
Politique
Jet privé, foule en liesse… le scénario du retour triomphal de Moïse Katumbi a été préparé avec minutie. Mais derrière l’image forte d’un leader politique qui vient réaffirmer sa popularité dans sa province, il y a un double message.
Pour le tout nouveau président Tshisekedi, ce retour signe le point d’orgue de la décrispation politique et du changement de régime qu’il souhaite imposer. Pour l’ancien gouverneur du Katanga, les milliers de Congolais venus l’accueillir ce lundi à l’aéroport de Lubumbashi signent la première étape d’une opération de reconquête politique mûrit de longue date.
Exilé politique

Moïse Katumbi avait dû quitter la RDC en catastrophe à la suite d’une condamnation à trois ans de prison dans une affaire de spoliation immobilière qu’il a toujours contestée. Accusé également d’avoir voulu recruter des mercenaires, l’homme d’affaires avait dénoncé un acharnement politique et judiciaire depuis sa rupture avec Joseph Kabila. A la présidentielle de décembre 2018, Moïse Katumbi avait même été empêché par le pouvoir de rentrer à Kinshasa déposer sa candidature… repoussant ses ambitions politiques à plus tard.
Mais depuis janvier 2019, la situation politique a été bouleversée au Congo. Avec l’arrivée d’un autre opposant, Félix Tshisekedi, à la présidence, l’homme d’affaires peut profiter de la détente politique décrétée par le nouveau président, mal élu et en quête de légitimité. Félix Tshisekedi est en effet accusé d’avoir négocié sa victoire avec Joseph Kabila dans un accord de partage du pouvoir.
Un allié pour Tshisekedi ?

Après la libération de nombreux prisonniers politiques, Moïse Katumbi a eu l’assurance du nouveau président de pouvoir rentrer en toute quiétude au pays sans être inquiété par la justice. Sa condamnation à trois ans de prison a d’ailleurs été annulée il y a quelques semaines. Félix Tshisekedi compte faire de Moïse Katumbi un allié de poids pour muscler sa coalition politique face à un FCC pro-Kabila ultra dominateur à l’Assemblée nationale, au Sénat et dans les provinces.
Mais cet allié pourrait bien rapidement rouler pour ses propres ambitions politiques… la magistrature suprême. Moïse Katumbi n’avait pas soutenu Félix Tshisekedi pour la présidentielle de décembre. Il avait préféré soutenir Martin Fayulu, censé garder la présidence seulement deux ans, le temps d’organiser des élections transparentes et crédibles avec une nouvelle Commission électorale (Ceni). Moïse Katumbi pourrait bien avoir les mêmes exigences en échange de son soutien à Félix Tshisekedi.
2023 en ligne de mire

Le deal entre les deux opposants pourrait donc se situer autour d’une restructuration complète de la Ceni et la mise en place d’élections crédibles et transparentes pour 2023, date à laquelle Moïse Katumbi pourrait reprendre sa liberté de candidat et concourir pour le fauteuil de président. Signe de l’appétit politique de Katumbi : l’ancien gouverneur va entamer très rapidement un tour de la RDC dans les provinces… un tour de chauffe pour tester sa popularité.
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