
Société
A 20 jours des élections du 23 décembre 2018, la controverse autour de la machine à voter prend une ampleur inquiétante. Le compromis s’éloigne alors que l’échéance devient de plus en plus non négociable.
Le 22 novembre 2018, la Cenco avait proposé à la Ceni de « procéder uniquement au comptage manuel des voix » pour valider les résultats et non la transmission automatique des résultats via la machine à voter. Voie de la sagesse que la Ceni devrait prendre en compte pour éviter des tensions postélectorales aux conséquences imprévisibles.
Il ne reste plus que 20 jours pour le rendez-vous électoral du 23 décembre 2018. La Ceni continue à afficher son optimisme, convaincue d’appeler à la date convenue les 40 millions d’électeurs aux urnes pour la présidentielle, les législatives nationales et provinciales. Si sur papier, la Ceni se dit confiante de gagner le pari, dans le fond, la centrale électorale est butée à des difficultés réelles.
A première vue, le recours à la machine à voter ne fait pas l’unanimité, sans compter la présence dans le fichier électoral d’un nombre impressionnant d’électeurs sans empreintes, soit plus de 10 millions. Pour toutes ces raisons, les scrutins du 23 décembre 2018 sont encore entourés d’un épais brouillard.
LA CONTROVERSE
Se tiendront ou ne se teindront-ils pas ? La question est sur toutes les lèvres. En effet, le défi logistique qui s'impose à la Ceni est si énorme que certains doutent de sa capacité à organiser en bonne et due forme les scrutins de décembre prochain. Ce qui n’émeut pas le président de la Ceni, Corneille Nangaa. Depuis un temps, ce dernier s’est retranché dans une tour d’ivoire. Il s’est abstenu de toute déclaration, préférant se concentrer sur la tâche qui lui revient, c’est-à-dire répondre présent au rendez-vous du 23 décembre 2018.
A tout prendre, la Ceni a encore du chemin à parcourir. Entre-temps, le temps presse. Et dans l’opinion publique, la grogne est à son comble. A première vue, la Ceni n’a pas réussi à convaincre de la fiabilité de la machine à voter, cette technologie importée de la Corée sur Sud, pour laquelle, d’ailleurs, le gouvernement sud-coréen a dû se désengager, préférant laisser l’entière responsabilité de ce deal au fabricant Miru Systems lié par un contrat signé de gré àgré avec la Ceni.
De bout en bout, le contrat Ceni-Miru Systems reste entouré d’un grand mystère. Il s’ensuit malheureusement, que la crédibilité de tout le processus électoral s’en ressent. Désormais, l’avenir du processus électoral est suspendu à la machine à voter dont la Ceni est seule à en détenir l’intelligence. Il faut donc craindre que les élections du 23 décembre fassent l’objet d’une contestation à grande échelle. Pour l’instant, seul le Front commun pour le Congo souscrit à l’option levée de la machine à voter. Un soutien qui cache bien des réalités.
LA SOLUTION DE LA CÉNCO
En bons pasteurs, les évêques réunis dernièrement en assemblée plénière extraordinaire ont proposé une voie de sortie. La Cenco craint que le pays ne bascule, avec l’usage de la machine à voter, dans une crise postélectorale indescriptible. Dans ses recommandations, la Cenco a demandé à la Ceni « de ne pas se lasser d’œuvrer pour chercher le consensus sur les points de divergence ; de chercher à convaincre plutôt qu’à s’imposer », rappelant qu’ « il est encore possible de trouver un consensus sur l’utilisation ou non de la machine à voter ».
Coupant la poire en deux, tout en épargnant le pays d’une crise postélectorale aux conséquences incalculables, au cas où « l’usage de cette machine s’avérerait inéluctable », la Cenco a vivement demandé à la Ceni « de rassurer le Peuple congolais que la machine ne sera exclusivement utilisée que pour l’identification des candidats et l’impression des bulletins de vote ; de procéder uniquement au comptage manuel des voix et d’afficher les procès-verbaux (PV) dans tous les bureaux de vote et de dépouillement le même jour ». « Autrement , rappelait la Cenco, elle [Ndlr : la machine à voter] jetterait le discrédit sur les résultats des scrutins ».
Bien évidemment, la voix de la Cénco s’ajoute à tant d’autres. Elle a néanmoins l’avantage d’atténuer les discussions pour épargner le processus électoral d’une contestation à grande échelle. Dans tous les cas, le dernier mot revient à la Ceni, seul pouvoir organisateur des élections. Ce n’est pas pour autant qu’elle devrait rester sourde à l’appel à la raison lancée par la Cenco. A moins que Nangaa et les siens aient décidé d’amener toute la RDC vers l’abîme.
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