
Politique
L’opposante politique Bernadette Tokwaulu émet de sérieux doutes quant à l’efficacité des accords conclus à Washington entre la République démocratique du Congo et les États-Unis, qu’elle juge incapables d’apporter une solution durable à la crise sécuritaire persistante dans l’Est du pays.
À l’instar de Martin Fayulu, elle estime que seule une démarche inclusive, à travers le dialogue national proposé par la Cenco et l’ECC, peut ouvrir la voie à une paix véritable dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Pour Bernadette Tokwaulu, le préalable à toute pacification demeure le retrait effectif des troupes rwandaises et de leurs supplétifs de l’AFC/M23 des territoires occupés dans l’Est de la RDC. « La paix commence par le départ de ces forces étrangères et rebelles », affirme-t-elle.
L’opposante insiste également sur la nécessité de disposer d’une armée nationale forte et crédible. À ce sujet, elle rappelle une déclaration du président Félix Tshisekedi, qui avait affirmé avoir hérité d’« une armée de clochards ». Elle s’en indigne : « Cette même armée avait pourtant réussi à préserver l’intégrité territoriale du pays sous le régime de Joseph Kabila. Aujourd’hui, sous l’actuel pouvoir, les Fardc ont enregistré défaite sur défaite, de la chute de Bunagana à ce jour », déplore-t-elle dans un message publié ce vendredi 2 janvier 2026.
Selon elle, ces revers militaires ont favorisé une « balkanisation de fait du Nord-Kivu et du Sud-Kivu », qu’elle attribue au président rwandais Paul Kagame, ainsi qu’au pillage systématique des ressources minières congolaises. « Ce pillage se poursuit désormais à travers les accords de Washington », soutient-elle, estimant que face à la débâcle sécuritaire, le commandant suprême des Forces armées devrait s’expliquer devant la nation.
Bernadette Tokwaulu critique par ailleurs la gouvernance civile actuelle, qu’elle qualifie de « pillage organisé du budget de l’État ». Elle pointe du doigt les rémunérations jugées excessives des dirigeants ainsi que les frais de fonctionnement élevés des institutions publiques.
Elle appelle enfin à la tenue du dialogue Cenco–ECC, qu’elle considère comme une voie essentielle pour mettre fin à la rébellion armée, favoriser le retour des exilés politiques et faire cesser ce qu’elle décrit comme un « terrorisme d’État » exercé contre l’opposition.
Pour que la RDC retrouve pleinement sa souveraineté et se dote d’une armée forte, capable d’imposer le respect de son intégrité territoriale — condition indispensable à la paix annoncée par le président américain Donald Trump —, « une seule voie s’impose : la fin de ce régime », conclut-elle.
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