
Provinces
Poursuivi pour crimes contre l’humanité; viols, recrutement d’enfants et crimes de guerre, l’ancien chef de guerre et responsable du groupe armé NDC-NDUMA Defence Of Congo Tabo Taberi alias Cheka sera jugé à partir de ce mardi 27 novembre 2018 à Goma dans l’avant-midi.
Le décor est déjà planté au tribunal militaire et garnison de Goma se trouvant au camp Katindo pour le début dudit procès, tant attendu par la population du Nord-Kivu en général et de Walikale en particulier, où il était basé.
Cet ex. seigneur de guerre était dépuis 2011 sous le coup d’un mandat d’arrêt émis par la justice congolaise pour sa complicité présumée dans des cas des viols massifs.
La comparution de Tabo Taberi Cheka devant la cour militaire opérationnelle est un signal fort contre l’impunité à l’égard des détenteurs illégaux d’armes dans la province, a déclaré le gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku, à l’ouverture, mardi 27 novembre à Goma, du procès de cet ancien chef du groupe armé Nduma Defense of Congo (NDC). Pour la Monusco, le temps est venu d’en finir avec l’activisme des groupes armés.
L’impunité dont profitent les chefs des milices est à la base de l’instabilité sécuritaire, qui a fait beaucoup de dégâts au Nord-Kivu, estime Julien Paluku.
« Lorsqu’aujourd’hui, on voit Sheka - qu’on croyait être un grand homme, qu’on ne pouvait pas toucher, qu’on ne pouvait pas immobiliser - entre les quatre murs et sortir des quatre murs et venir devant le juge, et par la suite rentrer dans les quatre murs, je crois que pour la population du Nord-Kivu c’est un signal fort de la lutte contre l’impunité dans cette province », a-t-il affirmé.
Lorsque tout le monde sait qu’en commettant un dégât il peut être entre les mains de la justice, selon lui, ça peut réduire la possibilité pour les autres de commettre les mêmes dégâts.
Tabo Taberi Cheka comparait avec huit autres ex. chefs des milices devant la cour militaire opérationnelle du Nord-Kivu qui siège en matière répressive en premier et dernier ressort.
« Un jugement juste »
Pour la Monusco, l’ouverture de ce procès constitue une victoire du gouvernement congolais dans la lutte contre l’impunité.
Le chef de bureau de la Monusco à Goma, Daniel Ruiz, estime qu’il est temps de mettre fin à l’instabilité qui n’a que trop duré en RDC :
« Je crois que c’est un grand succès pour l’Etat congolais et pour le peuple congolais, pour les milliers qui souffrent de ce conflit qui n’a que trop duré, où près de 6 millions de Congolais ont péri, directement ou indirectement de ces atrocités. Il est temps d’en finir avec ces groupes armés. Il faut que quelques groupes armés qui continuent d’exister aujourd’hui comprennent qu’ils sont anachroniques, qu’ils sont d’une autre époque, et que la société congolaise est prête à leur donner un jugement juste ».
Selon lui, la Monusco est intervenue « en faisant une opération d’extraction de Sheka et on a donné un appui à la justice militaire pour que ce procès se passe dans les meilleures conditions possibles ».
En juillet dernier, Cheka et une partie de ses hommes s’étaient rendus aux forces de la Monusco à Mutongo en territoire de Walikale à l’Ouest de la province.
Ces dérniers avaient été transférés à Goma puis conduits à Kinshasa et après ramenés à Goma le 13 novembre où ils devront répondre de leurs actes.
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Chef rebelle Cheka, saluant le gouverneur Julien Paluku.