
Société
Le procès des assassins présumés de deux experts des Nations unies et de leurs accompagnateurs en mars 2017 a repris lundi en République démocratique du Congo après dix mois de suspension, a-t-on appris de source judiciaire.
Treize des 26 prévenus ont comparu devant une juridiction militaire à Kananga dans la province du Kasaï central (centre de la RDC), ont indiqué les greffiers et les avocats de la défense à un correspondant de l'AFP. Parmi eux figuraient deux nouveaux prévenus, dont le chef du village Moyo Musuila où les deux jeunes experts ont été tués le 12 mars, selon ces mêmes sources. Les deux hommes sont poursuivis pour "crimes de guerre par mutilation", rapporte la radio onusienne Okapi.
"Le chef de village nie toute participation à ce crime. Il met en cause l'autre prévenu qu'il a présenté comme le chef milicien qui a installé le mouvement Kamwena Nsapu dans son village en 2017", selon la radio onusienne.
L'audience a été renvoyée à jeudi. Il s'agissait de la première audience depuis la suspension du procès fin octobre.
La région du Kasaï a basculé dans la violence en septembre 2016 un mois après la mort du chef coutumier mystico-religieux Kamwena Nsapu, tué par les forces de sécurité. Les violences des forces de sécurité et des milices Kamwena Nsapu ont fait plus de 3.000 morts d'après l'église catholique et un million de déplacés selon les Nations unies.
Les deux experts, la Suédo-chilienne Zaida Catalan, 36 ans, et l'Américain Michael Sharp, 34 ans, enquêtaient sur des fosses communes. Ils ont été tués par des miliciens Kamwena Nsapu, selon le gouvernement congolais qui affirme tout ignorer de leur déplacement.
Dans un rapport du 10 août 2017, un groupe d’experts des Nations-Unies note que les circonstances de ce double assassinat ne sont pas encore élucidées à ce jour.
Les experts onusiens disent ne pas exclure l’implication de différents acteurs (favorables ou non au gouvernement), les factions Kamwena Nsapu, d’autres groupes armés et les membres des services de sécurité de l’Etat.
« Michael Sharp et Zaida Catalan ont été exécutés par un groupe hétéroclite d’individus dont l’identité n’avait toujours pas été établie au moment de l’établissement du présent rapport », lit-on dans le document.
Pour les enquêteurs, l’assassinat de ces deux experts de l’ONU constitue une attaque contre le conseil de sécurité et une violation grave du droit international humanitaire.
En décembre 2017, une enquête de deux journalistes présents dans le Kasaï au moment des faits pour Radio France Internationale (RFI) et l'agence Reuters, indiquait que des agents de l'Etat congolais avaient participé à l'organisation de leur mission.
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Les experts de l'ONU Zaida Catalan et Michael Sharp, ainsi que leurs accompagnateurs, ont été assassinés dans le Kasaï, en mars 2017.