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Science & env.

« En Afrique, le changement climatique entraîne une multiplication des épidémies »

2018-12-05
05.12.2018
Afrique
2018-12-05
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Fumigation de spray anti-moustiques à Abidjan, en Côte d’Ivoire, pour lutter contre la diffusion du virus Zika, en août 2016. SIA KAMBOU / AFP

Selon Ibrahima Socé Fall, de l’Organisation mondiale de la santé, les moustiques vecteurs de maladies tendent à se répandre à l’échelle du continent.

Gabriel Mabikina vit depuis plus de soixante-dix ans à Pointe-Noire, au Congo. Chef de sa communauté, il connaît la région par cœur et ce qu’il observe depuis quelques années l’inquiète beaucoup : une présence accrue d’insectes dangereux, notamment de moustiques porteurs de maladies infectieuses dévastatrices. De manière instinctive, il attribue la pullulation de ces insectes à des modifications des rythmes saisonniers et à des changements dans l’équilibre de l’écosystème.

Il n’a pas tort. Sa perception purement empirique de son environnement est corroborée par des données scientifiques relevées au cours des dix dernières années. D’après une collecte d’informations réalisée en 2016 par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et basée sur diverses études et enquêtes dans la région, on observe une recrudescence d’Aedes aegypti dans toute l’Afrique, y compris certains pays d’Afrique du Nord. Ce type de moustique est vecteur de maladies comme la fièvre jaune, la dengue, la fièvre à virus Zika ou encore la maladie à virus chikungunya.

Les risques d’épidémie majeure sont réels et constituent une menace pour le continent et la santé de ses habitants. Les faits sont là pour le prouver : des épidémies de fièvre jaune ont été relevées en Erythrée en 2005, à Madagascar en 2006, au Mali et en Côte d’Ivoire en 2008, en Angola en 2015 et 2016, en République démocratique du Congo (RDC) en 2016 et au Nigeria en 2017 et 2018. De même, la présence du virus Zika a été confirmée plusieurs fois dans des pays africains.

En outre, d’autres insectes vecteurs qui, dans le passé, n’existaient pas en Afrique, comme Aedes albopictus, plus communément connu sous le nom de moustique-tigre et porteur du même type de maladies, ont fait leur apparition dans certaines régions. Les moustiques Aedes sont d’autant plus nocifs qu’ils n’ont pas besoin de grandes réserves d’eau pour se reproduire et qu’ils prennent leur repas sanguin dans la journée et l’après-midi, quand la population est la plus exposée.

Urbanisation en pleine explosion

Cette recrudescence d’insectes vecteurs de maladies infectieuses est attribuée en partie à l’augmentation des échanges internationaux et du tourisme, mais surtout au changement climatique. D’après certaines études réalisées à l’échelle globale, celui-ci aurait pour effet d’accroître les zones où le climat est propice à la multiplication de ces insectes. Le rapport 1,5°C sur le climat et la santé, publié en octobre par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), l’annonce clairement : « Les preuves sont de plus en plus irréfutables que les variations météorologiques associées au changement climatique modifient l’étendue géographique, les saisonnalités ainsi que l’intensité de la transmission des maladies infectieuses. »

En d’autres termes, les vecteurs Aedes pourraient se répandre bien au-delà de leur zone actuelle d’ici à 2030, de même que le moustique anophèle, vecteur du paludisme, pourrait changer de zone géographique en fonction du réchauffement climatique. Une poussée de cette maladie, la plus fatale pour l’Afrique, a d’ailleurs été notée récemment dans beaucoup de pays du continent, avec 219 millions de cas et 435 000 décès en 2017, dont la plupart en Afrique. Dans le monde entier, 3,1 milliards de dollars (environ 2,6 milliards d’euros) ont été investis dans la lutte contre le paludisme en 2017.

L’Afrique est particulièrement vulnérable à cause des mouvements continus de population et d’une urbanisation en pleine explosion mais précaire et sans planification suffisante. Notre continent, déjà gravement touché par les effets du changement climatique, risque de l’être encore davantage en termes de santé publique. Avec l’apparition, à présent évidente, de nouvelles épidémies dans des zones où l’accès aux services de santé est limité, les populations africaines risquent de faire les frais du manque d’action globale contre le changement climatique.

Coût dramatique en vies humaines

Contre la fièvre jaune, l’OMS et les Etats membres organisent des campagnes de vaccination dans le cadre de la stratégie d’élimination des épidémies de cette maladie. Ce vaccin protège à vie. Des millions de personnes sont maintenant couvertes, mais il reste encore beaucoup à faire pour protéger l’ensemble des quelque 400 millions d’Africains (environ un quart de la population) exposés à ce risque. Dans le cadre de la sécurité sanitaire mondiale, l’Afrique a besoin de la participation de la communauté internationale.

La 24e Conférence des Nations unies sur le changement climatique (COP24), du 3 au 14 décembre à Katowice, en Pologne, serait l’occasion de déclencher des actions communes pour limiter les effets du changement climatique et empêcher ces insectes vecteurs d’épidémies résurgentes de se répandre au-delà de leurs zones traditionnelles. A défaut de quoi le coût financier risque d’être extrêmement lourd, sans parler du coût dramatique en vies humaines.


Le Monde / MCP, via mediacongo.net
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