
Economie
“Les banques ne peuvent pas accorder des prêts à des startups et à des entreprises qui démarrent leurs activités parce que structurellement, nous ne sommes pas équipés pour ça. Ça veut dire que les dépôts dont nous disposons, ce ne sont que des dépôts à vue, des comptes créditeurs à la fin du mois, donc ils peuvent augmenter et diminuer de manière extrêmement rapide”, explique sur TOP CONGO FM, Henry Wazne, vice-président de l’association congolaises des banques.
Revenant donc sur son intervention au récent Level Up Makutano, il précise que “nous ne disposons pas des fonds pour pouvoir prêter sur du moyen terme et du long terme. Nous ne disposons des fonds que pour pouvoir prêter sur du court et du très court terme. À fortiori, on ne peut pas financer l'économie réelle, c’est ça la vérité. Et à fortiori, on ne peut pas financer des startups”.
La réalité est qu“on compte beaucoup sur la FD, la Banque mondiale, pour essayer de disponibiliser des fonds avec des maturités relativement longue pour pouvoir le faire, c’est aussi simple que ça” renchérit-il
Henry Wazne estime que la situation est similaire pour d’autres secteurs, notamment celui de l’immobilier.
“Les banques ne peuvent pas financer l’immobilier parce que nous ne disposons pas des fonds sur 10 ans, 15 ans , 20 ans. C'est pour ça que vous voyez que si les gens doivent acheter ou construire une maison, ils doivent le faire sur des fonds propres”, relève-t-il
Que faire pour avoir des dépôts plus stables ?
Pour avoir des dépôts plus stables, le vice-président de l’association congolaise des banques estime que le travail doit se faire à deux niveaux, d’une part, “les banques doivent faire un grand travail avec la Banque Centrale”, d'autre part, explique-t-il, “les banques doivent travailler aussi avec le gouvernement. Il faut que des lois existent pour encourager l’épargne, il faut sanctuariser l’épargne, dire par exemple dire que l’épargne jusqu'à 50 000, 100 000 $ et même jusqu'à 500 000$ ne peut pas être saisi si c’est un compte DAT ( dépôt à terme ), que ce soit par les fiscs, que par la justice”.
Il est convaincu qu“en ce moment-là, on va encourager toute cette épargne informelle à être placée chez les banques. En ce moment-là là, on aura les moyens de financer des startups et de financer d’autres projets”.
Qu’à cela ne tienne, “avec le peu de dépôts dont nous disposons, même l’épargne à court terme, on peut prendre le moindre risque possible, on va le prêter à quelqu'un qui est actif, qui a déjà un bilan, dont on connaît déjà l’activité, on sait déjà ce qu’il peut faire, on lui prête cet argent en sachant qu’il y a un roulement, il y a un turn over, il y a des flux, c'est ce qu’on fait. Malheureusement les gens qui ont déjà démarré et qui travaillent sont bien-sûr mieux lotis que ceux qui commencent”.
Cependant, il souligne le fait qu“il faut encourager la population congolaise et les entrepreneurs congolais à détenir une part plus significative de leur économie. Les banques, il n’y a plus d’acteurs congolais. Est-ce la faute des acteurs étrangers ? Les acteurs congolais qui existaient ont vendu leurs banques à des étrangers. Il faut se poser des questions”.
“Que devons-nous faire pour promouvoir les entreprises congolaises ? Est-ce que c’est en décrétant, en réservant des domaines aux congolais ? C’est une question légitime qui se pose. Est-ce que c’est comme la loi sur la sous-traitance qui, en soi n'est pas mauvaise mais, qui pose quelques problèmes dans son application”, s’interroge-t-il
Il reconnaît effectivement qu“aujourd'hui, les secteurs stratégiques du pays sont dominés par des investisseurs étrangers. Il faut trouver des solutions, il faut que l’État intervienne, il faut que les banques aient les moyens de prêter aux entreprises congolaises pour qu’elles se développent”.
Mais relève tout de même que contrairement à ce que l’on croit, “dans beaucoup de domaines, on voit des hommes d’affaires congolais émerger et prospérer, pas seulement grâce à la loi sur la sous-traitance. On les voit prospérer depuis quelques années, même dans le secteur minier, l’immobilier et autres, mais ça reste limité en nombre”.
Étant donné que les entreprises congolaises sont minoritaires, il suggère qu’il y ait “des incitations fiscales, il faut créer moins de formel, plus de formel, il faut encourager les congolais à investir, mais pour ça, il faut également inculquer une culture du management qui n’existe pas suffisamment”.
“C’est un travail, un chantier. Pour les prochaines années, le gouvernement a beaucoup de travail. Je sais que c’est la volonté des autorités mais c’est une volonté naturelle qui a toujours existé, mais on le sent aujourd'hui de manière plus importante, de voir comment est-ce qu’on peut promouvoir l’entrepreneuriat congolais” estime-t-il
Taux directeur trop élevé
“La Banque Centrale fait déjà beaucoup. Beaucoup de chantiers ont été mis en place, que ce soit à la centrale des risque, la garantie des dépôts, la problématique du taux directeur, c’est vrai qu’un taux directeur à 25 % est à mon avis trop élevé, il n’a pas véritablement raison d’être, c’est mon opinion propre. Ça a été fait pour limiter la dépréciation du franc congolais mais c’est un pays extrêmement dollarisé. Donc, augmenter le taux directeur en franc congolais n’a pas véritablement d’impact”, estime Henry Wazne
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