
Politique
Les électeurs congolais auront l'embarras du choix. Au-delà des griefs de l'opposition qui reproche leur opacité aux critères de la Commission électorale pour valider ou rejeter les dossiers, la liste de candidats retenus est impressionnante : un rapide calcul montre qu'en moyenne, une trentaine de candidats se présente pour chaque mandat de député.
Rostin Manketa, directeur exécutif de la Voix des sans Voix pour les droits de l'Homme (VSV) à Kinshasa, y voit une répercussion des inégalités sociales. Il explique que dans le pays, "il n'y a pas de réelle répartition équitable du revenu national. Alors tout le monde court vers la politique pour se faire un bon train de vie. Ici, les enseignants, les magistrats, les agents de l'Etat, les policiers mènent une vie de misère parce qu'ils n'ont pas de salaires décents".
La multiplication des candidats s'explique par la pauvreté

Et il ajoute que "seuls les politiques, les élus au pouvoir ont des émoluments qui leur permettent de boucler les fins de mois".
Parmi les attraits de la députation, il y a en effet un salaire de près de $3.000, accompagné de primes diverses et avantages en nature qui rendent la fonction plus attrayante que la plupart des autres professions.
En effet, en RDC, le salaire des députés est près de cent fois supérieur au revenu national par habitant, c'est-à-dire à la richesse nationale produite par habitant. Pour mémoire, en République démocratique du Congo, 77 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, soit 1,90 dollars par jour.
A titre de comparaison, en Allemagne, 42 partis ont présenté des candidats aux législatives de 2017, pour 4.828 candidats en tout. Soit environ trois fois moins que l'effectif des candidats congolais.
Le Bundestag actuel compte 709 députés pour une population totale équivalente en nombre à celle de la RDC.
Chaque député allemand gagne aux alentours de $11.200 le mois (hors avantages en nature) mais, c'est "seulement" quatre fois le salaire moyen d'un citoyen allemand.
Une campagne vile
Afin que les électeurs aient le choix entre des candidats qui les convainquent par des arguments, des propositions concrètes pour régler leurs problèmes et qui s'engagent à faire remonter à la capitale les besoins et doléances des provinces.
Ce qui n'est souvent pas le cas actuellement, déplore Rostin Manketa, qui se désole de voir les candidats aller sur le terrain battre campagne "avec de l'argent, avec des biens en nature, qu'ils distribuent à la population qui vit dans la misère. Beaucoup se font élire comme ça".
Or, ajoute le directeur exécutif de VSV Kinshasa, "la population qui vit dans la misère n'a pas le temps de réfléchir pour qui voter".
Rostin Manketa regrette les lacunes en matière d'éducation au civisme que son ONG s'efforce de combler.
Le code à 7 caractères (précédé de « @ ») à côté du Nom est le Code MediaCongo de l’utilisateur. Par exemple « Jeanne243 @AB25CDF ». Ce code est unique à chaque utilisateur. Il permet de différencier les utilisateurs.
Les plus commentés
Politique Entretien exclusif avec Joseph Kabila : « Il faut mettre fin à cette dictature qui vient de s’installer dans notre pays”
23.03.2026, 25 commentairesProvinces Kongo-Central : l’ex-président de l’Assemblée provinciale Papy Mantezolo arrêté à Kinshasa
22.03.2026, 6 commentairesPolitique Entre adhésion et rejet politique : Loi référendaire, le premier pas franchi par l’Udps vers la retouche constitutionnelle
21.03.2026, 5 commentairesPolitique Du Kabilisme au Tshisekedisme : Willy Bakonga, le grand virage !
23.03.2026, 4 commentairesOnt commenté cet article
Ils nous font confiance
Une vue des députés nationaux et sénateurs au palais du peuple. (© Archives, Radio Okapi/John Bompengo)