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"On devrait être fiers de notre peau noire"

"On devrait être fiers de notre peau noire" 2019-02-27
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Le blanchissement de la peau ne recule pas en Afrique. Selon les pays, les produits éclaircissants sont parfois interdits de fabrication et de commercialisation.

Alors que le Rwanda a lancé récemment une opération de répression contre les produits éclaircissants ; au Sénégal, la vente de ces produits n'est pas illégale.

Selon une étude de l'OMS, 25 % des Sénégalaises utilisent de manière régulière des produits éclaircissants pour la peau.

J'ai rencontré Aminata (le prénom a été modifié), élève aide-infirmière âgée de 24 ans qui utilise des produits éclaircissants depuis cinq ans.

De teint clair, Aminata a les articulations des doigts de la main et des pieds beaucoup plus sombres, comme c'est le cas de plusieurs femmes à Dakar.

Elle a pris l'habitude de se blanchir la peau très tôt 

"J'ai commencé pour faire comme les copines de lycée. Leur teint me plaisait et je voulais avoir le même. Certaines amies m'encourageaient à m'éclaircir le teint en me disant que c'était joli, mais mes parents et mon petit ami n'étaient pas d'accord", explique la jeune femme, qui avoue qu'elle ne connaissait pas les risques liés aux crèmes dépigmentantes à l'époque.

Et malgré les mises en garde de ses parents et de son petit-ami, elle s'entêtait et continuait d'utiliser ces produits.

De plus, elle n'avait pas encore obtenu le teint qu'elle souhaitait, car elle n'avait pas les moyens de s'acheter des produits coûteux, plus efficace, selon elle :

"Il y a des produits à 50.000 francs CFA [86,5 dollars US] ou 75.000 [129,7 dollars US] que je ne peux pas acheter, car je suis élève. Je me contente des hydroquinones de mauvaise qualité à 3.000, 10.000 ou même 1.000 francs CFA, et ce n'est pas bon".

Finalement, c'est grâce à sa formation professionnelle qu'elle a changé d'avis sur les crèmes éclaircissantes :

"Maintenant que je suis une formation dans le domaine de la santé, je suis pleinement informée des risques : les difficultés de suturer la peau en cas de lésion, le diabète, car la plupart des crèmes sont sucrées, de larges vergetures très inesthétiques, l'hypertension artérielle, les complications neurologiques et le cancer de la peau", explique Aminata.

Aujourd'hui, elle arrête progressivement d'utiliser ces produits avec les encouragements de son petit ami.

"Je conseillerai aux autres de garder leur teint naturel car nous sommes des Africains. On devrait être fiers de nôtre peau noire. Pas la peine de chercher à imiter les Européens qui ont la peau blanche", affirme Aminata.

Le Rwanda a commencé l'année 2019 par une opération de répression contre les produits éclaircissants. Début janvier, les policiers ont retiré des magasins crèmes et autres savons, dans plusieurs parties du pays.

Le pays des milles collines suit ainsi de nombreux autres pays africains comme au Burkina Faso où la publicité de ces produits est interdite depuis 2006.

La raison de ces interdictions est que les produits éclaircissants sont dangereux à cause des éléments qu'ils contiennent tels que le mercure et ses dérivés, l'hydroquinone ou les corticoïdes.

Voir la fin de l'article la liste de différents pays où la fabrication, la commercialisation et parfois l'utilisation de ces substances sont interdites.

Les produits éclaircissants, un marché florissant ?

Pourtant, le "tchatcho" ou le "tchoko", comme on l'appelle dans différents pays d'Afrique, se pratique encore largement.

Selon une étude de l'OMS datant de 2011, au Nigeria, 77 % des femmes utilisent de manière régulière des produits éclaircissants pour la peau. Elles étaient 59 % au Togo et un quart des femmes au Sénégal.

Dès que les produits sont interdits dans leur pays, les adeptes du teint clair se tournent vers la contrebande ou bien certains produits locaux qui se révèlent parfois plus dangereux.

C'est le cas en Côte d'Ivoire, où les produits éclaircissants sont interdits depuis 2015 :

"L'importation des produits éclaircissants est interdite, mais pas leur usage. Donc les consommateurs se tournent vers la contrebande pour s'approvisionner", souligne le professeur Aka Boussou, dermatologue à Bouaké, en Côte d'Ivoire.

"Les utilisatrices, de plus en plus jeunes, font surtout recours aux dermocorticoïdes et à l'hydroquinone", ajoute-t-il.

Au cours d'une enquête sur le marché noir des produits éclaircissants importés illégalement en Ouganda menée en 2018, une reporter de la BBC a pu facilement, et pour pas cher, se procurer sur le marché des produits fabriqués en Côte d'Ivoire et en RD Congo, où ils sont pourtant interdits.

Quels sont les effets nocifs ?

Pour les femmes qui utilisent les produits éclaircissants, la liste d'effets secondaires est pourtant longue.

Problèmes de peau : boutons, vergetures, cancers de la peau, excès de poils au niveau de la poitrine ou apparition d'une moustache, taches de brûlures, cicatrisation difficile, parasitoses, champignons, etc.

Maladies internes : hypertension, diabète, transpiration excessive, mauvaise odeur corporelle, etc.

Troubles psychologiques : anxiété, dépression, psychoses et neuropathie périphérique.

"Les patientes que je traite dans mon cabinet viennent souvent pour traiter des tâches noires qui apparaissent sur le visage, le dos ou les membres supérieurs", explique le professeur Boussou.

"Nous les traitons avec des dépigmentants pharmaceutiques dont l'effet est contrôlé", précise-t-il.

Les effets peuvent être moins directs mais tout aussi néfastes. Le mercure, un des agents éclaircissants contenus dans les savons, les crèmes et autres produits cosmétiques, se retrouve dans les eaux usées après que les utilisateurs prennent leur bain. Il pénètre ensuite dans la chaîne alimentaire et est avalé par les poissons.

Les femmes enceintes qui consomment ces poissons transfèrent du mercure à leur enfant, ce qui peut se traduire par l'apparition de retard de croissance chez les nourrissons, selon l'OMS.

 

Au Ghana, la mode est d'ingérer des pilules éclaircissantes pendant la grossesse, afin que l'enfant naisse plus clair. Une pratique dangereuse pour les bébés, qui risquent des malformations. Le gouvernement ghanéen a dû mener une campagne de sensibilisation pour conscientiser sur les dangers.


BBC/mediacongo.net
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