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Politique

Agression rwandaise : une trêve avant un possible dialogue Tshisekedi-Kagame

2024-07-08
08.07.2024
Afrique
2024-07-08
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Les présidents Paul Kagame et Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo

Les armes se sont tues au Nord-Kivu après une trêve humanitaire négociée pendant deux semaines entre les rebelles du M23 et les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). L’objectif caché de cette trêve est de permettre de trouver les conditions à une rencontre entre Félix Tshisekedi et Paul Kagame pour négocier une solution politique au confit.

Premier jour sans combat au Nord-Kivu… ou presque. Depuis le 5 juillet, une trêve humanitaire est observée sur le terrain entre les rebelles du M23, soutenus par le Rwanda, et l’armée régulière congolaise et leur milice supplétive Wazalendo. Cette trêve surprise a été annoncée jeudi 4 juillet par le département d’Etat américain. Pendant deux semaines, les parties en conflit se sont engagées à faire taire les armes afin de « permettre le retour volontaire des personnes déplacées et à fournir au personnel humanitaire un accès sans entrave aux populations vulnérables ». Il faut dire que depuis la résurgence de la rébellion du M23 fin 2021, la situation n’a cessé de se dégrader. Selon Bruno Lemarquis, le Coordonnateur des opérations humanitaires de l’ONU en RDC, s’est récemment alarmé du chiffre record de 7.3 millions de déplacés au Congo. « 40% de la population de l’Ituri, plus de 30% de la population du Nord-Kivu et 20% de la population du Sud-Kivu sont déplacées » a-t-il déploré. Cette pause dans les hostilités va donc permettre aux humanitaires de pouvoir se déplacer dans des zones où certaines ONG internationales avaient cessé de se rendre, notamment autour de Kanyabayonga, où plus de 100 000 personnes ont quitté leurs foyers. Les populations déplacées vont donc pour pouvoir souffler un peu.

Washington à la manoeuvre

Le Nord-Kivu avait déjà connu un cessez-le-feu pendant les élections de décembre 2023. Quelques jours de répit seulement. Mais les affrontements avaient repris de plus belle après le scrutin et la réélection de Félix Tshisekedi. Comme en décembre dernier, ce sont les Etats-Unis qui sont à la manoeuvre, soutenus par l’Union européenne. Aujourd’hui, le timing de cette trêve humanitaire, imposée par Washington, est tout sauf le fruit du hasard. Le communiqué de la Maison Blanche nous apprend que cette option est en discussion depuis la visite de la patronne du renseignement américain, Avril Haines, à Kigali et Kinshasa… en avril dernier. Autre point important, Washington ne mentionne pas le M23 dans son communiqué et indique seulement que « les gouvernements de la RDC et du Rwanda » soutiennent la trêve de deux semaines « visant à soulager les souffrances des populations ». Intéressant lorsque Kigali continue de réfuter toute aide au M23 et toute présence de ses soldats sur le sol congolais.

A qui profite la trêve ?

Kinshasa joue la carte humanitaire pour justifier son accord à l’arrêt des combats. « Il est urgent que ces populations puissent être secourues » indique le gouvernement. Mais au Congo, quelques voix s’élèvent pour se demander : à qui profite vraiment cette trêve ? C’est le cas du président de l’ASADHO, Jean-Claude Katende. Le défenseur des droits humains se demande « pourquoi cette trêve intervient quelques jours après que le Rwanda ait pris de nouveaux territoires congolais ? Est-ce pour permettre au Rwanda et au M23 de consolider leurs positions ? » Une interrogation qui intervient alors que la rébellion en profite justement pour installer sa propre administration à Kirumba, une cité que le M23 vient tout juste de conquérir. Le porte-parole du gouvernement congolais, Patrick Muyaya, a tenu à rassurer en affirmant que l’armée congolaise « restera vigilante pour prévenir toute tentative de violation de cette trêve par les ennemis de la République ». Le ministre y voit également un signe encourageant, notamment pour le retrait des troupes rwandaises.

Début de discussions entre Kinshasa et Kigali

« Pourquoi nos autorités acceptent pareille demande ? » se demandait Jean-Claude Katende le 5 juillet. La réponse est en fait arrivée ce dimanche avec l’annonce d’une première discussion, à Kigali, entre la vice-ministre des Affaires étrangères congolaise Gracia Yamba Kazadi et le ministre des Affaires étrangères rwandais Olivier Nduhungirehe. C’est d’ailleurs ce dernier, qui a annoncé la tenue de la rencontre dans le cadre de l’East African Community (EAC) sur les réseaux sociaux. Sur son compte X, le nouveau patron de la diplomatie rwandaise a souligné que la réunion s’était déroulée « dans un esprit constructif et orienté vers des solutions », soulignant que cette solution était politique. Olivier Nduhungirehe a également annoncé que « des décisions concrètes ont été prises pour relancer les processus de paix de Luanda et de Nairobi », les deux cadres de négociations en cours. Toujours sur X, Kinshasa a rapidement temporisé : « Pas si vite Olivier Nduhungirehe, dans ce cadre consultatif non-décisionnel de l’EAC, notre vice-ministre a indiqué un message très clair : la souffrance humaine et les déplacements sont dus aux actions violentes de l’armée rwandaise et du M23, ce cadre ne se substitue pas au processus de Luanda. Rendez-vous à Luanda » a souligné le ministère des Affaires étrangères congolais.

Vers une rencontre Tshisekedi-Kagame

Cette trêve humanitaire surprise avait donc un objectif caché, en plus de venir en aide aux populations déplacées. Il s’agissait de faire taire les armes dans un moment, où Washington et l’Union européenne cherchent à obtenir une rencontre au sommet entre Félix Tshisekedi et Paul Kagame. Depuis plusieurs semaines, le médiateur du conflit congolais, le président angolais Joao Lourenço, négocie en coulisse des discussions directes entre les deux chefs d’Etat pour ramener la paix au Congo. Cette trêve semble donc constituer l’apaisement indispensable sur le terrain militaire à une rencontre Tshisekedi-Kagame. D’autant que l’accalmie sur le front du Nord-Kivu intervient en pleine élection présidentielle rwandaise, à laquelle Paul Kagame concourt pour un quatrième mandat, gagné d’avance. Il reste donc jusqu’au 19 juillet pour trouver les modalités d’une entrevue entre les deux présidents… à condition que la trêve tienne sur le terrain militaire. Des affrontements ont déjà été signalés près de Matembe, à 50 km au Nord de Kanyabayonga.

 

Christophe Rigaud
Afrikarabia / MCP, via mediacongo.net
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Il y a 644 jours
Juste pour ajouter le rétablissement de peine de mort est considéré comme obstacle majeur vers la paix.

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Il y a 644 jours
(Suite) Soit Tshilombo peut rencontrer Kagame sans conséquences de son image en RDC ? Donc nous devons analyser, exposer les faits sur table. Tshilombo peut il être être autonome vers l'Occident ? Impossible. L'avion Sukoi qui bombarde les M23 est soviétique, voir même certains chars de combat, et armements, sont soviétiques. Comment les FARDC peuvent nourrir leurs arsenaux ? C'est là où l'Occident impose sa loi économique. Conclusion. L'Occident a ses cartes, comme le Rwanda et la RDC.

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Il y a 644 jours
Le problème c'est le choix de la RDC de son appartenance idéologique depuis l'indépendance. Bloc occidentale où communiste, en paroles simples. Au Congo RDC, il y'a un bloc des politiciens qui situent la RDC dans le bloc occidentale. Conséquence, dans le monde d'aujourd'hui, où l'économie a pris place de l'ideologie, l'Occident fait tout pour que la RDC soit occidentale. Conséquence, en RDC existent des politiciens pour ces sales besognes de l'Occident. Donc nous avons le premier obstacle dans le pays RDC, sa localisation dans l'économie mondiale. Le Rwanda a fait de FDRL et Tutsi son totem, sa ligne rouge. Tous ces éléments sont en RDC. Tshilombo a un pacte avec les FDRL et Wazalendo, groupes décidément contre tout ce qui est Tutsi, donc Rwandais. Qui alimentent ces mouvements ? Un Tutsi burundais et différent de Tutsi Rwandais ? Au vue des nos pactes absurdes avec le Rwanda et Burundi. Nb. Mobutu avait l'influence dans ces 2 pays. Maintenant Tshilombo, peut s'en passer des Wazalendo et FDRL, et d'autres groupes anti Rwandais ? Voilà les nœuds qui bloquent le processus de Luanda. Bref nous sommes devant l'impossible, dû aux agendas internes de chaque pays. Soit...

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