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OIF: le baroud d'honneur de Michaëlle Jean pour une Francophonie politique

OIF: le baroud d'honneur de Michaëlle Jean pour une Francophonie politique 2018-10-12
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Discours de la secrétaire générale Michaëlle Jean, en ouverture du sommet de la Francophonie à Erevan, jeudi 11 octobre 2018.

Le 17e sommet de la Francophonie bat désormais son plein à Erevan, en Arménie. Dans la matinée, ce jeudi 11 octobre 2018, la cérémonie d’ouverture a rassemblé plusieurs dizaines de chefs d’Etat et de gouvernement en séance plénière. En filigrane des interventions de MM. Macron et Trudeau : la désignation probable de la Rwandaise Louise Mushikiwabo au secrétariat général de l’Organisation internationale de la Francophonie, en remplacement de la Canadienne Michaëlle Jean, qui ne sera pas reconduite. Amère, cette dernière a clôturé la séance par un discours offensif centré sur les valeurs de l’OIF. Récit.

Une dizaine de discours à la tribune. Ce jeudi matin à Erevan, chacun y est allé de la défense de la langue française comme outil de réconciliation entre les peuples. Mais le vrai sujet dans toutes les têtes, c’était le duel pour le secrétariat général de l’organisation, la « bataille des dames » qui défraie cette année la chronique, et qui devrait déboucher sur une victoire de Mme Mushikiwabo.

La sortante Michaëlle Jean, ancienne gouverneure générale du Canada née en Haïti, n’a jamais eu le soutien de la France dans sa course pour un second mandat. Mais sous l’impulsion de Paris, elle a également perdu celui d’Ottawa cette semaine, Justin Trudeau s’étant rallié au consensus naissant autour de sa rivale rwandaise, alors qu’il soutenait sa ressortissante activement jusque-là.

Celle qui se dit prête à aller jusqu’à un vote en huis clos des dirigeants de l’organisation, alors que la tradition privilégie d’ordinaire les consensus, a donc dû écouter avec stoïcisme les hommages qui lui ont été rendus par Emmanuel Macron et Justin Trudeau dans leurs discours respectifs. Le président français, qui a tout fait pour propulser la candidature de Mme Mushikiwabo, s’est montré poli.

« Je veux ici saluer, a-t-il dit, le travail qui a été réalisé par Michaëlle Jean, à laquelle je rends hommage. » Et de louer son féminisme : « Vous avez eu raison, Mme la secrétaire générale, de ne rien céder à ce combat. La Francophonie doit être féministe. L’avenir de l’Afrique sera féministe. Tout comme en Europe et ailleurs. » Cela ressemblait au service minimum.

Le Premier ministre canadien s’est montré plus disert au sujet de son ex-alliée. Il a salué « quelqu’un d’extraordinaire, une amie, notre secrétaire générale, Mme Michaëlle Jean ». Et Justin Trudeau d’évoquer le « travail remarquable » de sa ressortissante à la tête de l’OIF pendant quatre ans, et son « énergie contagieuse » en faveur des valeurs censées animer l’organisation.

« Michaëlle s’est affirmée comme ardente défenseure des femmes, faisant notamment valoir leur droit à l’éducation, et militant pour leur émancipation. Ses nombreuses réalisations autant envers la jeunesse que pour les droits de la personne ont enrichi non seulement notre grande organisation, mais notre monde », estime même M. Trudeau. « Merci Michaëlle », a-t-il conclu...

On l’aura compris, il s’agissait de dire dignement au revoir à la « candidate sortante », avant d’adouber très probablement par consensus l’actuelle ministre rwandaise des Affaires étrangères, vendredi en huis clos. Sauf que Michaëlle Jean, invitée plus ou moins ouvertement à retirer sa candidature ces derniers jours, entend bien mettre les divergences sur la table dudit huis clos.

En clôture de la cérémonie, la Canadienne s’est défendue dans un discours lyrique, très politique et particulièrement combatif. Pas celui d’une démissionnaire, mais plutôt les mots d’une indignée. Le discours d’une vie ? A tout le moins des paroles pour l’avenir. Dès le début de son allocution, « l’histoire nous apprend que l’on ne sait pas apprendre de l’histoire », a-t-elle dit.

Et de régler ses comptes à coups de phrases assassines, de rappels des combats politiques de la Francophonie pour la paix, la démocratie et les droits de l’homme, convoquant comme à son habitude l’un des pères fondateurs de la Francophonie institutionnelle, le Sénégalais Léopold Sédar Senghor. Alors que la France et les Africains lui reprochent déjà d’avoir trop politisé l’OIF.

« Disons-nous bien que l’immobilisme, l’atermoiement et les compromis sont déjà une forme de régression. Car une organisation qui ruse avec les valeurs et les principes est déjà une organisation moribonde », a attaqué la probable future ex-secrétaire générale de la Francophonie dans une formule qui a fait mouche et dans laquelle les personnes ciblées se reconnaîtront sans aucun doute.

Michaëlle Jean a donc persisté et signé, un baroud d’honneur en forme d’avertissement, mettant chacun face à ses responsabilités : « MM. les chefs d’Etat et de gouvernement, a-t-elle lancé, c’est sous votre impulsion que la Francophonie, au fil de ces quelque 50 ans, a renforcé ou élargi ses missions (et) s’est affirmée comme une Francophonie politique et diplomatique. »

Usant d’anaphores, Michaëlle Jean a insisté : « C’est sous votre impulsion que nous nous sommes dotés de textes normatifs et de références exigeantes sur la pratique de la démocratie, des droits et des libertés dans l’espace francophone, ainsi que sur la prévention des conflits et la sécurité humaine. C’est en cela que le bilan de mon mandat, que je vous présenterai… est aussi votre bilan. »

Et de dramatiser l’enjeu, alors que le Rwanda est montré du doigt pour ses manquements : « De quel côté de l’histoire voulons-nous être ?, a-t-elle demandé. Sommes-nous prêts à accepter que la démocratie, les droits et les libertés soient réduits à de simples mots que l’on vide de leur sens au nom de la realpolitik, de petits arrangements entre Etats ou d’intérêts particuliers ? »

Mais encore : « Sommes-nous prêts à laisser gagner le relativisme culturel, alors que nous devrions saisir l’occasion de son 70e anniversaire pour marteler que la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 n’est pas une production occidentale ? Elle est l’expression de la quintessence de cette part d’humanité inaliénable que nous avons tous et toutes en partage. »

« Sommes-nous prêts à laisser l’égoïsme à courte vue, les approches exclusivement comptables de la coopération internationale, les investissements prédateurs ou la corruption l’emporter sur l’exigence de solidarité, sur des partenariats véritablement gagnant-gagnant ? Le moment est venu (…) de choisir entre réagir ou laisser faire, progresser ou régresser. »

« Nous sommes debout et pas fatigués, a conclu la Canadienne, pour une organisation politique et exigeante » contre les nationalismes, le terrorisme et « les murs honteux et dérisoires que certains veulent ériger ». Notons qu’à la fin, Jean-Yves Le Drian, chef de la diplomatie française qui avait remplacé Emmanuel Macron dans la salle avant même ce discours, n’a pas applaudi.

Chacun aura bien compris que Michaëlle Jean parlait du régime rwandais de Paul Kagame - dont Mme Mushikiwabo est le visage diplomatique depuis presque dix ans -, ainsi que des manœuvres qui ont conduit à sa probable éviction. Dans sa manière de prendre ainsi date pour la suite de l’histoire de l’organisation francophone, on aura compris qu’il s’agissait des mots d’une femme politique seule avec ses idées.

Rappelons que les pressions de Paris sur Ottawa ont été très fortes ces derniers jours. Sans doute la France a-t-elle fait miroiter au Canada un siège non permanent au Conseil de sécurité des Nations unies en 2020 ou 2022. Il se murmure aussi que la France se serait engagée à convaincre l’Arabie saoudite de ne pas solliciter cette année une adhésion à l’OIF.

L’éventualité d’une telle adhésion est vue d’un très mauvais œil par le Canada. Et comme par hasard, l’ambassadeur d’Arabie saoudite à Paris a écrit au président en exercice de l’OIF, le président arménien, pour lui dire que son pays suspendait sa demande pendant deux ans, c’est-à-dire jusqu’en 2020. Lettre partie en début de semaine, juste avant la décision de M. Trudeau.

Entre Ottawa et Riyad, c’est la guerre froide depuis l’affaire des tweets pro-droits de l’homme de l’ambassadeur du Canada puis son expulsion de la capitale saoudienne. Mai qu’à cela ne tienne, la messe est dite : au terme du huis clos de vendredi, la Rwandaise sera bien sacrée nouvelle reine de la Francophonie, n’en déplaise à Mme Jean et des ONG de défense des droits.

Anastasia Bechio, Jean-Pierre Monzat, Christophe Boisbouvier et Igor Gauquelin
RFI / MCP, via mediacongo.net
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KABILA NA TSHISEKEDI MIYIBI | 9EZU6L1 - posté le 14.10.2018 à 07:50

Cher Askots, je suis d'accord avec toi que la voix de la RDCongo et en particulier de Kanambe ne pèse rien. Par contre, lorsqu'on voit ce que le Rwanda fait au Congo, la moindre des choses que ce gouvernement aurait pu faire aurait été de ne pas votre pour cette rwandaise. On ne vote pas pour quelqu'un qui tue votre population à moins d'être complice! Par contre la RDCongo a une arme importante qui est la menace de quitter cette organisation et cela fera réfléchir Macron à deux fois, car la RDCongo est le plus grand pays francophone au monde et si nous quittons cela sera un mauvais signal pour l'OIF

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askots | AJTBIE6 - posté le 13.10.2018 à 15:57

KABILA MOYIBI | 9EZU6L1 - posté le 12.10.2018 à 21:12 Bien cher compatriote, ton Kanambe, s'il en existe un, ne ferait pas le poids devant de centaines de présidents à qui le Président Macron a imposé son choix pour les intérêts de son pays la France. Dans ce forum d'Erevan, que pèserait la voix d'un Président qui ne voterait pas en faveur de la rwandaise?

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askots | AJTBIE6 - posté le 13.10.2018 à 15:49

Déjà, la francophonie qui exige la démocratie dans certains pays africains et pas dans d'autres, n'applique aucune notion de démocratie. La désignation de sa nouvelle secrétaire générale n'a absolument rien de démocratie sauf de la dictature pure. La francophonie appartient à la France et son président a, pour des intérêts de son pays, choisi la rwandaise et a imposé son choix à tous ses moutons qui ont adopté.Comment une anglophone peut diriger la francophonie? Monsieur le Président rwandais a été interviewé par RFI, il répondait en anglais.Bonne chance à l'anglo-francophonie .

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askots | AJTBIE6 - posté le 13.10.2018 à 15:40

Makye | GYJDU18 - posté le 13.10.2018 à 04:40 Mais vous avez totalement raison. Ces petits opposants qui crient à longueur des journées au près de ceux qui peuvent les entendre, ne valent absolument rien, ils cherchent l'alternance en RDC et vont demander le pouvoir au près de ces présidents africains qui ne parleront jamais démocratie chez eux. Contraste! Le peuple donnera raison à Kabila un jour.

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Makye | GYJDU18 - posté le 13.10.2018 à 04:44

(Suite)... et Félix Tshisekedi devant Mseveni pour quémander le pouvoir. C'est paradoxal!

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Makye | GYJDU18 - posté le 13.10.2018 à 04:40

Les Rwandais sont aujourd'hui dans toutes les sphères dirigeantes de nos pays africains. Tenez: pendant que Paul Kagamé est actuellement Président de l'Union Africaine, donc c'est lui qui dirige toute l'Afrique, l'OIF vient de nommer une autre Rwandaise à sa tête. Tandis que nous les Cons golais ne cessons pas de coller à la peau de tout Congolais qui n'est pas de notre tribu, qui ne raisonne pas comme nous ou tout simplement tout Congolais qui n'est pas de notre région ou ne parle pas lingala de Rwandais. Aujourd'hui tous les opposants, les combattants et les Bana Mboka commencent à aller s'agenouiller devant les mêmes Rwandais notamment Katumbi chez Kagamé et Félix Tshisekedi...

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KABILA NA TSHISEKEDI MIYIBI | 9EZU6L1 - posté le 12.10.2018 à 21:12

LE vrai congolais tu as raison, mais le Rwanda Anglophone tue des millions de personnes en RDCongo et la France de Macron leur donne la présidence de l'OIF avec la benediction de Kanambe. Nou devons chaser Kanambe et quitter cette organisation inutile qu'est l'OIF. CEl fera beaucoup de mal à cette organisation car la RDC est le plus grand pays francophone en Afrique et si je ne me trompe pas au Monde. Quitton cette organisation de merde!

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Ce que veut le peuple Congolais | IE1WU5A - posté le 12.10.2018 à 17:03

Une compatriote d'un pays anglophone à la francophonie, c'est vraiment du n'importe quoi. bon, toute fois le français leur appartient alors qu'il fasse ce que bon leur semble.

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kitete | Q4WCSDL - posté le 12.10.2018 à 16:14

BA AVENTURES YA PAMBAPAMBA

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