
Société
En RDC, les massacres au Kasaï ne donneront pas lieu à une commission d'enquête internationale. Les 47 Etats membres du Conseil des droits de l'homme de l'ONU sont parvenus à un compromis et Kinshasa va bénéficier d'une assistance technique.
Durant les deux jours de discussions au cours du Conseil des droits de l'homme à Genève, deux visions se sont opposées : d'un côté, les pays européens voulaient la création d'une mission d'enquête internationale, de l’autre, le groupe des pays africains qui s'y opposait.
Après le retrait jeudi 22 juin du projet de résolution des pays européens demandant une enquête internationale sur les violences au Kasaï, le ministre congolais de la Communication, Lambert Mende estime que « la voix de la sagesse a prévalu ».
« Je pense que la voix de la sagesse a prévalu et nous en sommes satisfaits », s’est-il réjoui.
Pas d'enquête internationale sur les massacres du Kasaï

Avec ce consensus, le Haut-Commissariat aux droits de l'homme espère obtenir l'approbation de la RDC sur l'envoi de ces experts.
D’après une résolution prise par le Conseil des droits de l’homme à Genève, l'ONU ne lancera pas une mission d'enquête internationale sur les violences au Kasaï.
Le projet de résolution, qui serait voté ce vendredi, prévoirait notamment « l’envoi d’une équipe d’experts, incluant des experts de la région, […] pour l’établissement de faits et de circonstances au sujet des allégations d’abus et de violations des droits de l’homme et des lois internationales dans les provinces des Kasaï, en accord avec les pratiques et les standards internationaux et en assurant la protection de toutes les personnes coopérant avec l’équipe, mais aussi en coopération avec le gouvernement de la RDC, ce qui inclue la facilitation des visites et des accès au pays, aux sites et aux personnes concernées ». Par la suite, les experts « devront remettre leurs conclusions aux autorités judiciaires congolaises », et « le Haut Commissaire aux droits de l’homme devra présenter un rapport » dans un an au 38e Conseil des droits de l’Homme.
Satisfecit de la RDC

« Nous ne nous attendions pas à autre chose qu’au retrait de ce projet sur la création d’une mission d’enquête internationale en RDC », réagit quant à lui Lambert Mende.
« On a perdu du temps », a regretté M. Mende qui s’indigne à propos de ceux « qui veulent toujours taper sur les Congolais ». « Certains pays qui voulaient remettre la RDC sous tutelle d’autres États ont été minoritaires alors que nous sommes un pays souverain. Nous sommes donc satisfaits d’avoir été également soutenu par la majorité des pays membres du conseil des Droits de l’Homme. », a declaré le porte-parole du gouvernement congolais.
« Ils ont voulu croire qu’à Genève ils allaient avoir une autre solution », a-t-il déploré, se satisfaisant du fait que la justice congolaise allait poursuivre les enquêtes.
« Nous en sommes déjà à la phase juridictionnelle. S’ils [les experts] veulent, nous les attendons pour se joindre au travail que les magistrats sont en train de faire », a lancé le porte-parole du gouvernement congolais.
La question sur les violences au Kasaï a fait l’objet des débats au Conseil des droits de l'homme à Genève depuis lundi. A l’ouverture de la session, le haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme avait accusé les autorités de la RDC d'armer une milice dénommée « Bana Mura », pour mener des attaques « contre les civils des communautés Luba et Lulua dans le Kasaï ».
Selon l’église catholique, l’une des structures les mieux implantées dans le Congo profond, les violences aux Kasaï ont fait plus de 3 800 victimes civiles depuis le mois d’août 2016.
Compromis « mou » ou « qui sauve l'essentiel » ?

Au final, c'est bien un compromis qui a été adopté. Un compromis « mou » ou un compromis « qui sauve l'essentiel », selon l’interlocuteur. Mou pour certains, car cette résolution se contente d'appeler le gouvernement congolais à continuer d'enquêter, avec l'ONU, sur les violations des droits de l'homme commises dans les Kasaï. Elle appelle aussi Kinshasa à donner l'accès à l'ONU à la région des Kasaï pour que les employés de la mission de l'ONU au Congo, mais aussi le Haut-Commissariat aux droits de l'homme puissent y travailler sans entraves.
Un simple appel donc à la coopération alors que les entraves à l'ONU ont été nombreuses ces derniers mois et l'accès au Kasaï et aux 42 fosses communes découvertes quasiment impossible. Mais cette résolution demande aussi l'envoi d'une équipe d’experts internationaux. Des experts nommés par le Haut-Commissaire aux droits de l'homme de l'ONU et qui auront pour mission de déterminer les faits et les circonstances dans lesquelles ces violations des droits de l'homme ont eu lieu.
Ils devront aussi identifier les auteurs et les commanditaires de ces violences, sachant qu'on parle de plus de 3 000 civils tués depuis août dernier. Les experts devront rendre un rapport en septembre aux Etats membres.
Avec ce consensus, soutenu par les pays africains, le Haut-Commissariat aux droits de l'homme espère obtenir l'approbation de la RDC sur l'envoi de ces experts.
Mais aussi la levée des entraves quasi quotidiennes qui l'empêchent de mener aujourd'hui des enquêtes approfondies au Congo. Un pays avec la plus grande opération de maintien de la paix au monde. Désormais, cette résolution doit encore être formellement adoptée ce vendredi lors d’un vote.
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