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Politique

Présidentielle : à qui profite l'éjection de Jean-Pierre Bemba par la Cour constitutionnelle ?

2018-09-04
04.09.2018
2018-09-04
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Pour conjurer les rumeurs de rejet qui ont escorté sa candidature à la présidentielle du 23 décembre 2018, ses partisans avaient endossé le costume de juristes pour rappeler la subtilité juridique entre « corruption » et « subornation de témoins ». Rien n'y fait.

Ce lundi 03 septembre, la Cour constitutionnelle a définitivement écarté Jean-Pierre Bemba de la course au Palais de la Nation à Kinshasa en prenant argument sur cette condamnation qui tache la veste de l'ancien vice-président. Si celui-ci s'est extirpé de la cour de promenade du pénitencier de Scheveningen, il voit ainsi ses ambitions présidentielles douchées.Toute la question est de savoir si le « Chairman » a décidé d'accepter cette décision... sans se battre !

Au moindre micro tendu, à la moindre caméra allumée, Eve Bazaiba et les membres du MLC ont voulu se jouer des subtilités du droit pour éviter à leur mentor, un rejet de candidature. La Cour constitutionnelle est restée sourde aux incantations politiques des partisans de Jean Pierre Bemba.

« Subornation de témoins », le couperet d'une guillotine judiciaire

Ce lundi 3 septembre, le quatrième recours examiné, celui de Jean-Pierre Bemba a reçu un verdict sans appel : rejeté ! L'ancien vice-président, dont la candidature à la présidentielle avait été rejetée par la Ceni, la commission électorale, se voit ainsi stoppée sur la longue route qu'il avait empruntée vers le Palais de la Nation.

Faut-il rappeler que si Jean-Pierre Bemba est reparti libre de la Cour pénale internationale (CPI), ce n'est pas pour avoir été blanchi mais grâce à un vice de forme ? Et pourtant, comme le couperet d'une guillotine judiciaire, sa condamnation pour « subornation de témoins » pendait encore sur la tête du « Chairman », son surnom de popularité. Il semble que la justice congolaise se soit appuyée sur cette condamnation pour l'écarter de la présidentielle du 23 décembre.

Premier à déposer sa candidature à la suite d'un retour qui aura déplacé des foules, Jean-Pierre Bemba était vite apparu comme le favori capable d'apporter une riposte politique à la hauteur de l'obstination de Joseph Kabila à se jouer des règles du jeu démocratique. Arrivé deuxième à la présidentielle de 2006, il se voyait déjà au Château avec l'expiration des deux mandats constitutionnels du président sortant congolais et sa popularité chahutée dans un paysage politique qui tardait à faire apparaître un leader charismatique au sein de l'opposition congolaise. Espoirs douchés par la justice !

Bemba va-t-il se battre ?

A Kinshasa, chroniqueurs politiques ou simples observateurs, plus personne ne se fait d'illusions. Le grand gagnant de cette éjection judiciaire de Bemba est Emmanuel Ramazani Shadary. Le dauphin désigné de Joseph Kabila, placé à la tête de la puissante machine électorale du Front commun pour le Congo (FCC), regroupant les alliés de la Majorité présidentielle, voit ainsi son chemin balisé et ses chances augmentées. Et il n'est pas le seul à ressortir les calculettes pour étudier les probabilités.

Au sein de l'opposition, Félix Tshisekedi ou encore Vital Kamerhe auront besoin du talent des grands acteurs pour dissimuler que l'invalidation définitive de la candidature de Jean-Pierre Bemba ne leur a pas apporté une bouffée d'air frais. Cette invalidation les replace en bonne place dans la course au moment où l'opposition cherche désespérément un leader pour porter sa candidature unique. Moïse Katumbi, seul à même de se financer sur fonds propres, et Jean-Pierre Bemba à la popularité bien bâtie, sont tous deux écartés.

La bataille du leadership pour le titre convoité d'opposant numéro un se joue désormais entre les présidents de l'UNC et de l'UDPS. Elle sera âprement disputée car il sera difficile de convaincre les deux hommes de mettre leur égo de côté pour la bataille de la première alternance pacifique en RDC. En écartant les poids lourds de l'opposition, cela pourrait justement être le calcul du camp Kabila de tabler sur les divisions de cette même opposition pour mieux placer Emmanuel Ramazani Shadary. A moins que Jean-Pierre Bemba ne décide de contrecarrer les plans des uns et des autres en descendant dans l'arène... pour se battre !


La Tribune /MCP, via mediacongo.net
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Il y a 2796 jours
le choix est clair entre Vital et Fasthi; ce sera Fatshi pour le peuple et surtout les mamans!!

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Il y a 2796 jours
C'est le moment du Grand Test pour l'opposition congolaise. Afin de démontrer qu'elle est réellement éprise de démocratie et capable de prendre les rennes du Pays, elle doit pouvoir s'organiser pour désigner son candidat commun soit par voie de consensus, soit par une sorte d'élection primaire en son sein, qui soit "transparente et crédible".

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S'il y a choix d'une candidature unique de l'opposition entre Kamerhe et Fatshi, il est clair à moins que des gens commencent à faire la petitesse des calculs regionalistes. Un faux choix d'un leader a des graves repercussions quelle que soit la provenence de tout un chacun. La politique identitaire qui se fait en rdc coute très cher au souverain primaire et peu de gens comprennent ceci. Pronnons pour la méritoracracie et non l'identité.

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