
Politique
À la veille de l’entrée en vigueur du cessez-le-feu annoncé sous l’égide du président angolais João Lourenço, l’opposant congolais en exil, Claudel Lubaya appelle à des clarifications urgentes avant toute mise en œuvre. Dans un communiqué rendu public mardi 17 février, l’ancien gouverneur dénonce les « zones d’ombre » qui entourent le processus de Luanda.
D’abord, le leader de l’Union démocratique africaine (UDA originelle) s’interroge sur la base juridique et politique du mandat de l’Angola. « De quelle instance ce mandat procède-t-il ? Est-il le fruit d’une décision formelle de l’Union africaine, d’une organisation régionale ou d’un mécanisme ad hoc ? », s’est-il interrogé. Pour lui, la force d’une médiation repose avant tout sur la clarté de sa légitimité.
Ensuite, il a mis en doute le degré d’indépendance de la facilitation angolaise vis-à-vis de Kinshasa. « Toute médiation crédible repose sur une neutralité incontestable », insiste-t-il, estimant qu’« à défaut de garanties quant à son autonomie, le processus pourrait être perçu comme influencé ».
De même, le député honoraire fait remarquer les chevauchements entre initiatives africaines. Il cite le rôle du président togolais Faure Gnassingbé, officiellement désigné médiateur par l’UA. « Comment son action s’articule-t-elle concrètement avec celle de la facilitation angolaise ? », s’est-il demandé, avant d’exiger une clarification des rôles et des responsabilités des acteurs.
Cependant, l’ex-gouverneur du Kasaï occidental (1999-2006) pointe également l’incertitude autour du processus de Doha, qui avait réuni Kinshasa et le groupe armé AFC/M23. « Quel est aujourd’hui le statut de ce processus ? A-t-il été suspendu, relégué au second plan ou demeure-t-il un cadre de référence ? ». Autant de questions qui, d’après lui, méritent des précisions afin de garantir la cohérence des initiatives en cours.
Au-delà des considérations institutionnelles, Claudel Lubaya a martelé sur les garanties réelles. « La liberté de mouvement, la sécurité des participants et les garanties indispensables à la tenue d’un dialogue sincère, inclusif et équilibré constituent des préalables essentiels ».
À haute voix, l’opposant déplore l’exclusion de la Conférence épiscopale nationale du Congo et de l’Église du Christ au Congo des discussions en cours. Il a vanté le rôle historique joué par ces deux confessions dans les transitions politiques congolaises ainsi que les précédents processus du dialogue national.
De plus, Lubaya a rappelé au président Félix Tshisekedi qu’il avait lui-même été, dans un passé récent, l’un des bénéficiaires directs de l’engagement du tandem CENCO-ECC, à un moment charnière de la vie politique marqué par la disparition de son père, Étienne Tshisekedi. L’exilé a souligné que l’implication des religieux avait été déterminante pour préserver un cadre de dialogue et accompagner la transition. Selon lui, ce soutien avait aussi favorisé la dynamique politique qui portait la candidature de l’actuel président de la République au poste de Premier ministre au nom du Rassemblement de l’opposition.
Le code à 7 caractères (précédé de « @ ») à côté du Nom est le Code MediaCongo de l’utilisateur. Par exemple « Jeanne243 @AB25CDF ». Ce code est unique à chaque utilisateur. Il permet de différencier les utilisateurs.
Les plus commentés
Afrique Qualification de la RDC au Mondial : les réactions du Rwanda divisent
01.04.2026, 12 commentairesPolitique Crise sécuritaire dans l’Est de la RDC : Paul Kagame reconnaît implicitement la responsabilité de Joseph Kabila dans son association avec l’AFC/M23
03.04.2026, 9 commentairesSociété Qualification des Léopards à la Coupe du monde : le 1er avril 2026 déclaré journée chômée et payée
01.04.2026, 8 commentairesOnt commenté cet article
Ils nous font confiance
L’opposant congolais, Claudel Lubaya, en exil depuis 2023 @Photo Droits tiers.