
Provinces
En effet, on impute à Thomas Mardochée Makabu Eputa, directeur de cabinet du gouverneur, un document qu’il a fait signer à ce dernier, lequel instaure un régime spécial de double intérim, que sont chargés d’assumer conjointement le vice-gouverneur et le ministre provincial de la Justice. La nouvelle est tombée à la veille du départ de Koyagialo à Goma, où il devait prendre part à la Conférence sur les mines. On laisse entendre que pour des raisons inexpliquées, le ministre provincial des Mines a été abandonné à Mbandaka et remplacé par des personnes non qualifiées pour cette mission.
Ce bicéphalisme rarissime dans les annales de la République est assorti d’une mesure conservatoire : l’interdiction pour les deux intérimaires de tenir le Conseil provincial des ministres, de signer des contrats, d’ordonner des retraits de fonds au niveau des banques, etc.
La conséquence de cette situation est que l’administration provinciale est sérieusement handicapée dans son fonctionnement, faute de fonds pour les dépenses courantes telles que les achats des fournitures de bureau. Quant aux membres des cabinets politiques, ils viennent d’accumuler deux mois d’arriérés de salaires.
L’autre affaire qui fait jaser à Mbandaka est la signature, par le gouverneur, à l’instigation de son directeur de cabinet, de trois arrêtés fort critiqués. A en croire des sources proches du Gouvernorat, le premier arrêté, n°2010/027, daté du 18 mars 2014, avec comme lieu de signature Kinshasa alors que Koyagialo séjournait déjà à Mbandaka, porte nomination du directeur de cabinet du gouverneur. Pourtant celui-ci, qui n’a pas changé, était déjà élevé à ce poste par un arrêté du gouverneur intérimaire, il y a un mois. On se retrouve ainsi avec deux actes de nomination, à un même poste, d’une même personne, à savoir Thomas Mardochée Makabu Eputa.
Le second arrêté, n°2010/028, signé à partir de Mbandaka le même 18 mars, nomme un directeur de cabinet adjoint du gouverneur. Quant au troisième arrêté, n°2010/029, il se rapporte à la nomination de deux inspecteurs de province, l’un chargé des Recettes, et l’autre des Dépenses.
Par ailleurs, une lettre signée par le directeur de cabinet du gouverneur informe les ministres et les commissaires provinciaux ainsi que le secrétaire exécutif du gouvernement provincial de l’affectation de trois nouvelles unités dans le cabinet de chaque ministre, ce qui donne au total une cinquantaine de nouvelles unités. Ce parachutage fait scandale car la moitié des « recommandés » proviennent du district d’origine du gouverneur et de son directeur de cabinet, à savoir le Nord-Ubangi. Les ressortissants du district de Tshuapa, Mongala, Sud-Ubangi se sentent ainsi marginalisés. S’agissant de l’autre moitié, on a identifié près d’une dizaine d’originaires d’autres provinces. Comment ces « étrangers » ont-ils pu se glisser aux postes réservés aux filles et fils de l’Equateur ?
Face aux initiatives séparatistes de son directeur de cabinet, lesquelles violent les textes légaux et installent un profond malaise au sein de la province, l’opinion équatorienne invite le gouverneur Koyagialo à sortir de la prison dans laquelle voudrait l’enfermer son entourage politique et ethnique. L’on conseille à ce vieux routier de la territoriale, connu pour sa compétence et sa sagesse, de se ressaisir très vite et de mettre un terme aux dérives de celui qu’il a choisi comme patron de son cabinet. On lui demande aussi de mettre de l’ordre au sein de sa garde rapprochée, qui tend à prolonger la chasse à l’homme dans les installations du gouvernorat, comme c’était le cas le samedi 15 mars à l’aéroport de Mbandaka.
En ce temps où l’on parle de la reconstruction de l’Equateur et de la nécessité de récréer l’union sacrée entre ses fils et filles afin de faire avancer la province, les velléités de prise en otage de Koyagialo par ses proches sonnent faux.
A Mbandaka, certaines langues commencent à se demander si la succession au pouvoir des gouverneurs PPRD sont réellement les intérêts de la province de l’Equateur.
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