
Politique
Candidat malheureux de la coalition Lamuka à la présidentielle, arrivée 2ème à la présidentielle avec 34,8 % des voix, Martin Fayulu n’a pas su se maîtriser, après l’annonce le week-end de la décision irrévocable de la Cour constitutionnelle, confirmant la victoire de Félix Tshisekedi.
Dans une déclaration lue devant la presse, Martin Fayulu a dit se considérer comme le président élu de la RDC, appelant en même temps le peuple à la résistance, sans trop de commentaires. En même temps, partout ailleurs, les félicitations à l’endroit de Félix Tshisekedi, affluent.
Martin Fayulu n’a pas trouvé gain de cause devant la Cour constitutionnelle. Pour les cinq prochaines années, c’est Félix Tshisekedi qui sera aux commandes de la RDC. Ainsi en a décidé la haute Cour. Une décision, quoiqu’irrévocable, que le candidat de Lamuka à la présidentielle du 30 décembre, n’a pas pu digérer. Devant la presse qu’il a réunie, juste après la décision de la haute Cour, Martin Fayulu a revêtu - de la plus belle des manières d’ailleurs - son étoffe d’opposant. Tout en rejetant en bloc l’arrêt de la Cour constitutionnelle, Martin Fayulu dit se considérer toujours comme le président élu, donc « légitime » de la RDC.
Le candidat de Lamuka a expliqué qu’il se considérait comme le seul président élu et appelle à des marches pacifiques sur toute l’étendue du territoire national. « Je me considère désormais comme le seul président légitime de la République démocratique du Congo », a déclaré Martin Fayulu juste après le rejet de son recours et la proclamation de la victoire de son adversaire par la Cour constitutionnelle.
« Dès lors, je demande au peuple congolais de ne pas reconnaître tout individu qui se prévaudrait illégitimement de cette qualité, ni obéir aux ordres qui émaneraient de lui », a-t-il lancé, revendiquant la victoire avec 60 % des voix.
« Je demande par ailleurs à l’ensemble de la communauté internationale de ne pas reconnaître un pouvoir qui n’a ni légitimité, ni qualité légale pour représenter le peuple congolais », a-t-il ajouté. Martin Fayulu a appelé les Congolais à organiser « des manifestations pacifiques sur toute l’étendue du territoire national » pour protester contre la décision de la Cour constitutionnelle.
« Ce n’est ni plus, ni moins qu’un coup d’Etat constitutionnel, car il porte à la magistrature suprême un non élu », a-t-il insisté. « Par cet arrêt, la Cour constitutionnelle vient une fois de plus de confirmer qu’à l’instar de la Commission électorale, elle est au service d’un individu et d’un régime dictatorial qui ne respecte ni les lois de la République, ni les règles les plus élémentaires de la démocratie et de la morale », a-t-il dit visant le président sortant Joseph Kabila.
M. Fayulu accuse également le président élu, Félix Tshisekedi, d’être « totalement complice » d’un « putsch électoral » organisé par le président sortant, Joseph Kabila.
UNE DÉCLARATION QUI NE CHANGE RIEN
Alors que des messages de félicitations à Félix Tshisekedi fusent de partout, la position extrême, adoptée par Fayulu, pourrait bien s’avérer comme un simple coup d’épée dans l’eau. C’est une déclaration inopportune dont les conséquences pourraient à l’avenir le desservir. L’on se rappelle qu’en 2011, à l’annonce des résultats de la présidentielle, Etienne Tshisekedi avait adopté la même attitude, avant de s’essouffler sur le terrain politique.
Martin Fayulu ferait mieux de ne pas retomber dans les mêmes travers. Delly Sesanga, secrétaire général d’Ensemble pour le changement, coalition formée autour de Moïse Katumbi, l’un des soutiens à Martin Fayulu dans le cadre de la coalition Lamuka, a également salué la victoire de Félix Tshisekedi. « L’avènement de Félix Tshisekedi à la magistrature suprême marque un progrès indéniable de notre système politique », a dit Sesanga, cité par Politico.cd.
VALSE DE FÉLICITATIONS
John Pombe Joseph Magufuli, président tanzanien, a félicité Félix Tshisekedi pour son élection à la tête de la RDC, rapporte Actualite.cd. Son
message intervient après celui de son homologue burundais. Ils ont été les premiers voisins à lui adresser leurs félicitations après l’arrêt de la Cour constitutionnelle, dans la nuit du samedi 19 et du dimanche 20 janvier.
« Suite à l’arrêt de la haute Cour constitutionnelle, je félicite Félix Tshisekedi pour son élection à la présidence de la RDC. Tout en félicitant tous les Congolais, je vous prie de maintenir la paix et d’affirmer mon engagement à renforcer nos liens historiques et fraternels », a-t-il déclaré.
Bien avant lui, Dr Hage G. Geingob, président namibien et président exercice de la Communauté de développement de l’Afrique australe, avait également félicité, au nom de l’organisation sous-régionale, Félix Tshisekedi. Le président kenyan, Uhuru Kenyatta, lui a emboité le pas, en présentant aussi ses félicitations à Félix Tshisekedi.
Marie-Josée Ifoku, Théodore Ngoy, Noël Tshiani, tous candidats à la présidentielle du 30 décembre 2018, se sont pliés à la décision de la Cour constitutionnelle, tout en prenant acte de la victoire de Félix Tshisekedi.
Autant de déclarations qui pourraient bien faire réfléchir Martin Fayulu et lui faire comprendre que le vin est déjà tiré, il ne restait plus qu’à le boire. Pour l’instant, Félix Tshisekedi est officiellement le 5ème président de la RDC. Une nouvelle ère s’ouvre en RDC dès ce mardi 22 janvier, jour de sa prestation de serment.
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