
Monde
Les F-16 dont l’Ukraine a annoncé dimanche avoir reçu les premiers exemplaires sont des atouts essentiels pour espérer contester le contrôle de son ciel aux Russes, soulager sa défense antiaérienne et soutenir ses troupes terrestres.
Ces avions de combat multirôles de fabrication américaine font partie des équipements les plus cruciaux que les Occidentaux se sont engagés à livrer à l’Ukraine.
Toutefois, à l’instar des autres équipements fournis (missiles, canons, lance-roquettes, etc.), leur déploiement et leur emploi "n’apporteront pas de changements majeurs dans la capacité de l’Ukraine à regagner du terrain", prévient Justin Bronk du centre britannique Rusi.
Pourquoi les F-16 ?
Avant l’invasion du 24 février 2022, l’Ukraine disposait d’avions de combat d’origine soviétique, en quantité insuffisante et beaucoup ont été détruits.
Les Ukrainiens ont rapidement demandé aux pays occidentaux de leur fournir des avions mais ceux-ci ont hésité pendant de nombreux mois, commençant par leur envoyer des appareils de conception soviétique prélevés dans les flottes des pays d’Europe de l’Est.
Mais ces avions sont en nombre trop faible et leur maintenance est problématique.

Par exemple, pour les MiG-29, "leurs réacteurs RD-33 réclament une révision toutes les 300 heures de vol. Or les usines pour les révisions de ces moteurs sont en Russie. Il est possible de se débrouiller avec des pièces en provenance de pays assez neutres, comme l’Azerbaïdjan, mais cela a ses limites. D’où la relative urgence (de la livraison) des F-16", explique à l’AFP un industriel occidental du secteur de l’armement, sous couvert d’anonymat.
La base de données Military Balance du centre de recherche IISS évaluait début 2024 les forces aériennes ukrainiennes à 65 appareils de combat, des MiG-29, Su-27, Su-24 et Su-25.

i-mai, le président ukrainien Volodymyr Zelensky déclarait à l’AFP que son pays avait besoin de 120 à 130 F-16 pour mettre fin à la domination de la Russie dans les airs.
Mais pour l’instant, les soutiens de Kiev se sont engagés pour moins de cent fournis sur plusieurs années.
Dimanche, Volodymyr Zelensky a officiellement annoncé avoir enfin reçu ses tout premiers chasseurs F-16 et les a montrés aux journalistes lors d’une cérémonie sur un site tenu secret en Ukraine.
Il n’a pas dévoilé la date de la livraison, ni le nom du pays ayant livré les avions, ni le nombre de ces premiers F-16 se bornant à dire qu’il était "insuffisant".
Les journalistes de l’AFP présents sur place en ont vu au moins quatre.

L’intérêt des F-16, outre leur efficacité, est qu’ils sont très répandus (plus de 2800 dans le monde, selon Military Balance). Il est donc plus aisé d’en obtenir auprès de multiples partenaires, de se procurer des pièces détachées et d’organiser la maintenance.
Pour faire quoi ?
Plusieurs missions d’importance leur seront assignées, en fonction de leur nombre, de leur disponibilité et de celle des munitions.
Ils permettront de renforcer la défense antiaérienne de l’Ukraine, en interceptant les missiles, les drones et, éventuellement, en menaçant les avions russes armés de bombes et de missiles air-sol. Cela viendra soulager les systèmes sol-air ukrainiens, en quantité limitée et aux munitions rares et coûteuses.
Au plus près du front, ils feront face à un environnement très contesté.
Ils seront "confrontés à des systèmes de défense antiaérienne et à des chasseurs russes, par conséquent, les options tactiques pour les pilotes ukrainiens autres que la frappe à distance sur des cibles fixes seront très limitées", a déclaré à l’AFP Justin Bronk.
We are now in a new phase of development for the Air Force of the Armed Forces of Ukraine. We have done a lot to transition the Ukrainian Air Force to a new aviation standard – Western combat aviation. From the beginning of this war, we have been talking with our partners about… pic.twitter.com/z21yTU0Hjo
— Volodymyr Zelenskyy / Володимир Зеленський (@ZelenskyyUa) August 4, 2024
Néanmoins, ils auront "une influence au sol en offrant une capacité défensive pour contrer les hélicoptères d’attaque et les chasseurs bombardiers soutenant toute éventuelle avancée russe", ajoute-t-il.Plus largement, "les capacités du F-16 permettront à l’Ukraine de mettre en danger plus de cibles russes et donc d’améliorer sa position dans la guerre et à la table des négociations" si celles-ci doivent débuter, estime le centre de recherche américain CSIS dans une note de juin.
Quelles précautions, quels risques ?
Les défis sont multiples. Il a fallu former les pilotes dans l’urgence mais aussi les équipes de maintenance et il faut trouver un endroit sûr où les baser.
"Ce ne sont pas seulement les pilotes que vous devez avoir" mais aussi "les responsables de la maintenance. Et nous travaillons avec diligence pour nous assurer que les Ukrainiens disposent" du nécessaire, déclarait mi-juin le chef d’état-major des forces américaines Charles Brown.
Se pose aussi la question de la protection des bases où ils seront entreposés, un problème récemment illustré par la capacité des Russes à frapper plusieurs bases aériennes ukrainiennes.
"A un moment où l’Ukraine attend des F-16, la question de leur sécurité au sol se pose", estimait le centre de recherche ukrainien Defense Express, ajoutant cependant que les dimensions des F-16 leur permettraient d’être stockés sous des abris bétonnés.
L’hypothèse de les baser hors d’Ukraine a aussi été évoquée par certains médias, sans être publiquement validée par les autorités ukrainiennes ou étrangères.
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