
Politique
Après les obsèques du colonel Mamadou Ndala, ce vaillant commandant des unités de réaction rapide des FARDC (Forces armées de la République démocratique du Congo) au Nord-Kivu, l’heure est maintenant à la réflexion sur les leçons à tirer de son assassinat. D’emblée, il est permis de constater que la guerre de l’Est constitue un juteux « business » dont les bénéficiaires se recrutent dans tous les milieux nationaux comme étrangers : politiques, militaires, économiques et financiers.
Tous ceux qui brassent des millions de dollars ou aspirent à devenir millionnaires grâce au trafic illicite d’armes et munitions ainsi que des minerais dont regorge cette partie du pays ne pouvaient voir d’un bon œil le travail de nettoyage des « forces négatives » amorcé par les hommes du colonel Mamadou durant le second semestre de 2013. Pour d’aucuns, on ne pouvait pas lui pardonner le démantèlement du M23. Et, en mettant cette force négative à genoux, il avait créé beaucoup de mécontents.
Perçu comme un élément perturbateur d’un système qui fonctionnait à merveille, avec des complicités internes et externes, Mamadou Ndala a payé sa bravoure et son patriotisme par son propre sang. La liste des suspects qui tend à s’allonger dans les rangs de ses propres frères d’armes est effrayante. Elle nous apporte la preuve que le cycle des trahisons et coups bas reste vivace au sein de l’armée nationale. Les planificateurs des défaites des FARDC face aux rebelles du M23 et d’autres forces négatives tant nationales qu’étrangères viennent de démontrer à tous qu’ils ont le bras long et sont capables de faire mal encore quand ils le veulent.
Que faire après Mamadou ?
Après l’élimination physique du colonel Mamadou, le flambeau de la résistance face aux rebelles du M23 et leurs parrains ougando-rwandais devrait continuer de briller. Pour ce faire, le nettoyage des écuries politiques, militaires, économiques et financières s’avère capital, de manière à débusquer tous les « chevaux de Troie » qui se cachent encore à l’intérieur de notre système de défense et de sécurité. Car, à l’image d’autres braves officiers congolais avant lui, le héros de la guerre de l’Est a été trahi par ceux-là mêmes qui ont partagé avec lui, durant plusieurs mois, le trou du fusiller.
Il est à espérer que les enquêtes diligentées contre ses tueurs et leurs commanditaires vont jouir du bénéfice de la célérité et de l’urgence afin de déblayer toutes les zones d’ombres qui enveloppent encore le dossier. L’éclatement rapide de la vérité aura le mérite de permettre à nos compatriotes de connaître les tenants et aboutissants d’un assassinat qui dérange sérieusement les esprits.
Dans le cas contraire, l’absence de vérité pourrait porter un coup dur au moral des officiers et de la troupe, qui risquent de se mettre à douter de la noblesse de leur mission de défense de l’intégrité territoriale et de l’unité nationale. A ce propos, civils comme militaires congolais tiennent à être rassurés par les autorités nationales quant à leur détermination à démasquer et sanctionner les vrais coupables dans l’assassinat du colonel Mamadou Ndala.
La mort de cet officier devrait sonner comme une alerte à la volonté des ennemis de la paix du Congo de maintenir l’ensemble des provinces du Nord et de l’Est du pays dans une situation d’insécurité permanente. Et, chacun peut deviner l’objectif visé : poursuite du pillage organisé des ressources nationales et balkanisation planifiée du grand Congo.
On retient néanmoins que le compatriote que le pays tout entier a pleuré du jeudi 03 au lundi 06 janvier 2013 a montré à tous le chemin de la victoire certaine sur les forces du mal. C’est cet héritage que nos concitoyens, civils comme militaires, devraient sauvegarder afin de changer, à jamais, le cycle de nos défaites militaires en actes permanents de triomphe.
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