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Esther Kamatari : "La mode africaine est encore trop peu visible"

Esther Kamatari : "La mode africaine est encore trop peu visible" 2019-02-04
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Membre de la famille royale burundaise, égérie de Guerlain, elle est la marraine de l’exposition photo “Black Queens” actuellement présentée à Paris. Un soutien que cette grande dame peut apporter à la mode africaine, grâce à l’influence qu’elle s’est savamment construite.

« Être princesse, ce n’est pas un métier. Mais cela donne des responsabilités ». Esther Kamatari a le sens de la formule et de l’humour. L’ancien top-model, l’une des premières Noires à défiler sur les podiums de la haute couture française au début des années 1970, cultive aussi les paradoxes. Autant elle reçoit dans un bureau cossu de l’avenue de Wagram, à Paris, autant ses manières sont simples et spontanées. Autant elle fait en permanence référence à ses racines burundaises, autant cette dame de 67 ans et pas une ride sur le visage, est d’une élégance toute occidentale.

La reine du storytelling

« La mode africaine est encore trop peu visible parce que nous-mêmes ne soutenons pas nos créateurs, nous n’achetons pas local », clame-t-elle, en évoquant à raison la faible présence des créatrices et créateurs originaires d’Afrique aux défilés de la Fashion Week parisienne. Pourtant, celle qui a rejoint, en 2015, le cercle très fermé des égéries de Guerlain n’est que rarement apparue dans des toilettes rappelant cet ancrage africain tant revendiqué. Quant à sa chevelure teinte en blond, elle contraste fortement avec son teint d’ébène.

Faut-il, dès lors, voir comme une sorte de mea culpa, ou de rattrapage, le soutien de cette membre de la famille royale du Burundi, pays voisin de la République démocratique du Congo, à l’Est de l’Afrique, à l’exposition-vente photographique Black Queens, qui se tient jusqu’au 27 janvier à l’Espace Remix ?

“Il s’agit d’exposer une Afrique belle, inspirante, généreuse”

La princesse Kamatari est la marraine de cet événement présenté à la fois comme un hommage à la beauté noire et à la black fashion, puisqu’elle regroupe la nouvelle vague de mannequins, stylistes et photographes issus du continent. « C’est un engagement sincère si l’on se réfère aux causes qu’elle défend. Où qu’elle soit, Esther Kamatari parle de notre continent, de notre Histoire », affirme Trésor Elenguitor, lui-même promoteur d’un concept-store dédié aux femmes noires et à la valorisation des cultures afro-caribéennes. Afin de mieux marquer son soutien, la princesse-mannequin fait d’ailleurs partie des modèles que l’on peut admirer. Pour elle, « il s’agit d’exposer une Afrique belle, inspirante, généreuse ». Voilà pourquoi les bénéfices de l’exposition Black Queens seront reversés à un orphelinat de Gao, au nord du Mali, ajoute-t-elle.

L’humanitaire ! Autre cheval de bataille de la princesse Esther Kamatari, après avoir défilé pour Dior, Paco Rabanne, Lanvin… Une carrière démarrée en trombe aussitôt arrivée en France en 1969, cinq ans après l’abolition de la monarchie dans son pays et l’assassinat de son père, frère du roi déchu. Sa famille aura régné sur le Burundi pendant trois siècles. À Paris, Esther Kamatari va dominer les podiums « sur les simples conseils d’un coiffeur ». Car, ajoute-t-elle, « en venant de Bujumbura, je n’avais aucune idée de ce métier ». Une vie racontée telle un conte de fée, une accroche narrative parfaitement huilée. Et aussi, des anecdotes bien choisies sur le rôle de « courroie de transmission entre le palais et le peuple » qu’elle aurait joué encore enfant. Ceci, afin d’expliquer la source de son engagement actuel en faveur des femmes et des déshérités.

“Ce que je fais n’est pas juste de l’humanitaire. C’est une question de survie”

Pour ses détracteurs, la princesse Kamatari est la reine du storytelling. Sa cousine Paula Rosa, l’héritière du trône du Burundi, avec qui elle a des relations plutôt froides, critique régulièrement dans les médias « une tendance à s’approprier l’histoire familiale ». Qu’importe ! Esther Kamatari a su l’utiliser pour mieux se raconter. D’abord dans une autobiographie, Princesse des Rugo (Bayard, 2001), ensuite sur tous les plateaux télé où elle est invitée. « Je veux remplir le rôle auquel ma naissance m’oblige. Ce que je fais n’est pas juste de l’humanitaire. C’est une question de survie », déclare-t-elle, un peu grandiloquente, en reposant délicatement sa tasse de thé.

Certes, la mise en récit de son statut de princesse et de sa carrière de top-model, parfois intempestive, peut susciter un certain malaise. Mais, elle n’en paraît pas moins nécessaire. Surtout dans un contexte où la faible représentativité des Noirs dans l’espace public constitue un réel problème. Un peu comme une obligation pour eux de savoir et devoir se « vendre », en plus de leurs aptitudes, pour pouvoir ouvrir des portes. Esther Kamatari, également engagée en politique dans la commune de Boulogne-Billancourt, le fait avec un talent certain. Ce qui lui permet d’être une référence et une inspiratrice… et de mener des actions utiles.

 


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