
Politique
Alors que plusieurs opposants, armés et non armés, appellent à l’organisation d’un dialogue inclusif pour faire face à la crise sécuritaire persistante à l’Est de la République démocratique du Congo, une voix discordante s’élève sur la scène politique nationale.
L’homme socio-politique congolais Stéphane Muadi Van, président du Mouvement Réformateur Congolais (MRC) et de la Fondation Afrique et grand notable du Kasaï, est sorti de son silence dans une interview accordée à Portail d’Afrique ce 20 février 2026 pour rejeter catégoriquement toute initiative de dialogue à deux ans de la fin du second mandat du président Félix Tshisekedi.
« Laisser Tshisekedi finir son mandat »
Pour Stéphane Muadi Van, la priorité actuelle ne doit pas être l’organisation d’un nouveau dialogue politique, mais le respect du calendrier constitutionnel.
« Il reste deux ans au président Félix Tshisekedi pour terminer son mandat et organiser les élections. Il faut le laisser aller jusqu’en 2028 et quitter la scène politique conformément à la Constitution », affirme-t-il.
Selon lui, convoquer un dialogue à ce stade risquerait de prolonger le pouvoir en place et de retarder le processus électoral.
« Convoquer le dialogue maintenant ferait de Tshisekedi l’homme le plus puissant du pays, dirigeant toutes les forces politiques. Cela conduirait au partage de gâteau et au report des élections », estime-t-il.
Le “dialogue à la congolaise” remis en cause
Stéphane Muadi Van considère que le concept de dialogue national est devenu inefficace.
> « Le temps du dialogue est révolu. Les dialogues que nous avons connus, depuis l’époque coloniale jusqu’à l’ère Mobutu, ont souvent été des exercices coûteux et sans résultats concrets », déclare-t-il.
Il critique ce qu’il appelle « le dialogue à la congolaise », qu’il décrit comme long, onéreux et inefficace.
« On réunit tout le monde, on loge dans de beaux hôtels, on promet des solutions… mais au final, cela ne donne rien. »
Des consultations sérieuses plutôt qu’un dialogue politique
En lieu et place d’un dialogue formel, Stéphane Muadi Van propose une approche différente : des consultations sérieuses et structurées.
« Il faudrait des consultations menées par une personnalité neutre, désignée par un comité de sages, qui irait à la rencontre des forces politiques et de la société civile pour écouter et proposer des solutions concrètes. »
Toutefois, il précise que même ces consultations ne doivent pas servir de prétexte à un prolongement du pouvoir en place.
Hommage aux 20 ans de la Constitution congolaise
Profitant du 20ᵉ anniversaire de la Constitution congolaise adoptée par référendum le 18 décembre 2005 et promulguée le 18 février 2006 Stéphane Muadi Van a rendu hommage à ce qu’il qualifie de « texte fondateur » de la IIIᵉ République.
« Alors que nous célébrons les 20 ans de notre Constitution, il est inacceptable de vouloir la modifier aujourd’hui », déclare-t-il.
Il dénonce toutefois des « violations répétées » de la Loi fondamentale et appelle à son application stricte.
« Cette Constitution devra être réformée dans l’avenir, mais cela nécessite du temps, de la réflexion et du courage. En aucun cas elle ne doit être modifiée dans un contexte de crise ou d’instabilité politique. »
Un appel à la stabilité institutionnelle
Pour Stéphane Muadi Van, la sortie de crise passe d’abord par le respect des institutions et des échéances constitutionnelles.
Il appelle l’opposition à éviter toute démarche susceptible de fragiliser davantage le pays à l’approche de la fin du mandat présidentiel.
« La RDC a besoin de stabilité, de responsabilité et d’un respect strict de ses textes juridiques. »
À deux ans de l’échéance électorale, la position de Stéphane Muadi Van vient alimenter le débat national entre partisans d’un dialogue inclusif et défenseurs du respect strict du calendrier constitutionnel.
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