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Lait infantile contaminé: le feuilleton à rebondissements « Picot » inquiète à Kinshasa

Lait infantile contaminé: le feuilleton à rebondissements « Picot » inquiète à Kinshasa 2018-01-12
Santé
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Le groupe LNS, qui produit le lait Picot, a été contraint de retirer et de rappeler du marché au moins douze références de laits infantiles produits mais en RDC rien n'est encore décidé à ce stade...

Le 2 décembre 2017 déjà, un nombre inhabituel de souches de Salmonella Agona (vingt cas précisément) est identifié par le Centre national de référence chez des jeunes enfants âgés de moins de six mois. Leur point commun : la consommation de produits de nutrition infantile issus des chaînes de production du groupe Lactalis Nutrition Santé (LNS). Si plusieurs pays en Afrique ont pris des mesures draconiennes pour interdire les produits de ce groupe, en RDC rien n'est encore décidé à ce stade.

Le groupe LNS a été contraint de retirer et de rappeler du marché au moins douze références de laits infantiles produits sur le site de Craon, en France, soupçonné d’être responsable de la vaste contamination.

A kinshasa, l'inquiétude est grandissante auprès des familles habituées à intégrer Picot dans l’alimentation de leurs nourrissons. « Ma belle sœur qui habite à Brazzaville m’a demandé de retirer toute la gamme Picot de l’alimentation de mon fils de moins de trois mois », nous explique une mère de famille, jointe depuis l’un des quartiers périphériques de la ville de Kinshasa.

Juste en face de chez elle, une autre femme avec un enfant à bas âge nous raconte avoir arrêté d’utiliser le Picot après une intense diarrhée. « On a parlé des produits Picot fabriqués en 2017, avec un carton bleu. Généralement, ici à la cité, nous consommons des produits Picot plus vieux. Mais je ne comprends pas », a-t-elle martelé.

Confrontés à cette situation, certains pays africains ont pris des mesures fortes. La Côte d’Ivoire, à travers le ministère de la Santé et de l’hygiène publique, a interdit trois produits : le lait Picot SL sans lactose premier âge 350 g (date de péremption comprise entre le 15 février et le 29 septembre 2019), le lait Pepti junior sans lactose premier âge 460 g (date de péremption comprise entre le 14 septembre et le 1er février) et le lait Milumel bio 1er âge 900 g sans huile (date de péremption comprise entre le 3 avril et le 13 octobre 2018).

Toujours au courant du mois de décembre, le ministre de l’Économie de la République du Gabon a interdit la vente et l’importation de tous les produits de nutrition infantile de marque Picot après des investigations menées sur le terrain. Tous ces pays africains ont pris des mesures préventives après la décision du gouvernement français lui-même de suspendre la commercialisation et les exportations de plusieurs références de produits de nutrition infantile fabriqués en 2017 sur le site de Craon par le Groupe LNS.

Les marques appartenant au groupe de Lactalis. (© Baptiste Boyer/FranceInfo)

En France, le gouvernement est allé plus loin en ordonnant le rappel des produits concernés, en raison d’un risque de contamination. Pour la petite histoire, la décision de suspension a été prise par « souci sanitaire ».

Dans un communiqué, le ministre français de l’Économie et des finances, Bruno Lemaire, a confirmé l’identification d’abord de vingt cas de salmonellose et le lien établi avec la consommation de produits de nutrition issus des chaînes de production du groupe LNS.

Au départ, le groupe a retiré et rappelé douze références de laits infantiles provenant du site incriminé. Des investigations menées plus tard sur l’effectivité des engagements du groupe ont abouti à la détection de cinq nouveaux cas de salmonellose chez des nourrissons dont l’infection par la même souche de salmonelle a été confirmée.

La crainte reposait surtout sur la présence d’un produit dont la référence ne figurait pas sur la liste des références rappelées le 2 décembre. Par conséquent, le gouvernement français a ordonné purement et simplement la suspension de la commercialisation et des exportations, ainsi que le rappel de plusieurs références de produits de nutrition infantile fabriqués le 15 février sur le site LNS de Craon. Pour plus d’informations, un site du ministère des Solidarités et santé est disponible : www.solidarites-santé.gouv.fr.

Les parents appelés à utiliser des laits de substitution

À Kinshasa, beaucoup de familles n’ont certainement pas suivi les déboires de la marque. Selon Le journal français Le Figaro, les traces de salmonelles ont été détectées depuis le mois d’août 2017 à l’usine de Craon.

Le retrait des produits n’a débuté que six mois plus tard après des cas de contamination. Le groupe Laval est toujours en train d’assainir son usine, et le prestigieux journal français parle des mises en congé technique. Picot reste une marque très populaire à Kinshasa et ses environs au point où les consommateurs en viennent parfois à confondre la marque et le produit. Picot est administré aux nourrissons de plus en plus tôt, à peine un mois.

Comme le soutiennent les experts, en cas d’apparition de symptômes de toxi-infection, il est important de se rapprocher rapidement des structures de santé pour l’administration d’une solution de réhydratation en raison des selles liquides nombreuses.

La prudence voudrait que les parents utilisent des laits de substitution pour préparer un biberon. La seule bonne note est l’absence de cas de décès d’enfants de bas-âge après la consommation d’un produit infecté, du moins à ce jour.

Laurent Essolomwa
Adiac-Congo / MCN, via mediacongo
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4 commentaire(s)
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zemira - 12.01.2018 14:40

Avec un seul œil, donc borgne, l'OCC ne voit pas ce qui passe du côté de l’œil foutu ! Des médiocres partout et à tous les niveaux.

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Congolais débouts - 12.01.2018 12:30

Mediocrité! Ou est l'OCC? Pays ingerable

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Salima - 12.01.2018 12:19

MÉDIOCRITÉ PARTOUT

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Anonyme - 12.01.2018 12:15

OCC quel ton travail: la médiocrité dans tous les services

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