
Politique
Dans une carte blanche au ton particulièrement incisif, l’homme politique Steve Mbikayi s’en prend frontalement au sénateur Modeste Bahati Lukwebo, qu’il accuse de semer la confusion au sein de la majorité présidentielle à propos du débat sur la révision de la Constitution.
Tout est parti d’une déclaration de Bahati qui a fait grand bruit : selon lui, « la Constitution est tellement jeune et sage que ses failles ne peuvent être relevées par des sexagénaires moins sages ».
Une sortie qui, selon Mbikayi, a agi comme « un pavé dans la mare », au moment où l’attention des Congolais est tournée vers la situation sécuritaire dans l’Est du pays et l’attente du retrait annoncé des forces d’occupation.
Pour Steve Mbikayi, le caractère polémique de cette prise de position tient surtout au statut de son auteur. Modeste Bahati n’est pas un opposant, mais un membre influent de la majorité réunie au sein de l’Union sacrée de la nation.
Ancien président du Sénat et actuel deuxième vice-président de la Chambre haute, il occupe une place importante dans l’architecture politique qui soutient le président Félix Tshisekedi.
Or, rappelle Mbikayi, le chef de l’État s’est déjà exprimé sur la question des réformes constitutionnelles, estimant que rien ne l’empêche, en tant que garant de la nation, d’initier de telles réformes, conformément aux dispositions de la Constitution.
Dans ce contexte, la sortie de Bahati est perçue comme une forme de défi interne à la ligne de la majorité.
Mais au-delà du débat institutionnel, Steve Mbikayi voit dans cette prise de position l’expression d’une ambition politique personnelle. Selon lui, Modeste Bahati nourrit depuis longtemps des visées présidentielles.
L’auteur de la carte blanche rappelle notamment l’épisode de 2018, lorsque Bahati, alors membre du Front commun pour le Congo (FCC) dirigé par Joseph Kabila, se voyait déjà candidat à la présidentielle.
Son dossier était prêt à être déposé à la Commission électorale nationale indépendante, dans l’attente d’une désignation officielle du chef de la plateforme.
Mais la stratégie de Kabila avait pris Bahati de court. Jusqu’aux dernières heures avant la clôture du dépôt des candidatures, le suspense avait été entretenu, avant que le choix final ne se porte sur Emmanuel Ramazani Shadary.
Pour Mbikayi, cet épisode a constitué le point de rupture entre Bahati et l’ancien pouvoir.
Aujourd’hui, estime-t-il, l’histoire pourrait se répéter. Une éventuelle révision constitutionnelle pourrait permettre au président Félix Tshisekedi de briguer un nouveau mandat, ce qui représenterait un obstacle pour les ambitions de Bahati.
Toutefois, Steve Mbikayi critique ce qu’il considère comme une posture ambiguë du leader de l’AFDC : rester au cœur de la majorité pour bénéficier de ses avantages, tout en multipliant les positions qui la fragilisent.
« On ne peut pas vouloir le beurre et l’argent du beurre », martèle-t-il, appelant Bahati à faire un choix clair : soit rester loyal à la majorité et s’aligner sur sa discipline politique, soit quitter officiellement ce camp pour préparer sa propre candidature.
À deux ans des prochaines échéances électorales, Mbikayi estime qu’une telle clarification est indispensable. Selon lui, la RDC, « véritable sous-continent », ne peut être parcourue efficacement en une seule année de campagne.
Sa conclusion prend la forme d’un avertissement : l’ambiguïté politique pourrait coûter cher au sénateur. « L’hybridisme risque de ne pas payer. Les mêmes causes produiront les mêmes effets », écrit-il, en guise de conseil qu’il dit adresser « de bon cœur ».
Une sortie qui relance les tensions et les spéculations autour des ambitions présidentielles au sein même de la majorité au pouvoir.
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