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Infos congo - Actualités Congo - Premier-BET - 02 mai 2024
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Société

Marche des catholiques : les manifestants anti-Kabila tenaces mais plus prudents

2018-02-26
26.02.2018
2018-02-26
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Dimanche 25 février, les catholiques de RD-Congo manifestaient pour la troisième fois, sous haute tension, pour demander une alternance politique à la tête du pays.

Au moins un mort et plusieurs blessés sont à déplorer parmi les manifestants, durement réprimés par les forces de l’ordre. Les organisateurs promettent de poursuivre le mouvement.

« C’était extrêmement violent. Les forces de l’ordre nous ont bloqués à la sortie de la paroisse. Elles sont entrées et ont jeté des bombes lacrymogènes dans l’église. Il y a un mort et des blessés graves ». Avec deux de ses confrères, le père Jean-Claude Tabu s’est réfugié à la sacristie. Au téléphone, il doit forcer sa voix pour couvrir le bruit des balles qui crépitent non loin de là.

Curé de la paroisse Saint-Benoît de Lemba, au nord de la capitale Kinshasa, il participait, quelques minutes auparavant, à l’une des marches qui ont eu lieu dimanche 25 février dans plusieurs villes de la République démocratique du Congo, pour réclamer une alternance politique à la tête du pays.

Tirs à balles réelles contre la foule à Kisangani

La police réprime la marche du CLC à Kisangani et place en garde à vue trois prêtres (RO, @Twitter)

C’est la troisième fois que les catholiques de RD-Congo manifestaient, à l’appel du Comité laïc de coordination (CLC), un collectif de laïcs du diocèse de Kinshasa. Ils demandent que le président Joseph Kabila, dont le mandat s’est achevé fin 2016, dise clairement qu’il ne se présentera pas à l’élection présidentielle prévue le 23 décembre 2018.

Les deux premières journées de mobilisation, le 31 décembre et le 21 janvier, avaient été violemment réprimées par les forces de l’ordre, faisant une quinzaine de morts. Dimanche encore, les manifestants ont été traités sans ménagement, les défilés ayant été, comme les fois précédentes, frappés d’interdiction.

« Les policiers cherchaient à capturer un prêtre. C’est pourquoi les fidèles nous ont demandé de nous retirer à la sacristie », témoigne le père Pierre Mavasala, réfugié avec le père Tabu. Malgré l’objectif « zéro mort » affiché par la police de Kinshasa, une victime est à déplorer, ainsi que plusieurs blessés graves. À Kisangani (nord-est), la foule a été dispersée par des tirs à balles réelles, faisant plusieurs blessés.

Les paroisses encerclées par la police

La plupart des paroisses de la capitale ont été encerclées, au petit matin, par la police qui a empêché une grande partie des catholiques d’aller à la messe. Ceux qui ont réussi à entrer dans les églises n’ont pas pu sortir pour marcher. « Plusieurs concessions paroissiales étant bloquées par les forces de l’ordre. Il ne nous restait plus que la possibilité de faire des marches à l’intérieur des paroisses et de lire ensuite le message du CLC », confirme Isidore Ndaywel, membre du CLC.

C’est le scénario qui s’est notamment déroulé à la cathédrale Notre-Dame-du-Congo, provoquant des échauffourées entre policiers et paroissiens mécontents. Ceux qui ont pu entrer dans l’enceinte de la cathédrale ont marché de l’église à la grotte mariale.

À la paroisse universitaire Notre-Dame-de-la-Sagesse de Kinshasa, le curé, le père François Luyeye, a opté lui aussi pour une marche à l’intérieur de la paroisse, dans un souci de prudence. « Après la messe, nous avons fait le tour de la place de l’Université, lu le message du CLC et demandé à tout le monde de rentrer. Il y avait de nombreux casseurs qui attendaient qu’on sorte pour s’introduire dans la marche ».

Plusieurs autres paroisses de la région avaient fait le même choix pour limiter les débordements, craignant que des « infiltrés » dans les cortèges ne fassent dégénérer les marches.

Des messes célébrées en présence des soldats de la Monusco

Manifestants sous la protection de la Monusco lors de la marche du 21 janvier dernier.

De nombreux regards étaient fixés sur la paroisse Saint-François-de-Sales de Kintambo, dont la messe a connu dimanche une extraordinaire affluence. Lors de la précédente marche, dans cette paroisse, Thérèse Kapangala, une aspirante à la vie religieuse, avait été tuée, provoquant une vive émotion dans le pays.

La messe y a été célébrée en présence de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en RD-Congo (Monusco). Là aussi, préférant éviter des débordements, les paroissiens ont été renvoyés chez eux après lecture du message du CLC, un message résolument combatif.

Cette troisième journée de marches inquiétait particulièrement les observateurs. Quelques jours plus tôt, les Jeunes leaders, membres du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), le parti du président Joseph Kabila, avaient annoncé qu’ils marcheraient parmi les catholiques.

Tentatives d’infiltration de jeunes proches du pouvoir

Selon les rumeurs, des partisans du président s’étaient également procuré des pagnes et tee-shirts catholiques, uniformes de la plupart des marcheurs. Le CLC craignait donc des infiltrations et avait dû imaginer des stratégies de contournement, notamment en créant des « brigades de sécurité » chargées d’identifier les casseurs. L’inquiétude a atteint son comble samedi 24 février, quand la jeunesse du PPRD a envahi la cathédrale Notre-Dame du Congo, provoquant la colère de l’église qui a dénoncé une « provocation ».

Selon plusieurs témoignages, des centaines de jeunes ont été recrutés et se seraient même vu promettre de l’argent pour troubler les marches en s’infiltrant dans toutes les paroisses. De nombreuses vidéos ont circulé sur les réseaux sociaux. Sur l’une d’entre elles, on voit Papy Pungu, le chef des jeunes du PPRD, haranguer ses troupes en lingala, la langue locale : « N’ayez pas peur de la soutane, leur disait-il. Si vous voyez un prêtre, tabassez-le. Et si vous mourez, vous irez directement au paradis ! »

« Nous continuerons à affronter le pire pour l’avenir de nos enfants »

Un curé faisant l'objet d'une arrestation par la police à N'djili lors de la marche de ce dimanche 25 février.

L’église n’a pas tardé à réagir à cette vidéo. « C’est scandaleux, avait tonné le père Donatien ­Nshole, secrétaire général de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco). Nous déplorons que des personnes haut placées du parti au pouvoir se comportent comme des brigands ». « La Cenco continue de demander au peuple de rester debout pour demander l’application de l’accord de sortie de crise de la Saint-Sylvestre, a réagi le père Donatien Nshole, joint par La Croix. Le CLC a opté pour des marches mais dans les prochaines semaines, la Cenco rendra publiques d’autres actions de revendication ».

Le message du Comité laïc de coordination (CLC) lu à la fin des manifestations, hier, ne laisse guère de doute sur son intention de poursuivre le mouvement. Le texte fustige en effet un « régime irrespectueux de la Constitution […], décidé à se maintenir au pouvoir sans respect du peuple ».

Le CLC interpelle également « le Conseil de sécurité des Nations unies, l’Union africaine et l’Union européenne », auxquels il demande d’aller « au-delà de leurs condamnations de principe ». Le communiqué se conclut par ces mots : « Nous continuerons à affronter le pire pour arracher le meilleur pour l’avenir de nos enfants. »


La Croix
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Mbok'Elengi 10e rue @TSWZGT3   Message  - Publié le 26.02.2018 à 12:02
Popaul de Salongo, le gendre du Prof Kayembe, Directeur de l'Ecole de Santé Publique de l'UNIKIN est nommé Blé Goudé. Il a sacrifié sa femme il y'a une année à cause du PPRD! Il est la cible de combattants On connait ses proches parents! On va agir d'ici peu

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Mbok'Elengi 10e rue @TSWZGT3   Message  - Publié le 26.02.2018 à 09:36
Popaul de Salongo, le gendre du Prof Kayembe, Directeur de l'Ecole de Santé Publique de l'UNIKIN est nommé Blé Goudé. Il a sacrifié sa femme il y'a une année à cause du PPRD! Il est la cible de combattants On connait ses proches parents! On va agir d'ici peu

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Evangéliste Robert @E84K2UF   Message  - Publié le 26.02.2018 à 09:00
Les élus nationaux et provinciaux adoptent progressivement un comportement erratique et sombrent dans la gouvernance criminelle et l'oligophrenocratie, attendre l’issue légale de leur mandat paraît parfois insupportable, et l’interrompre pacifiquement serait une nécessité pour la sécurité nationale, internationale et de la région. Que la Communauté internationale puissent agir vite et prévenir le chaos en perspective, face à cette manque volonté politique de la part du politique congolais d'aller aux élections, bien au contraire l' Opposition et la Majorité se complaisent dans les négociations en négociations, transition en transition, les arrangements éphémères ,le partage des postes sans mandat du peuple.

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Mbok'Elengi 10e rue @TSWZGT3   Message  - Publié le 26.02.2018 à 08:59
Popaul de Salongo, le gendre du Prof Kayembe, Directeur de l'Ecole de Santé Publique de l'UNIKIN est nommé Blé Goudé. Il a sacrifié sa femme il y'a une année à cause du PPRD! Il est la cible de combattants On connait ses proches parents! On va agir d'ici peu

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Pax dey @JBD9P62   Message  - Publié le 26.02.2018 à 08:50
Menteur il ment comme le serpent ancien; Papy Pungu, le chef des jeunes du PPRD, haranguer ses troupes en lingala, la langue locale : « N’ayez pas peur de la soutane, leur disait-il. Si vous voyez un prêtre, tabassez-le. Et si vous mourez, vous irez directement au paradis ! » Non il n'y a pas d'accès au paradis pour ceux qui ont touché aux oints de Dieu tout puissant.

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