
Société
Kinshasa, 30 septembre 2025 — Le procès de l’ancien président congolais Joseph Kabila devant la Haute Cour militaire soulève une vague d’indignation et d’inquiétude, tant sur le plan national qu’international. Accusé de trahison, de participation à un mouvement insurrectionnel et de crimes de guerre, Kabila a été condamné à la peine de mort, une décision qui fait l’objet de vives critiques.
Une procédure entachée d’irrégularités
Dès le stade préjuridictionnel, de nombreux observateurs dénoncent la légèreté de l’instruction menée par l’Auditeur Général. Le témoin principal, pivot de l’accusation, s’est rétracté en pleine audience, admettant n’avoir eu connaissance des faits que par ouï-dire. Malgré cela, ces déclarations ont été retenues comme preuves, sans vérification rigoureuse ni recoupement.
Le contexte dans lequel la procédure a été enclenchée est tout aussi préoccupant : harcèlement de la famille Kabila, perquisitions sans mandat, mesures sécuritaires restrictives ayant conduit à son exil. Ces éléments laissent entrevoir une volonté d’acharnement plus qu’une quête de vérité judiciaire.
Le statut de sénateur à vie ignoré
Autre point de friction : la levée des immunités parlementaires de Joseph Kabila. En tant que sénateur à vie, il bénéficie d’un statut constitutionnel qui exige une procédure spécifique pour toute poursuite judiciaire. Or, cette étape semble avoir été escamotée, suscitant l’indignation de plusieurs juristes et de l’Association Africaine de Défense des Droits de l’Homme (ASADHO), qui évoquent une violation flagrante de la Constitution.
Une partie civile omniprésente
Le rôle de la partie civile dans ce procès militaire a également surpris. Celle-ci a demandé la réouverture des débats après la prise en délibéré, une démarche inhabituelle dans une procédure pénale. Elle a en outre réclamé plus de 21 milliards de dollars de dommages-intérêts, une somme jugée disproportionnée et non fondée sur des critères juridiques clairs.
Une onde de choc régionale
La réquisition de la peine capitale a provoqué une onde de choc au sein de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC). Plusieurs États membres, dont le Zimbabwe et l’Afrique du Sud, ont exprimé leur inquiétude face à ce qu’ils considèrent comme un précédent dangereux. Des discussions diplomatiques ont été engagées pour tenter de désamorcer la crise, notamment une médiation proposée par le président sud-africain Cyril Ramaphosa.
Silence des ONG internationales
Malgré les nombreuses irrégularités relevées, les grandes organisations internationales de défense des droits humains restent étonnamment silencieuses. Seuls quelques activistes locaux et le Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD) ont pris position publiquement.
Conclusion
Ce procès, marqué par des violations du droit à la défense, une instrumentalisation politique manifeste et un mépris des garanties constitutionnelles, pourrait faire l’objet d’un recours devant une juridiction régionale des droits de l’homme. Il pose une question fondamentale : la justice militaire peut-elle être le lieu d’un procès équitable pour un ancien chef d’État ?
Nous apprenons à l’instant que la haute cour militaire a suivi les réquisitions du ministère public en condamnant à mort, mardi 30 septembre, l’ex-chef de l’État congolais en exil pour trahison et crimes de guerre.
Le code à 7 caractères (précédé de « @ ») à côté du Nom est le Code MediaCongo de l’utilisateur. Par exemple « Jeanne243 @AB25CDF ». Ce code est unique à chaque utilisateur. Il permet de différencier les utilisateurs.
Les plus commentés
Politique Les 117 « péchés » de la Constitution dévoilés par Dieudonné Nkishi
31.03.2026, 9 commentairesAfrique Qualification de la RDC au Mondial : les réactions du Rwanda divisent
01.04.2026, 9 commentairesSport Qualification de la RDC au Mondial 2026 : « C’est Félix Tshisekedi qui l’a fait », Didier Budimbu
01.04.2026, 6 commentairesOnt commenté cet article
Ils nous font confiance