
Economie
Le Conseil européen a officialisé la nomination de la directrice générale du FMI comme la candidate choisie pour succéder à Mario Draghi à la tête de la Banque centrale européenne. Ses compétences ont fait « l'unanimité » a expliqué Emmanuel Macron.
Officiellement candidate à rien, Christine Lagarde, la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), a réagi vers 19h depuis son compte Twitter, quelques minutes après l'annonce par le Conseil européen de sa sélection pour occuper la présidence de la Banque centrale européenne (BCE).
Celle qui fut « en juin 2007 la première femme ministre des Finances et de l'Économie d'un pays du G7 » comme le souligne sa biographie officielle puis la première femme nommée à la tête du FMI en 2011, en remplacement de Dominique Strauss-Kahn, devrait succéder à Mario Draghi, dont le mandat arrive à échéance fin octobre, après validation de sa nomination.
Le numéro 2 du FMI remplace « provisoirement » Christine Lagarde

« Je suis très honorée d'avoir été nominée pour la Présidence de la Banque centrale européenne. Au vu de ce qui précède, et en consultation avec le Comité d'éthique du Conseil d'administration du FMI, j'ai décidé de quitter provisoirement mes fonctions de directrice générale du Fonds monétaire international durant la période de nomination », a-t-elle déclaré.
A l'issue d'une réunion du comité de direction du FMI mardi après-midi, le numéro 2 du Fonds, l'Américain David Lipton, a été désigné pour la remplacer provisoirement.
« Nous acceptons la décision de Mme Lagarde de renoncer temporairement à ses responsabilités au sein du FMI pendant la période de nomination (de la présidence de la BCE). Nous avons pleinement confiance en David Lipton, directeur général par intérim du FMI », a indiqué l'institution de Washington dans un communiqué.
M. Lipton, 65 ans, occupait les fonctions de premier Directeur général adjoint depuis le 1er septembre 2011. Avant de rejoindre le FMI, il était assistant spécial du président Obama et avait occupé les fonctions de Directeur principal des Affaires économiques internationales au Conseil national économique et au Conseil national de sécurité à la Maison Blanche.
Auparavant, M. Lipton avait notamment été Directeur général du groupe bancaire Citigroup, où il dirigeait la division de la gestion des risques mondiaux. Il a de plus travaillé au Trésor américain sous l'administration Clinton, de 1993 à 1998. M. Lipton a un doctorat et une maîtrise de l'université Harvard.
La France rejette les « procès d'intention » contre Lagarde

La nomination de Christine Lagarde à la présidence de la Banque centrale européenne (BCE), un poste hautement sensible attribué au terme de longues tractations entre dirigeants européens, a provoqué des réactions dubitatives de certains observateurs, relayées par la presse. Ils ont souligné le manque d'expérience de banquière centrale et un supposé déficit de crédit face aux marchés financiers.
Mardi, le président français Emmanuel Macron a expliqué que les compétences de l'ancienne ministre avaient fait l'unanimité.
« L'analyse à l'unanimité du Conseil a été que les capacités, les compétences de Mme Lagarde la qualifient totalement pour ce poste », a déclaré le président de la République lors d'une conférence de presse à Bruxelles, à l'issue du Conseil européen.
Interrogé sur l'absence d'expérience de banquière centrale de Christine Lagarde, il a souligné que cette dernière était bien au fait des questions de politique monétaire et qu'elle disposait de la crédibilité nécessaire pour s'adresser aux marchés, après avoir affronté à Bercy « la plus grande crise financière et de dettes souveraines des dernières décennies ».
La secrétaire d'Etat française aux Affaires européennes, Amélie de Montchalin, a qualifié mercredi de « un procès d'intention » ces critiques.
« J'ai toute confiance et je pense qu'elle surprendra beaucoup de monde justement en étant capable de porter aussi une voix, qui certes est de la politique monétaire mais c'est aussi de la politique économique et c'est extrêmement politique. »
Première femme présidente de la BCE ?
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A 63 ans, l'ancienne avocate d'affaires, au troisième rang derrière Angela Merkel et Theresa May dans le classement des femmes les plus puissantes dans le monde de Forbes l'an dernier, sera la première femme à diriger la BCE et la deuxième personnalité de nationalité française après Jean-Claude Trichet, de 2003 à 2011. L'institution de Francfort n'a connu que trois présidents depuis sa fondation en 1998.
« De juillet à décembre 2008, elle a également présidé l'Ecofin, conseil des ministres de l'Économie et des Finances de l'Union européenne, et contribué à ce titre à promouvoir des politiques internationales axées sur la supervision et la réglementation financières et à renforcer la gouvernance économique mondiale. Devenue présidente du G20 lorsque la France en a assumé la présidence pour 2011, elle a lancé un vaste chantier de réforme du système monétaire international » souligne sa biographie officielle.
Christine Lagarde avait jusqu'ici catégoriquement écarté de ne pas aller au bout de son second mandat de directrice générale du FMI, qui courait jusqu'à l'été 2021, semble-t-il pour des questions d'étiquette. D'où sa mise en retrait « provisoire. »
La France avait deux autres candidats pour la succession de Mario Draghi : l'actuel gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, et Benoît Cœuré, membre du directoire de la BCE dont le mandat arrive à échéance fin décembre.
Les dirigeants européens se sont également mis d'accord sur la candidature de la ministre allemande de la Défense Ursula Von der Leyen à la présidence de la Commission et l'actuel Premier ministre belge Charles Michel comme président du Conseil européen, ainsi que l'Espagnol Josep Borrell comme Haut représentant aux Affaires étrangères.
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Christine Lagarde, la future présidente de la Banque centrale européenne (© Photo d'Illustration, Saul Loeb/AFP)