines molécules miroirs thérapeutiques sont très difficiles et chères à réaliser, et avoir des bactéries miroirs pourrait faciliter le travail", estime, quant à lui, Paul McGonigal. Une de ces formes de vie serait constituée d'un grand nombre de molécules.

Et puis il y a l’hubris du scientifique qui sait que la prouesse est probablement techniquement possible. Et c’est là que les auteurs de l’article de Science veulent mettre en garde les apprentis sorciers en leur disant "que les risques associés semblent bien plus importants que les avantages à en retirer", affirme Oleg Melnyk, qui partage ce constat.

Reste à savoir pourquoi toutes ces pointures du monde de la recherche ont décidé de tirer la sonnette d’alarme alors que, de l’avis de tous les experts interrogés, le danger n’est pas imminent pour l’humanité. "Il est important de mettre la question sur le tapis. On a pu reprocher à la communauté scientifique de parfois ne pas mettre en garde assez tôt l’opinion publique par rapport à un risque émergent. Là, ils disent qu’il est urgent de débattre avant d’agir en la matière", explique Paul Freemont.

Ils espèrent aussi faire entendre raison aux argentiers de la recherche scientifique. "Les bourses de recherche peuvent être distribuées à long terme, il vaut donc mieux avertir bien en amont sur les dangers dans l’espoir que les financiers réfléchissent bien avant d’investir dans tel ou tel projet de recherche", affirme Paul McGonigal. Surtout si les travaux accouchent d’un microbe qu’aucun antibiotique connu ne pourrait arrêter.

 

Sébastian SEIBT
France 24 / MCP, via mediacongo.net
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