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Procès Dabira : L’accusé nie les faits qui lui sont reprochés

2018-05-15
15.05.2018
2018-05-15
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l’ancien inspecteur général des Forces armées congolaises (FAC) et de la gendarmerie nationale, Norbert Dabira

Inculpé d’atteinte à la sûreté intérieure de l’État, l’ancien inspecteur général des Forces armées congolaises (FAC) et de la gendarmerie nationale a comparu le 15 mai, devant la Cour criminelle de Brazzaville. L'audience s'est ouverte par l’enquête de moralité.

Après plus de deux heures de débats consacrés à l’immunité juridictionnelle dont jouissait le général de deuxième section Norbert Dabira, le président de la Cour d’appel de Brazzaville, Christian Oba, a fini par rejeter les exceptions de la défense. En effet, la Cour s’est appuyée sur l’article 15 de la Constitution du 25 octobre 2015 qui stipule, entre autres, que tous les citoyens sont égaux devant la loi ainsi que certaines dispositions des codes de procédure pénale et civile en ce qui concerne le crime flagrant.

De l’accusation  

Selon l’acte de l’accusation, les faits remontent à courant novembre 2017. Pendant cette période, les services de renseignements auraient intercepté une conversation téléphonique entre les officiers généraux Nianga Ngatsé-Mbouala et Norbert Dabira, portant sur le recrutement de deux tireurs d’élite ayant pour mission d’abattre le chef de l’État, en tirant sur son aéronef soit au décollage, soit en plein vol ou encore  à l’atterrissage. S'étant enquis de l’information, a poursuivi l’accusation, le ministre de l’Intérieur et de la décentralisation organisait, en date du 5 décembre 2017, à son cabinet de travail, une rencontre à laquelle les deux officiers généraux, le directeur départemental de la surveillance du territoire de Brazzaville et celui du département du Kouilou prenaient part.

« Sommairement entendus et confrontés, il se révélait qu’une conspiration tendant à l’élimination du président de la République était en cours et qu’ils en étaient les meneurs. De suite, une enquête était diligentée à la direction générale de la surveillance du territoire où ils furent entendus sur procès verbaux réguliers. Déféré au parquet de la République et inculpé par monsieur le procureur d’atteinte à la sûreté intérieure de l’État, le nommé Norbert Dabira reconnaissait sans ambages les faits mis à sa charge ».

 
« Je ne suis même pas ennemi avec le général Nianga-Mbouala »

À la barre, le général Norbert Dabira a nié les faits qui lui sont reprochés. Répondant à certaines questions du président de la Cour criminelle, l’accusé a indiqué qu’il n’a pas d’ennemis. « Je ne suis même pas ennemi avec le général Nianga-Mbouala. Je peux purger mes quarante ans de prison sans être ennemi avec quelqu’un si la Cour en décidait ainsi », a estimé Norbert Dabira, ajoutant qu’il n’était pas rancunier. « Ce qui nous emmène ici, c’est le mensonge. C’est bon de dire la vérité, lorsqu’on n’arrive pas à rendre convenablement les propos de quelqu’un, c’est difficile », a-t-il renchéri.

 
Dans cette affaire, le ministère public a comme témoin le général Nianga Ngatsé-Mbouala, ancien commandant de la Garde républicaine, qui s’est présenté dans la salle d’audience avant d’être installé dans la salle des témoins. De son côté, le général Norbert Dabira a pour témoin la veuve Tchikaya qui ne s’est pas présentée devant la Cour.

Un procès truqué d’avance ?

Les avocats de la défense ont exigé les scellés s’il y en a. 

« C’est un procès truqué d’avance. On parle d'un enregistrement intercepté par les services de renseignements, écouté devant le ministre de l’Intérieur et aujourd’hui il n’y a pas de scellés. C’est un procès monté d’avance. Nous allons le démontrer. Le général Mokoko a choisi de ne pas parler mais le général Dabira a accepté de parler, il a ses raisons, nous allons l’accompagner », a martelé Me Jean Philippe Esseau, un des quatre avocats du général accusé.

 
Le procès entrera dans sa phase décisive ce mercredi.


lesechos-congobrazza/MCN via mediacongo.net
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