
Politique
Les pourparlers à Luanda entre la RD Congo et le Rwanda, visant à rétablir la paix dans l'est de la RDC, sont dans "une impasse", a affirmé dimanche à l'AFP la Présidence, mettant à mal la perspective d'un accord à l'issue du sommet.
La rencontre attendue dimanche 15 décembre 2024 à Luanda entre le président Félix Tshisekedi et son homologue rwandais, Paul Kagame, autour du président angolais Joao Lourenço, médiateur désigné par l’Union africaine pour la crise dans l’est de la RDC, pourrait ne pas avoir lieu.
Pour cause, les deux parties n’arrivent pas à s’accorder sur la question des négociations directes avec les rebelles du M23 que Kigali a posée sur la table. "Il y a une impasse car les Rwandais ont posé comme préalable à la signature d'un accord que la RDC mène un dialogue direct avec le M23", groupe armé soutenu par Kigali qui s'est emparé depuis novembre 2021 de vastes pans de territoire dans l'est de la RDC, a déclaré à l'AFP Giscard Kusema, porte-parole de présidence congolaise présent à Luanda.
"Il s’agit d’une mauvaise foi de la part de Kigali," a déclaré à VOA Afrique un membre de la délégation congolaise contacté depuis la capitale angolaise. Selon lui, la réunion de deux délégations avec Joao Lourenço prévue pour samedi 14 décembre à 9 heures a même dû être annulée pour absence de la partie rwandaise. Et, la réunion de deux délégations programmée le même jour à 14 heure, n’a commencé trois heures plus tard.
Mais après cinq heures de discussions, ont alors apparu la divergence qui a amené les parties à se séparer en queue de poisson.
La partie rwandaise a posé sur la table la question de négociations directes entre Kinshasa et les rebelles du M23 que la RDC accuse le Rwanda de soutenir. Une proposition que les autorités ont toujours jugée inacceptable.
Kinshasa avait même tourné le dos aux discussions de Nairobi qui se faisaient plutôt avec beaucoup de groupes armés et mouvements rebelles qui occupent l’est de la RDC. Les pourparlers sont donc bloqués à ce point quitte au médiateur de trouver une autre voie.
Pendant ce temps, Corneil Nangaa, l’ancien président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), devenu depuis quelque temps le leader la coalition Alliance Fleuve Congo (AFC) regroupant certains mouvements rebelles dont le M23, a rejeté ce même samedi les négociations de Luanda et promis de continuer les hostilités jusqu’à renverser le pouvoir de Kinshasa.
"L’Alliance Fleuve Congo n’est pas concernée par ce process (de Luanda) et les résolutions qui vont en découler na nous engagent pas car comme les disaient les sages Mahamat Ghandi et Nelson Mandela : ‘tout ce que vous faites pour moi, sans mois, vous le faites contre moi," a lancé M. Nangaa concluant un message filmé posté sur YouTube tenu à l’occasion de l’an un de la coalition AFC.
M. Nangaa encourage le processus de Luanda mais considère qu’il est "partiel car il occulte les autres aspects de la crise congolaise qui justifient les revendications de ceux qui ont pris des armes, "qui restent constitutionnelles ".
Selon la Présidence, en attendant une solution, "les dirigeants congolais et angolais s’entretiennent en tête-à-tête avant d’étendre la réunion à leurs délégations respectives".
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Les présidents Félix Tshisekedi, Jao Lourenço et Paul Kagame le 21 février 2020 à Garuna (Rwanda), © Paul Kagame/Flickr