
Politique
Les appels à la tenue d’un dialogue national se multiplient. Après les évêques catholiques, les pasteurs protestants, et plusieurs figures de l’opposition comme Moïse Katumbi ou Martin Fayulu, c’est désormais la France. Paris a appelé ce 19 janvier à l’ouverture d’un tel dialogue. Une initiative présentée comme complémentaire aux processus en cours Doha, Washington et à la médiation africaine. Mais si l’idée progresse sur le plan diplomatique, sa mise en œuvre reste semée d’embûches, dans un contexte politique et sécuritaire toujours très tendu.
Le porte-parole du ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères estime que, pour parvenir à une paix durable en RDC, un dialogue national est nécessaire. Dans les mots utilisés par Paris, ce dialogue est présenté comme un « gage de concorde politique et d’unité nationale ». Autrement dit, un cadre où les acteurs congolais pourraient se parler, au-delà des clivages, pour tenter de recréer un minimum de consensus interne.
La France précise aussi que cette position s’inscrit dans la continuité des démarches des Églises congolaises, catholiques et protestantes, qui, depuis plusieurs mois, plaident pour un dialogue inclusif.
Sur le terrain diplomatique, l’Angola est déjà à la manœuvre : un projet d’agenda de dialogue existe. Il a été élaboré à Luanda, avec l’appui technique des évêques catholiques et des pasteurs protestants.
Luanda attend désormais la position finale de Félix Tshisekedi sur ce projet de dialogue. Selon les informations de RFI, le chef de la diplomatie angolaise a fait le point sur ces consultations le week-end dernier, lors d’une réunion convoquée par le président du Conseil togolais Faure Gnassingbé, médiateur désigné par l’Union africaine.
Plusieurs blocages subsistent
À ce stade, plusieurs blocages subsistent : le camp de l’ex-président congolais Joseph Kabila estime qu’il faut d’abord achever la mise en œuvre des protocoles restants de l’accord-cadre de Doha ; Félix Tshisekedi, lui, met en avant le respect préalable du cessez-le-feu ; de son côté, le groupe politico-militaire AFC/M23 dit attendre des clarifications de la part de l’Angola.
Résultat : l’idée du dialogue progresse, les consultations existent, mais les conditions politiques ne sont pas encore réunies pour son lancement effectif.
En décembre, la RDC et le Rwanda ont signé à Washington un accord de paix sous l'égide du président américain Donald Trump. Parallèlement au processus de Washington entre RDC et Rwanda, Kinshasa et le groupe politico-militaire AFC/M23 ont engagé des négociations séparées à Doha, au Qatar, qui ont abouti en juillet à une déclaration conjointe les engageant à un cessez-le-feu, mais qui n'a eu que peu d’effets sur le terrain où les combats ont continué. Les deux camps s'accusent mutuellement de violer le cessez-le-feu.
L'est de la RDC, frontalier du Rwanda et riche en ressources naturelles, est en proie à des violences récurrentes depuis plus de 30 ans. La situation s'est aggravée depuis 2021 avec la résurgence du M23.
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