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Midterms : les risques d’une interférence étrangère

2018-11-06
06.11.2018
2018-11-06
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Aux Etats-Unis, les élections de mi-mandat de ce mardi 6 novembre font figure de référendum autour de l’action de Donald Trump. Depuis la présidentielle de 2016, dont la campagne avait été troublée par des ingérences russes, des mesures ont été prises pour sécuriser le système électoral américain. Mais le risque d’interférence demeure.

Jeudi dernier, le président est intervenu afin de rassurer la population. « Le FBI et le département de la sécurité intérieure ont fait leur travail pour éviter toute interférence étrangère, a déclaré Donald Trump. Tout ce qui concerne les élections sera parfaitement sécurisé. Il n’y aura j’espère aucune interférence, aucune intrusion ».

Les autorités ont tiré les leçons des ingérences russes dans le scrutin de 2016. Le Congrès a débloqué une enveloppe de 380 millions de dollars pour assurer la sécurité du système électoral. Et le président a signé un décret qui prévoit de sévères sanctions en cas d’interférence dans le déroulement des opérations de vote.

« De nouvelles mesures de sécurité »

« En 2016 nous n’avions pas envoyé de message assez fort pour décourager nos adversaires de lancer des attaques contre nos élections. Mais beaucoup de travail a été fait et de nouvelles mesures de sécurité ont été prises », estime William Carter, du Centre pour les études internationales et stratégiques (CSIS) à Washington. Confiant, il ajoute : « Je pense que les Russes vont éviter de tenter de manipuler directement le décompte des bulletins, les machines à voter ou les registres d’électeurs parce que cela aura des conséquences sérieuses. Donc je suis optimiste. Les Russes ont reçu le message : s’ils tentent d’attaquer le déroulement du vote, nous riposterons de manière très forte. »

Plusieurs pays essayent d’interférer dans les élections américaines. La Chine et l’Iran ont étudié les actions menées par Moscou en 2016 et tentent de les reproduire, mais c’est bien la menace russe qui reste la plus préoccupante. « Ce scrutin est un test. Ils ne vont pas répéter leurs manœuvres de 2016. Nous avons bâti des défenses, cela serait une perte de temps, mais ils vont observer le système pour voir ce qu’ils pourront faire en 2020. C’est pour l’élection présidentielle qu’ils déploieront leurs meilleures armes », avance James Andrew Lewis, vice-président du CSIS.

La Russie toujours présente sur les réseaux sociaux

Aux Etats-Unis, chaque Etat dispose de son propre système électoral, ce qui complique la tâche des pirates pour mener une attaque d’ampleur qui affecterait l’ensemble du déroulement du scrutin. Mais cela ne constitue pas une protection suffisante, car il suffit de manipuler les comtés-clés pour obtenir des résultats. Or les Etats où l’issue des scrutins est la plus incertaine sont malheureusement ceux où la cybersécurité est la moins assurée. C’est le cas notamment en Géorgie où la course pour le poste de gouverneur est très serrée.

Mais vu les risques de représailles en cas de piratage du système électoral, les Russes tentent surtout de peser sur les électeurs. « La polarisation politique des Etats-Unis offre beaucoup de faiblesses très bien exploitées par les Russes. Leur but est d’éroder la confiance du peuple dans la démocratie américaine, d’affaiblir la crédibilité de nos dirigeants et de nos institutions. Pour cela, ils s’assurent qu’on porte une grande attention à toutes les failles et toutes les erreurs de nos responsables. Et ils mettent l’accent sur toutes nos divisions », explique Heather Conley, chercheure au CSIS.

Les opérations de déstabilisation menées par Moscou sur les réseaux sociaux n’ont jamais cessé. L’activité des Russes a été particulièrement dense pendant le processus de confirmation du juge Kavanaugh à la Cour suprême, un épisode qui a profondément divisé les Américains. Les experts voient aussi la main de Moscou derrière les messages viraux qui ont suivi l’assassinat d’une jeune fille par un migrant.

Le jour du scrutin, Moscou pourrait semer la confusion, avec la diffusion de fausses nouvelles sur la fermeture de bureaux de vote ou de longues files d’attente, pour décourager les électeurs de se rendre aux urnes. Il y a trois semaines, des poursuites pénales ont été engagées contre une ressortissante russe accusée de conspiration. Selon le département de la justice, Elena Khoussianova tentait de semer la discorde au sein de l’électorat américain, notamment à travers des messages sur les réseaux sociaux.


RFI / MCP, via mediacongo.net
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